Ce Jour-là

Antoine-François Fourcroy

Chimiste français, député à la Convention nationale

Anúncio

Antoine François Fourcroy ou de Fourcroy, né le 15 juin 1755 à Paris et mort le 16 décembre 1809 à Paris, est un médecin et chimiste français. Collaborateur d'Antoine Lavoisier, il fut l’apôtre et l’historien de la Révolution chimique. Homme politique, il fut nommé par Napoléon Bonaparte au Conseil d'Etat en 1799 et à la Direction générale de l'Instruction publique en 1802.

Issu d'une branche d'une vieille famille boulonnaise ayant perdu sa qualité nobiliaire quand son aïeul devint épicier, Fourcroy est le fils d'un apothicaire de la maison du duc d'Orléans ; il perd sa mère, Jeanne Laugier, alors qu'il n'a que sept ans. Des difficultés financières dans le commerce de son père l'obligent à quitter le collège d'Harcourt en 1770. Il travaille alors comme « gratte-papier » chez un commis du Sceau et apprend à écrire à des enfants. Il fait des études de médecine auprès de l'anatomiste Félix Vicq d'Azyr (1748-1794), dont il est chargé de répéter le cours dès 1776. Alors qu’il n’est encore qu’étudiant, Fourcroy est « chargé du soin des livres » à la Société royale de médecine, et c’est dans ce cadre qu’il est amené, en 1776, à l’âge de vingt et un ans, à traduire en français le célèbre ouvrage de l’italien Bernardino Ramazzini sur les maladies professionnelles en le complétant de nombreuses notes, proposant même une nouvelle classification de ce type de pathologies. Malheureusement pour Fourcroy, à l'époque où il dut passer sa licence et son doctorat, la faculté de médecine de Paris était en pleine querelle avec la toute nouvelle Société royale de médecine dont Vicq d'Azyr était le secrétaire perpétuel. Les liens de Fourcroy avec cette société furent pour lui la source de nombreux obstacles. Malgré ces difficultés et grâce à l’aide financière de la Société de médecine, Antoine-François obtient son titre de Docteur le 28 septembre 1780. Mais, sa nomination comme associé libre de la Société Royale de Médecine le mardi 10 octobre 1780, conduit la Faculté à lui refuser la régence qui lui aurait permis d'enseigner en son sein. A compter du 15 novembre 1780, Fourcroy débute des cours d’histoire naturelle et de chimie dans son laboratoire, parvis Notre-Dame. En 1782, il publie un ouvrage en deux volumes pour en faciliter le suivi : Leçons élémentaires d'histoire naturelle et de chimie. En 1783, il est nommé à son premier poste d’enseignant, à la chaire de chimie du règne animal à l’Ecole Royale Vétérinaire d’Alfort.

Antoine Fourcroy gravit peu à peu les échelons de la hiérarchie intellectuelle : il est remarqué par le chimiste Jean-Baptiste Bucquet (1746-1780), professeur de chimie à la faculté de médecine de Paris, et assiste aux cours de ce dernier. En 1784, il est choisi pour succéder à Pierre Joseph Macquer (1718-1784) à la chaire de chimie au Jardin du Roi, soutenu par Buffon qui le préfère à Berthollet. Ses cours lui valent une grande renommée.

En 1783, il devient membre de la Société d'Agriculture et collabore à l'Encyclopédie méthodique. En 1787, il devient associé chimiste à l'Académie des sciences et membre de la Société linnéenne de Paris.

Avec Berthollet, il est l'un des premiers à se convertir aux vues d'Antoine Lavoisier avec lequel il collabore à la rédaction de la Méthode de nomenclature chimique en 1787. Bien que son nom apparaisse dans de nombreux écrits de chimie, de physiologie et de pathologie, seul ou comme coauteur, il s'est surtout consacré à ca carrière d'enseignant et d'administrateur. Il fut néanmoins l'un des promoteurs de la "chimie animale", ou chimie biologique, branche dans laquelle il s'illustra aux côtés de son protégé, ami et collaborateur Louis-Nicolas Vauquelin.

En 1789, favorable aux idées révolutionnaires, il participe à la rédaction des cahiers du tiers état, et, en 1791, publie un périodique : La médecine éclairée par les Sciences physiques. En novembre, il est élu adjoint au secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, Nicolas de Condorcet, et devient directeur de la Société de médecine, puis de la Société d'agriculture. En 1792, il est nommé régisseur des Poudres et des Salpêtres et, au début de 1793, administrateur du département de Paris. Mais c'est surtout l'instruction publique qui l'intéresse.

