Antoine Étex, né à Paris le 20 mars 1808 et mort à Chaville (Hauts-de-Seine) le 14 juillet 1888, est un sculpteur, peintre, architecte et littérateur français.
Représentant de l'école romantique en sculpture, puis devenu plus académique, il est aussi le frère du peintre Jules Étex (1810-1889).
Antoine Étex est le premier fils d'Antoine Étex (Lyon, 1780-1850) et de Jeanne Marie Argout (Lyon, 1778 – Neuilly-sur-Seine, 1840). Il est issu d'une famille de sculpteurs originaire de Lyon, puisque cet art est exercé par son père, qui est ornemaniste, et son grand-père Étienne Étex (Lyon, 1746-1817). Sa mère est brodeuse. Ses parents s'installent à Paris où ils donnent naissance à leurs deux fils, Jean Antoine et 1808, Louis Jules en 1810. Antoine Étex a passé l'essentiel de sa vie à Paris, bien qu'il décède à Chaville en 1888.
Il épouse en 1833 Françoise Clorinde Pugens (Toulouse, 1815 - Versailles, 1893), fille de négociants toulousains. Trois enfants naissent de ce mariage. L'ainée, Marie Antonia Joséphine (Paris, 1835 - Versailles, 1908) épouse l'architecte Adolphe Mangeant ; ils sont les parents du peintre Paul-Émile Mangeant. Siméon Paul devient lieutenant d'artillerie de marine et décède précocement en Indochine (Paris, 1837 - Saïgon, 1867). Enfin, Juliette Jeanne (Paris, 1838 - Toulouse, 1905) se marie avec François Louis Stanislas Le Doyen, capitaine d'artillerie de marine, puis colonel de gendarmerie.
Après l'école primaire, il devient l'aide-apprenti de son père en 1822. Tout en travaillant, Antoine Étex entre à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de François-Joseph Bosio en 1823, puis dans celui de Charles Dupaty. Remarqué par James Pradier, Étex l'assiste pour achever une sculpture du palais Brongniart à Paris, puis devient son élève. Il intègre aussi l'atelier du peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres à la demande de ce dernier et va mener de front toute sa vie une carrière de sculpteur et — dans une moindre mesure — de peintre.
En 1828, Alexandre Dumas lui achète l'étude peinte d'une femme nue qui est présentée la même année pour sa première exposition : « À quelque temps de là, c'était en 1828, étonnement d'Étex, qui reconnaît au milieu des œuvres de Delacroix, Delaroche, David d'Angers, Ingres et Pradier, son étude prêtée par l'excellent romancier, qui voulait ainsi contribuer au succès pécuniaire de cette exposition, faite pour secourir les Grecs, au moment de la guerre de l'indépendance ».
Il remporte le second grand prix de Rome en sculpture en 1829 avec Hyacinthe frappé par le palet d'Apollon, l'une de ses œuvres majeures, qui a été saluée par la critique.
Le séjour en Italie (1830-1832)
Antoine Étex prend part aux journées révolutionnaires de 1830, alors qu'il modèle sa sculpture Léda et le Cygne. Le ministre François Guizot lui obtient une bourse de 1 500 francs sur deux ans. Par cette faveur ministérielle, il peut enfin partir en Italie pendant deux ans, à la villa Médicis à Rome. Au retour, il visite l'Algérie et l'Espagne et réalise à cette occasion de nombreux croquis, dessins aquarelles et peintures. Pendant ce séjour, Étex se lie avec les républicains italiens dont Macedonio Melloni dont il fait le portrait. Il modèle également sa sculpture Caïn et sa race maudits de Dieu qui obtient une médaille au Salon de 1833. Étex multiplie les études et les copies de tableaux et en rapporte une du tableau Les Médicis.
