Ce Jour-là

Antoine Pinay

Homme d'État français

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Antoine Pinay, né le 30 décembre 1891 à Saint-Symphorien-sur-Coise (Rhône) et mort le 13 décembre 1994 à Saint-Chamond (Loire), est un homme d'État français.

Issu d'un milieu modeste, industriel de profession, il commence sa carrière politique sous la IIIe République, à Saint-Chamond, où il est élu maire puis conseiller général, député en 1936 et enfin sénateur en 1938. D'abord favorable au maréchal Pétain, comme une très forte majorité des parlementaires, il vote les pleins pouvoirs à ce dernier en 1940, puis, progressivement prend ses distances avec le Régime de Vichy. À la Libération, il est d’abord écarté de la mairie de Saint-Chamond comme de nombreux maires ayant eu à assumer leur mandat sous l’occupation allemande. Mais très vite, son attachement aux valeurs de la République est reconnu. Ce qui lui permet d’être élu député de la Loire et de reprendre des responsabilités politiques locales et nationales, en étant l'une des figures de proue du Centre national des indépendants et paysans (CNIP).

Plusieurs fois ministre sous la IVe République, il est désigné président du Conseil par Vincent Auriol en 1952. Il cumule cette charge avec le ministère des Finances et des Affaires économiques. L'instabilité du régime l'amène à démissionner quelques mois plus tard. En 1955, il est nommé ministre des Affaires étrangères et devient à ce titre l'un des acteurs de la décolonisation au profit du Maroc et de la Tunisie.

Partisan du retour du général de Gaulle au pouvoir, il devient ministre des Finances en 1958 et contribue à l'instauration du « nouveau franc ». Sa mésentente personnelle avec le fondateur de la Ve République et son opposition à la politique menée par le gouvernement en Algérie française conduisent à son remplacement en 1960. Retiré de la vie politique nationale, il est réélu maire de Saint-Chamond jusqu’en 1977 et il préside le Conseil général de la Loire jusqu’en 1979. Il fut le premier médiateur de la République entre 1973 et 1974.

Antoine Pinay est le fils de Claude Pinay (1852-1919), industriel, fabricant de chapeaux de paille, et de Marie Besson (1861-1936). Il a une sœur aînée, Jeanne Pinay (1886-1953) qui fut religieuse dominicaine à Orléans. La famille paternelle d'Antoine Pinay exerçait son activité, depuis plusieurs générations, dans l'industrie de la chapellerie dont la région lyonnaise et stéphanoise est l'un des principaux centres.

Deux de ses oncles maternels sont officiers : le colonel Antoine Besson (1857-1947) et le général Benoît Besson (1876-1969). Le grand-père maternel d'Antoine Pinay, Benoît Besson (1829-1905), qui était propriétaire cultivateur, fut maire de la commune de Pomeys de 1861 à 1882.

Antoine Pinay fut scolarisé chez les maristes au collège Sainte-Marie à Saint-Chamond, comme en témoigne une carte postale qu'il adresse en avril 1905. Il ne se présente pas au baccalauréat et quitte l'école sans diplôme.

Il est incorporé au 5e régiment d'artillerie le 1er octobre 1912, nommé brigadier le 21 avril 1913 puis maréchal-des-logis le 22 septembre 1913. Après la mobilisation du 2 août 1914, il est resté aux armées un mois, puis il est blessé par des éclats d'obus, le 8 septembre 1914, au nord de Meaux, lors de la bataille de la Marne. Antoine Pinay est alors évacué du front. Il est ensuite réformé, déclaré invalide de guerre et pensionné.

Le 25 avril 1917 à Saint-Chamond, il épouse Marguerite Fouletier (1895-1970), fille de Louis Fouletier (1862-1922), directeur de la tannerie Fouletier, entreprise établie à Saint-Chamond, fondée en 1772 et employant une centaine d'ouvriers.

De ce mariage naquirent trois enfants :

Geneviève Pinay (1918-2017), éditrice, mariée en premières noces avec Edmond Epstein (1901-1963), éditeur et directeur de revues, dont cinq enfants ; puis mariée en secondes noces avec Ernest Brémond (1899-1966), directeur honoraire de l'Électricité de France et conseiller économique et social ;

Odette Pinay (1920-2015), mariée avec Jean Roy (1921-2005) ;

Pierre Pinay (1922-1964), fonctionnaire au service juridique des trois communautés européennes, marié avec Suzanne Pinay, dont trois enfants.

Un industriel qui entre en politique sous la IIIe République

Antoine Pinay devient le collaborateur de l'un des administrateurs puis directeur de la tannerie Fouletier à partir de 1919. Sous son impulsion, grâce à de nouveaux procédés de fabrication qu'il lance, l'établissement prend un nouvel essor. Son activité contribue à réanimer dans la région l'industrie des cuirs et peaux qui traversait alors une crise.

Il fut maire de Saint-Chamond de 1929 à 1944 puis de 1947 à 1977. En 1934, il devient conseiller général du canton de Saint-Chamond et préside la commission départementale de 1934 à 1936. Sa carrière nationale commence avec les législatives de 1936 quand il est élu député de la Loire de l'Alliance démocratique, jusqu'en 1938. Il est élu sénateur de la Loire en 1938.

Le 10 juillet 1940, il vote les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. En 1941, il est nommé au Conseil national, puis décoré de l'ordre de la Francisque, faisant partie selon sa biographe Christiane Rimbaud des notables de province sur lesquels le régime de Vichy voulait s’appuyer. Il refuse pourtant les propositions qui lui sont faites de servir Vichy et démissionne en 1942 du Conseil national.

En 1943, il rejette la proposition qu’on lui fait de la préfecture de l’Hérault. Il contribue également à faire passer des juifs et des résistants en Suisse et à Alger. Sylvie Guillaume, auteur d'une thèse sur Antoine Pinay, estime que la volonté d'associer Pinay à Vichy, malgré la réalité, est le fruit de la volonté de ses « adversaires communistes ». De même, Christiane Rimbaud estime que les communistes lui firent un « mauvais procès » en l'associant au régime de Vichy, alors qu'il a résisté.

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