Un antipape est une personne qui a exercé la fonction et porté le titre de pape, mais dont l'avènement à cette charge n'est pas ou plus reconnu aujourd'hui comme régulier et valable par l'Église catholique.
Lors de certaines périodes turbulentes de l'histoire de l'Église, des élections irrégulières ont porté sur le trône pontifical des prétendants alors que l'église catholique romaine était déjà dirigée par un pape. D'autres antipapes ont été élus de façon irrégulière pendant une vacance du trône. Enfin, il est arrivé que les électeurs se divisent en factions rivales et élisent deux papes différents le même jour. Beaucoup de ces antipapes ont été simplement nommés par des souverains pour servir leur intérêt propre.
Si le statut de la plupart des antipapes est facile à déterminer, les chaos de l'histoire de l'Église ne permettent pas toujours d'établir avec certitude qui était régulièrement pape et qui était antipape. Certains cas ont été tranchés bien plus tard. D'autres font encore débat (lire à ce sujet l'introduction de l'article Liste détaillée des papes). La régularité d'une élection n'est pas toujours le seul facteur pris en compte pour décider : parfois la rivalité entre deux papes ennemis a perduré parce qu'il était impossible de dire lequel était légitime. Dans le cas de la rivalité entre Innocent II et Anaclet II, par exemple, l'histoire a tranché pour le premier après la mort naturelle du second. Dans le cas du grand schisme d'Occident, un concile a déposé les deux papes rivaux, en a élu un troisième, et c'est après coup qu'il a été décidé que seuls seraient considérés comme légitimes les papes de Rome et illégitimes ceux d'Avignon et de Pise, alors même que ce concile avait été initialement convoqué par le pape de Pise. Enfin, dans le cas de la rivalité entre Léon VIII et Benoît V, la liste de l’Annuario pontificio n'a pas tranché et les reconnaît légitimes tous les deux.
La reconnaissance a posteriori de certains papes et l'exclusion d'autres ont occasionné des anomalies dans la numérotation des noms des papes.
En principe, on ne retient comme antipapes que ceux qui ont connu une certaine audience et qui ont été soutenus par des souverains ou des États. Cela exclut en général des gens comme les deux Benoît XIV et tous les « antipapes » contemporains qui n'ont qu'une poignée de fidèles et qui, bien sûr, ne se revendiquent pas comme antipapes, mais comme seuls papes légitimes (voir Clément XV ou Grégoire XVII, parmi de nombreux autres).
D'après la tradition catholique, le premier des antipapes, Hippolyte de Rome fut élu en opposition au pape Calixte Ier par un groupe divergent à Rome au IIIe siècle. Hippolyte termina toutefois sa vie en exil dans les mines de Sardaigne, à la suite des persécutions impériales, en compagnie du successeur officiel de Calixte Ier, Pontien, et se réconcilia avec ses pairs. Il est ainsi le seul antipape honoré par l’Église.
antipape saint Hippolyte de Rome, pontificat de 217 à 235
antipape Novatien, pontificat de 251 à 258 (?)
antipape Félix II, pontificat de 355 à 365
antipape Ursin, pontificat de 366 à 367
antipape Eulalien, pontificat de 418 à 419
En 1378, la papauté se divisa en deux lignées rivales : celle de Rome et celle d'Avignon. Celle de Rome se divisa en 1409 avec l'apparition des papes de Pise. Après bien des vicissitudes, le concile de Constance déposa les trois papes et élut en 1417 un pape unique : Martin V. Les papes de Rome sont aujourd'hui les seuls considérés comme légitimes. Si ceux d'Avignon ont tôt été déclarés antipapes, ceux de Pise ont longtemps été sujets à débat.
Papes de Rome (légitimes selon la tradition catholique)
Urbain VI, pontificat de 1378 à 1389
Boniface IX, pontificat de 1389 à 1404
Innocent VII, pontificat de 1404 à 1406
Grégoire XII, pontificat de 1406 à 1415
Papes d'Avignon (antipapes selon la tradition catholique)