Ce Jour-là

Antoine-Isaac Silvestre de Sacy

Linguiste et orientaliste français

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Antoine-Isaac, baron Silvestre de Sacy, né le 22 septembre 1758 à Paris où il est mort le 21 février 1838, est un grammairien, philologue et un orientaliste-arabisant français.

Son père, Jacques Abraham Silvestre, est un notaire adepte du jansénisme établi à Paris qui a plusieurs enfants. Pour se distinguer de ses frères, Antoine-Isaac Silvestre ajoute à son nom celui du village de Sacy. Il reçoit en 1809 le titre de chevalier d’Empire, puis, en 1813 de baron d’Empire. Par la suite, son titre est confirmé par Louis XVIII.

Encore enfant à la mort de son père, il reçoit de sa mère, Marie Marguerite Judde, une éducation religieuse et manifeste un don précoce pour les langues. Le bénédictin George François Berthereau lui enseigne l'hébreu à l'âge de douze ans en lui faisant lire ses prières dans le texte original.

Après l’hébreu, il apprend presque sans maître le syriaque, le samaritain, le chaldéen, l’arabe, le persan et le turc, puis l’anglais, l’allemand, l’italien et l’espagnol. Après des études littéraires, il étudie le droit. Il est nommé, en 1781, conseiller à la Cour des monnaies.

Tout en remplissant ses fonctions, il continue avec ardeur ses travaux de grammaire comparée. Dès 1780, il commence à publier, dans le Répertoire de littérature biblique d’Eichhorn, des notes sur une version syriaque du Livre des Rois, des traductions de lettres écrites par des Samaritains à Scaliger.

Il est nommé, en 1785, membre libre de l’Académie des inscriptions. Il publie alors dans le recueil de cette compagnie ses Mémoires sur l’histoire des Arabes avant Mahomet, sur l’origine de leur littérature, puis fait des traductions et écrit, de 1787 à 1791, Sur les antiquités de la Perse, quatre mémoires qui attestent autant d’érudition que de sagacité.

En 1791, il devient un des commissaires généraux chargés de surveiller la fabrication des monnaies et, l’année suivante, il est nommé membre en titre de l’Académie des inscriptions.

Hostile aux grandes réformes de la Révolution française, il se démet de ses fonctions de commissaire en 1792 et se retire dans une propriété dans le village d'Ognes, où il continue ses travaux favoris et se livre notamment à des recherches sur la religion des Druzes.

En 1795, à la création d’une école de langues orientales par la Convention, il est appelé à y enseigner l’arabe. Le 25 octobre de cette même année, la Convention crée l’Institut et le savant orientaliste devient membre de la section de littérature et des beaux-arts. Son refus de jurer haine à la royauté ne permet pas de l’admettre dans le docte corps, dont il ne fait partie qu’en 1803. Toutefois, il conserve sa chaire d’arabe et devient, à la même époque, un des rédacteurs du Journal des savants. Les nombreux et importants travaux qu’il fait paraître accroissent considérablement sa réputation et le placent au premier rang des orientalistes qui se sont occupés d’arabe et de persan.

Chargé, en 1805, d’aller à Gênes pour y découvrir des manuscrits orientaux, ses recherches sont infructueuses, et il doit se borner à rapporter des documents historiques intéressants.

Nommé professeur de persan au Collège de France, il enseigne, entre autres, à Étienne Quatremer. Il entre au Corps législatif comme député de Paris en 1808, y siège jusqu’à la Restauration et reçoit, en 1813, le titre de baron de l'Empire. Silvestre de Sacy applaudit avec enthousiasme au retour des Bourbons. En 1816, par lettres patentes confirmatives, il devient baron héréditaire.

Après les Cent-Jours, il devient membre de la commission d’instruction publique, puis du conseil royal. Nommé, par la suite, administrateur du Collège de France et de l’École spéciale des langues orientales, il devient une figure majeure de la Restauration et la personnalité la plus influente du monde scientifique français de son époque.

En 1822, il fonde avec Abel-Rémusat la Société asiatique. C’est sur son initiative qu’ont été créées des chaires de sanscrit, d’hindoustani, de chinois et de mandchou au Collège de France. Il a néanmoins souvent entravé, pour des raisons politiques, les travaux et la réputation du très républicain Jean-François Champollion, qui a quitté, en 1827, la Société asiatique que présidait Silvestre.

Rallié à la révolution de Juillet 1830, il est appelé en 1832 à siéger à la Chambre des pairs et joint aux fonctions qu’il remplit déjà, celles d’inspecteur des types orientaux de l’Imprimerie royale (1832), de conservateur des manuscrits orientaux à la Bibliothèque royale. Son discours de réception au poste de secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions lui fournit une nouvelle occasion de tympaniser Champollion, en insinuant que certains aspects des hiéroglyphes pourraient bien avoir échappé à ce « nouvel Œdipe ».

Malgré ses occupations multiples, il n’en continue pas moins à donner jusqu’à la fin de sa vie ses cours d’arabe et de persan. Le 19 février 1838, après son cours au Collège de France, un passage aux manuscrits orientaux à la Bibliothèque Royale, il se rend à l'Institut, puis à la Chambre des Paris, où il prononce un discours. Au sortir de la séance, en sortant du Luxembourg, il est frappé d'une attaque de paralysie au coin de la rue de Condé. Relevé aussitôt par des ouvriers, il est reconduit en fiacre à son domicile qu’il avait eu la force d'indiquer. Depuis ce moment, il ne reprend pas connaissance et il meurt deux jours plus tard. À l’issue de ses obsèques à Saint-Sulpice, il est inhumé au Père-Lachaise.

Membre, à sa mort, de presque toutes les Académies de l’Europe et grand officier de la Légion d'honneur, il charge, par testament, l’orientaliste conservateur à l’Arsenal Grangeret de Lagrange (ar), d’établir le catalogue de ses manuscrits orientaux.

L’avenue Silvestre-de-Sacy lui rend hommage dans le 7e arrondissement de Paris.

« Bien qu’il ne se soit point occupé de l’étude comparée de langues, Silvestre de Sacy est considéré comme l’un des plus grands philologues du XIXe siècle. Il est l’un des représentants les plus sagaces et les plus éminents de la vieille école qui s’attachait à étudier une langue, une grammaire, à en saisir le génie et à en interpréter les monuments.

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