Antoine Ponthus-Cinier est un peintre et graveur français né à Lyon le 29 août 1812 et mort le 17 janvier 1885. Il est considéré comme l’un des chefs de file lyonnais du mouvement néo-classique et adopte un style de peinture évoquant des scènes pastorales idylliques également connu sous le nom d'arcadien. Ses œuvres couvrent tous les sites de la région lyonnaise. Il revendique l’héritage de la peinture vétudiste du XVIIIe siècle représentée à l’époque par Giovanni Antonio Canaletto en cherchant à apporter une atmosphère plus romantique.
Inscrit en 1829 à l’École des Beaux-Arts de Lyon où il ne semble pas être entré, il devient par la suite l’élève de Paul Delaroche à Paris. Il devient un peintre renommé en 1841 en obtenant le Second grand prix de Rome pour le paysage historique avec Adam et Eve chassés du Paradis Terrestre. Il passe deux années en Italie entre 1842 et 1844 et séjourna à Florence, Rome, Gênes et Naples. Ce voyage en Italie influencera fortement ses productions artistiques.
À son retour, il effectue un long périple en Dauphiné, dans la Dombes, en Provence, les Alpes, la Savoie et les Pyrénées puis finit par se fixer à Lyon et y demeure jusqu’à sa mort. Il devient membre de la Société des aquafortistes de Paris où ses gravures rencontrent un franc succès. Il expose des paysages historiques et paysages simples à Lyon entre 1837 et 1885, à Paris entre 1841 et 1867, à Rouen en 1869 et à Dijon en 1881. Ces œuvres exposés sont des peintures, des encres de Chine gouachées, des aquarelles et quelques eaux-fortes.
Il légua par testament à la ville de Lyon 50 lavis, ses cahiers de raisons en trois volumes, des dessins et une rente de 1 000 francs destinée à la distribution d’un prix qui porte son nom (concours annuel de « Paysage au point de vue décoratif ») décerné par l’École des Beaux-Arts de Lyon Son atelier fut vendu à Lyon en mars 1885. Le musée des beaux-arts de Lyon, de Musée d'histoire de Lyon, Chalon-sur-Saône, Besançon, Bourg-en-Bresse, Valence, Chambéry, Chantilly, Puy-en-Velay, Toulon, Newcomb Art Museum of Tulane University et Cleveland en Ohio possèdent ses œuvres.
Antoine Ponthus-Cinier naît à Lyon le 29 aout 1812 au n°167 de la rue Saint-Jean dans une famille de la petite bourgeoisie.
Son père, Jean Joseph Ponthus Cinier, fut secrétaire de l’administration municipale avant de devenir greffier à la Cour royale de Lyon. On ne peut établir avec certitude si celui-ci était le fils de Pierre-Ponthus Cinier, marchand-fabricant, et neveu de Jean-Joseph Cinier, sieur de la Feuillade, et de Jean-Louis Cinier, directeur des Diligences de la ville de Lyon. Sa mère est Antoinette Novet (née vers 1778, fille de François Novet, exécuté en 1794 après le siège de Lyon).
Le frère du peintre, Jean-Claude (né le 18 janvier 1800) est dessinateur de fabrique lors de sa conscription militaire en 1820. On le retrouve en 1844 comme associé avec la fabrique tararienne de peluche pour chapeaux (JB.E. et P. Martin, à Paris, rue Rambuteau).
Il a comme ami d'enfance Tony Desjardins, à qui il rend visite dans son Château d'Hostel en été, à Belmont. Ses visites fréquentes le feront réaliser de nombreuses vues du Bugey.
Ponthus-Cinier s’inscrit en 1829 à l'École des Beaux-Arts de Lyon mais selon Marius Audin et Eugène Vial, il n’y entre pas et devient l’élève de Paul Delaroche à l’École des Beaux-Arts de Paris. D'autres sources indiquent qu'il aurait effectivement assisté à la classe de fleur, avant de se présenter seul au grand prix de Rome.
En 1840, il remporte le second prix au concours d'esquisse peinte de la Samaritaine. En 1841, il concourt pour le grand prix de Rome avec la toile Adam et Eve chassés du paradis terrestre et obtient le second prix à l'unanimité, derrière Félix-Hippolyte Lanoüe.
Son aisance personnelle lui permet de voyager deux ans en Italie de 1842 à 1844 où il rencontre Isidore Flachéron et Jean-François Montessuy. Au cours de ce voyage, il réalise de grandes quantités d'esquisses qui lui seront utiles par la suite pour produire des toiles. Il visite entre autres Florence, Rome ou Naples.
Le contact avec la nature italienne va le détacher des sujets historiques pour se consacrer entièrement à la peinture de paysage. Il expose à Lyon à partir de 1837 jusqu'à sa mort. Il participe également à de nombreux accrochages à Paris et dans des salons de province, notamment Marseille, Strasbourg et Saint-Étienne. Il lui arrive de proposer jusqu'à six à huit œuvres lors d'un même salon, faisant montre d'une production continue et abondante.
Il puise ses sujets dans de nombreux voyages en France, essentiellement des paysages terrestres. Il a ainsi peint les Alpes, le Massif central, l'Ardèche, le Dauphiné, la Savoie et énormément les sites proches de Lyon, dont les Dombes, Crémieux et ses environs, le Bugey, l'Ain. Il déploie un style où sont présents les rochers, de l'eau calme, une végétation animée et un ciel lumineux. Toutefois, ses paysages possèdent le plus souvent des traces de l'activité humaine. Il tient un journal , un livre de raison de ses réalisations les plus importantes à ses yeux.
Sa carrière connait un succès constant, surtout au sein du public lyonnais, et il vie ainsi de nombreuses commandes.
Il réalise également de nombreuses gravures.
Parmi ses œuvres de commande, il réalise des peintures pour des dessus de portes pour la petite salle à manger de l'hôtel de ville, et des panneaux pour le Palais du commerce de Lyon. Les dessus de porte sont remarqués, « la sureté de la touche et la chaleur des coloris forcent la conviction ».
Antoine Claude Ponthus-Cinier meurt le 17 janvier 1885 au no 12 du quai Tilsitt. Il fonde par testament un prix portant son nom d'une somme de 1000 francs attribué au meilleur peintre de paysage. Il lègue au musée de Lyon, qui possédait déjà deux peintures cinquante lavis. La vente de son atelier donne l'occasion de la publication d'un catalogue des œuvres qui s'y trouvent. Il est enterré au cimetière de Loyasse.
Son succès et ses amitiés dans le milieu artistique lyonnais lui créent des inimitiés. Juste après sa mort, un article du Courrier de Lyon, vitupère contre de fortes sommes que lui a versé la société des Amis des Arts pour lui acheter ses toiles et les offrir lors de ses loteries annuelles. Dans les années 1920, les critiques lyonnais le jettent dans l'ombre, mettant au-dessus de lui Ravier, Carrand et Vernay.