En 1792, il est élu quatrième député suppléant de Paris à la Convention nationale.

En novembre 1793, au cours de la guerre de Vendée, lors de l'épisode de la Virée de Galerne, le général Jean-Antoine Rossignol demande au Comité de salut public d'envoyer auprès de lui le député Fourcroy « pour nous aider de ses lumières et enfin parvenir à la destruction de ces brigands. C'est le sentiment d'un de vox collègues, qui connait son talent en chimie »

Le général Turreau lui demande alors un gaz capable de tuer en une seule fois quelques centaines de Vendéens enfermés dans un lieu clos, comme une église. Les moyens utilisés n'offriront que très peu de résultats et sont finalement abandonnés, Fourcroy annonçant à Turreau que ce gaz n’existe pas.

Le 25 juillet 1793, il remplace Marat, qui a été assassiné le 13 juillet, à la Convention nationale, et il est élu au Comité d'instruction publique. Il soutient le plan d'éducation de Le Peletier et soutient l'épuration des académies de médecine et des sciences. Des calomnies iront jusqu'à l'accuser d'avoir provoqué la mort de Lavoisier ou, pour le moins, de n'avoir rien fait pour le sauver, ce qui s'est révélé inexact.

Le 1er septembre 1794, il est élu au Comité de salut public, où il siège jusqu'au 3 juin 1795. Il participe à l'élaboration du Traité de Bâle (5 avril 1795). Il est chargé des Poudres et Salpêtres. Il développe un plan d'éducation et d'emblée milite pour la création de l'École centrale des travaux publics (qui deviendra en 1796, l'École polytechnique), de l'Institut national des sciences et arts (fin 1795) ainsi que de plusieurs écoles de médecine. Son discours en faveur de la création de l’École polytechnique est une attaque en règle contre les Royalistes :

« Tandis que les Conspirateurs voulaient faire disparaître de la France les Lumières, dont ils redoutaient l'influence, la Convention Nationale s'opposait de toute sa force aux efforts de ces barbares. Vos comités de Salut Public et d'Instruction Publique ont recueilli trop de preuves et rassemblé trop de faits pour qu'il soit permis de douter de l'existence d'une conjuration contre les progrès de la Raison humaine ; il leur est démontré qu'un des plans des conspirateurs était d'anéantir les sciences et les arts (...) avec la coupable espérance de priver la France d'ingénieurs et d'artilleurs instruits, de généraux éclairés, de marins habiles, de la faire manquer d'armes, de poudre et de vaisseaux, de laisser les places et les ports sans moyen de défense, et de donner ainsi à nos ennemis des avantages certains et des victoires faciles... »

— Fourcroy, Discours du 3 Vendémiaire an III

En novembre 1795, il est élu par la Sarthe au Conseil des Anciens, où il siège jusqu'en mai 1797. Après le 18 brumaire, le Premier Consul l'appelle à siéger au Conseil d'État le 25 décembre 1799. Le 20 septembre 1802, il est nommé directeur général de l'Instruction publique, succédant à Pierre-Louis Roederer. C'est une époque très brillante sur le plan politique, qui lui permet de parachever l’œuvre entreprise dans la décennie précédente. Conseiller d'État, il se rend notamment en Vendée et rédige un compte rendu sur la situation de la région en janvier 1801, peu après la paix provisoire conclue par Napoléon Bonaparte. Il est fait membre de la Légion d'honneur le 2 septembre 1803, puis commandeur le 14 juin 1804. Il travaille à l'élaboration de l'Université impériale, décrétée le 10 mai 1806 mais qui ne prendra forme qu'en 1808. Espérant alors en être nommé grand maître, c'est finalement Louis de Fontanes qui acquiert ce poste.

C'est dans le laboratoire de Fourcroy que Bernard Courtois fait ses premières armes dès 1798.

Élevé au titre de comte d'Empire en avril 1808, il est nommé Directeur général des Mines. Mais il tombe malade et meurt d'une crise cardiaque le 16 décembre 1809, usé par le travail et miné par le chagrin. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (11e division).

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Antoine-François Fourcroy | World in Stories