Antoine Dénériaz, né le 6 mars 1976 à Bonneville en Haute-Savoie, est un skieur alpin français, spécialiste de la descente, dont la carrière sportive s'est étendue de 1996 à 2007 au niveau international. Il fait ses débuts en Coupe du monde en 1996 et remporte sa première épreuve en 2002 sur la piste de Val Gardena. Il est sacré champion olympique de descente à Sestrières lors des Jeux d'hiver de Turin en 2006.
Antoine Dénériaz a pris 141 départs en Coupe du monde. Il compte trois victoires, pour un total de six podiums. Son meilleur résultat au classement général est une vingtième place obtenue en 2004. Il se place au sixième rang du classement spécifique de la descente en 2003 et au septième l'année suivante. Il a également remporté deux titres de champion de France de descente, en 2003 et 2004.
Ses qualités de glisseur, reconnues par ses pairs, lui valent le surnom de « Glissman ». Gravement blessé à Åre en mars 2006, trois semaines après son titre olympique, il ne parvient pas ensuite à retrouver son niveau et annonce en décembre 2007 qu'il prend définitivement sa retraite sportive, expliquant souffrir de l'impact psychologique de sa chute. Il entame sa reconversion en occupant le poste de consultant pour les épreuves de ski sur différentes chaînes françaises, obtient un diplôme en marketing international du sport et crée sa propre marque d’accessoires de ski en 2009.
Il est considéré comme l'un des meilleurs fendeurs de l'histoire du ski mondial.
Antoine Dénériaz naît le 3 mars 1976 à Bonneville, dans le département de la Haute-Savoie. Il découvre le ski grâce à son père, moniteur et président du ski-club de Morillon, un petit village situé à proximité de Cluses, dans lequel Dénériaz passe toute son enfance. Son père Alain, qui exerce également le métier de charpentier l'été, est maire de cette commune. À l'âge de 15 ans, Antoine Dénériaz fait son entrée sur le circuit FIS au sein du « Team Grand Massif » de Morillon puis est sélectionné pour les championnats du monde juniors de 1994 à Lake Placid, aux États-Unis, où il se classe 31e de la descente et 45e du super-G. La saison suivante, il participe à sa première épreuve de Coupe d'Europe, à La Thuile, mais ne parvient pas à terminer la descente. Il prend part à plusieurs courses FIS, aussi bien dans les épreuves techniques que dans les épreuves de vitesse, puis participe à nouveau aux Championnats du monde juniors, disputés en 1995 à Voss en Norvège. Il se classe alors 9e de la descente.
Débuts en Coupe du monde (1996-2002)
Antoine Dénériaz intègre l'équipe de France en 1996, aux côtés de Luc Alphand, qui le surnomme rapidement « Glissman », et fait ses débuts en Coupe du monde le 15 décembre de la même année dans la descente de Val-d'Isère, dont il se classe 34e. Lors de cette saison 1996-1997, il prend le départ de sept descentes de Coupe du monde sans inscrire le moindre point. Il monte toutefois sur le podium des Championnats de France, à la fois en super-G et en descente, à la 2e place. Lors de la saison 1997-1998, Antoine Dénériaz prend le départ de onze épreuves en Coupe du monde, mais comme l'année précédente, il ne marque aucun point.
Il obtient son premier résultat important avec une quatrième place dans la descente de Val-d'Isère le 12 décembre 1998, ce qui lui permet par ailleurs de marquer ses premiers points en Coupe du monde. Il fait alors preuve de plus de régularité dans ses résultats : 15e à Bormio puis à Wengen, 19e à Kitzbühel avant de prendre la 9e place dans la station autrichienne pour son premier combiné. Sélectionné pour les Championnats du monde 1999 de Vail, dans le Colorado, il se classe 21e de la descente. Antoine Dénériaz achève sa saison avec une 17e place en super-G à Kvitfjell, puis une 14e place en descente à Sierra Nevada, ce qui lui permet de pointer au 45e rang du classement général de la Coupe du monde.
La saison suivante, il peine à confirmer ses résultats, n'obtenant au mieux qu'une 11e place en combiné à Kitzbühel, une 13e à Chamonix-Mont-Blanc dans la même discipline et une 19e place en descente à Beaver Creek. Il recule alors au 71e rang du classement général de la Coupe du monde. Lors des cinq premières épreuves de vitesse de la saison 2000-2001, Antoine Dénériaz ne marque aucun point, se classant parfois au-delà de la 50e place. Il n'est plus sélectionné en équipe de France pour les épreuves de Coupe du monde et dispute alors des épreuves de Coupe d'Europe pour retrouver de la confiance. Il fait son retour à Kvitfjell, avant-dernière étape de la Coupe du monde, où il se classe 21e et 19e des deux descentes organisées dans la station norvégienne. Vingtième de la première descente de la saison 2001-2002 disputée à Val-d'Isère, Antoine Dénériaz obtient ensuite de très bons résultats dans les stations italiennes : 9e de la première descente de Val Gardena puis 14e de la seconde, il se classe 12e et 9e des deux descentes de Bormio. Deux mois plus tard, il participe à ses premiers Jeux olympiques, à Salt Lake City, et se classe 12e de la descente remportée par l'Autrichien Fritz Strobl.