Il expose pour la première fois au Salon de 1833 en envoyant le marbre de Hyacinthe renversé et tué par le palet d'Apollon et le plâtre de Caïn et sa race maudits de Dieu qu'il avait réalisé en Italie. Il obtient la médaille de première classe au Salon, où sa sculpture fait événement et reçoit un accueil favorable de la presse et du public, qui le considèrent alors comme un des chefs de file de la nouvelle école romantique en sculpture aux côtés d’Antoine-Louis Barye et de François Rude. Ingres, en opposition à ce mouvement, lui dit en commentant la sculpture : « Tâchez de vous faire commander ce groupe en marbre, puis, avec l'argent de cette commande, faites un Caïn debout, et anéantissez ce travail » ; et il ajouta : « Votre groupe est superbe, personne en ce temps-ci n'est capable de modeler cela ; c'est du beau, du très beau Canova ; c'est de la sculpture d'expression ; brisez cela, je vous le répète, mais seulement quand il vous aura été commandé. », conseil qu'Étex se gardera bien de suivre.
Adolphe Thiers, alors ministre des Travaux publics, lui commande deux hauts-reliefs monumentaux pour la face ouest de l'arc de triomphe de l'Étoile à Paris en 1833, ceux de la face est étant confiés à François Rude et Jean-Pierre Cortot, pour terminer l'édifice. Les deux œuvres d'Étex sont mal reçues par l'Institut et la presse. L'artiste expose au Salon de 1837 et présente à celui de 1839 le marbre de Caïn et sa race maudits de Dieu qui est acquis par l'État français (musée des Beaux-Arts de Lyon). L'œuvre est appréciée par Théophile Gautier qui écrit dans La France littéraire de mars 1833 : « Je trouve dans ce groupe une recherche du vrai, un parti-pris de rompre avec l'ancien patron légué d'académie en académie ».
Étex réalise alors des sculptures pour le Sénat, l'hôpital Lariboisière, le Monument à Vauban aux Invalides, la statue de Saint Louis pour la place de la Nation à Paris ou encore au château de Versailles.
À partir du Salon de 1844, il envoie régulièrement une toile, cette année-là, le Martyre de Saint Sébastien (musée des Beaux-Arts de Rouen), puis La Mort du prolétaire en 1845 (musée des Beaux-Arts de Lyon), une toile monumentale, La Gloire des États-Unis (New-York) en 1846 et, en 1847, le Portrait de Chateaubriand et son Autoportrait (musée de l'Histoire de France à Versailles).
En 1853-1854, Étex part défendre les intérêts des artistes français aux États-Unis au nom du gouvernement français à l'Exposition universelle de 1853 à New York. Il peint une esquisse, Allégorie à la gloire des États-Unis d'Amérique pour l'hôtel de ville de New York Il visite New York, Washington et le Canada. Il en publiera le compte-rendu, Coup d'œil jeté sur l'état des beaux-arts aux États-Unis en 1856.
Devenu célèbre, il donne des cours de sculpture. Auguste Bartholdi est l'un de ses élèves. Il publie ses cours et méthode de dessin, dont le credo peut se résumer à « Nulla dies sine linea » (« pas un jour sans dessiner », mot à mot « pas un jour sans une ligne ») et également des essais et conférences, sur James Pradier notamment.
Proche de la princesse Mathilde, il obtient des commandes pour l'église Saint-Augustin et l'église de la Madeleine à Paris. Entre 1860-1864, il réalise un Monument à François Ier pour la ville de Cognac. Il envoie à l'Exposition universelle de 1867, les bustes de Proudhon et d'Auguste Comte ainsi que le groupe monumental Les Naufragés, acquis pour le parc Montsouris à Paris en 1886. En 1870, il réalise le Monument à Ingres pour la ville de Montauban. Enfin, il commence le Monument à Garibaldi pour la ville de Nice ; l'œuvre sera achevée après sa mort par Gustave Deloye en 1891.
L'œuvre d'Antoine Étex comporte de nombreux portraits et bustes dont ceux de Nicolas-Toussaint Charlet, Eugène Cavaignac, Pierre-Antoine Berryer, le duc d'Orléans, le général Alfred Chanzy, Alexandre Dumas, Eugène Delacroix, François-René de Chateaubriand, Judith Gautier, Alphonse Karr, Gabriel Daubrée, Jean-Baptiste Camille Corot, Franz Liszt, etc.
Étex participe aux journées de 1830, les armes à la main sur les barricades parisiennes, et défend le palais du Louvre. Par la suite républicain convaincu, il aide et se lie avec les patriotes italiens, en particulier Macedonio Melloni.