Antoine Dénériaz commence la saison 2002-2003 par une 20e place lors de la descente de Lake Louise, au Canada, avant de briller sur les pentes de Val-d'Isère comme il l'avait fait quatre années plus tôt : le Français se classe 4e de la descente, au pied d'un podium constitué de trois Autrichiens. À l'issue de la course, il déclare qu'il espère que ce résultat sera bénéfique pour l'ensemble des skieurs de l'équipe de France : « Ça va donner un gros mental au groupe. On avait besoin de ce petit déclic. » La semaine suivante, il remporte sa première victoire, dans la descente de Val Gardena en Italie, près de cinq ans après la dernière victoire en Coupe du monde d'un Français dans cette discipline, avec le succès de Nicolas Burtin à Kvitfjell. Antoine Dénériaz devance cinq concurrents autrichiens pour s'imposer et succède ainsi à Luc Alphand, dernier vainqueur français sur la Saslong de Val Gardena, en 1996. La veille, il s'était classé 24e du super-G sur la même piste, alors qu'il s'élançait seulement avec le dossard no 63. Quatorzième à Bormio le 11 janvier 2003, 6e à Wengen la semaine suivante puis à nouveau 14e à Kitzbühel le 25 janvier, le Français se présente avec de réelles ambitions de médailles pour les Mondiaux 2003 disputés à Saint-Moritz. Sur la piste suisse de la Corviglia, il se classe au huitième rang de la descente, à égalité avec l'Autrichien Hermann Maier. Seulement 35e de la descente de Garmisch-Partenkirchen, Antoine Dénériaz remporte la deuxième victoire de sa carrière lors des finales de la Coupe du monde, disputées à Lillehammer. Déjà meilleur temps de l'entraînement, il s'impose devant l'Autrichien Stefan Eberharter et l'Américain Daron Rahlves. Grâce à ses deux victoires, Antoine Dénériaz est le 6e meilleur descendeur de l'hiver, tandis qu'il pointe au 25e rang du classement général. La semaine suivante, sur la piste des Menuires, il remporte son premier titre de champion de France de descente.
La saison 2004-2005 débute par un podium pour Antoine Dénériaz, 3e de la descente inaugurale de Lake Louise. Malgré une 34e place décevante à Beaver Creek, il s'impose comme l'année précédente sur la Saslong de Val Gardena, en devançant cette fois l'Autrichien Michael Walchhofer de près d'une seconde. Déçu par sa 10e place à Chamonix, « à domicile », Antoine Dénériaz obtient des résultats en demi-teinte au début de l'année 2004, mais il retrouve le podium à Kvitfjell, le 6 mars, avec la 3e place d'une descente remportée par Stefan Eberharter. Huitième lors des finales de Sestrières, en Italie, il se place au 7e rang des meilleurs descendeurs de la saison, et obtient la 20e place du classement général. Comme en 2003, il gagne la descente lors des championnats de France.
Blessure et sacre olympique (2004-2006)
Comme l'année précédente, Antoine Dénériaz monte sur le podium de la descente de Lake Louise, en prenant la 2e place derrière l'Américain Bode Miller. Après une 7e place à Val-d'Isère, il signe le meilleur temps du premier entraînement de la descente de Val Gardena, sa piste fétiche, mais il n'obtient que la 9e place en course. Alors qu'il avait fait des Championnats du monde de Bormio son objectif, il doit renoncer à cause d'une chute survenue à l'entraînement sur la piste de la « Verte des Houches » à Chamonix, dans le passage du goulet, le 7 janvier. Il souffre d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche. D'abord transféré vers le centre hospitalier de Sallanches, il est opéré la semaine suivante à Lyon par le professeur Pierre Chambat, puis entame une période de rééducation à Hauteville-Lompnes, dans l'Ain. Le Français n'en perd pas moins son ambition : alors qu'il se trouve encore sur la piste, recevant les premiers soins, il se tourne vers Mauro Cornaz, responsable de l'équipe de France de descente, et lui dit : « Je ne serai pas champion du monde cette année. Je serai champion olympique l’an prochain à Turin ! »