Anthony Phelps est un écrivain haïtien né à Port-au-Prince le 25 août 1928 et mort à Montréal le 11 mars 2025 à l'âge de 96 ans.
Phelps est né à Port-au-Prince le 25 août 1928. Il a effectué ses études primaires et secondaires à l’institution Saint-Louis-de-Gonzague. Il séjourne au New Jersey (États-Unis) deux ans pour étudier la chimie à l'université Seton Hall puis un an au Canada où il étudie la photographie et la céramique à l’École des beaux-arts de Montréal. Durant la même période, il découvre l’écriture radiophonique avec le romancier Yves Thériault.
De retour à Port-au-Prince, son « lieu fondamental », Phelps est mis en contact avec René Philoctète en novembre 1961. Lors d'une soirée de lecture de poèmes, il est intégré au groupe de poètes Samba, lequel regroupait, outre Philoctète et lui-même, Villard Denis (en), Serge Legagneur, Roland Morisseau et Auguste Ténor.
Parallèlement aux lectures de poèmes avec Samba, il fonde, toujours en 1961, avec l'aide de deux de ses beaux-frères, la station Radio Cacique, un espace éducatif et culturel qui a aussi permis aux poètes de se rassembler et de créer. Quelques mois après avoir intégré Samba, le groupe prend le nom d'Haïti Littéraire, en référence aux revues Haïti littéraire et sociale (1905-1907) et Haïti littéraire et scientifique (1912-1913). Phelps participe à la création de deux revues : Prisme, une revue sonore, et Semence, une revue littéraire.
Le travail de création d'Haïti Littéraire se fait en marge des politiques dictatoriales du régime politique de François Duvalier. Anthony Phelps dit à ce sujet :
« En formant Haïti-littéraire, on voulait se démarquer en poésie de ce qu'avaient fait nos ainés, et de la négritude. Pour nous, la négritude ne pouvait pas être haïtienne, parce que nous avions déjà franchi cette étape. Nous avons rejeté cette idéologie, Duvalier a transformé la négritude en idéologie raciste, anti-mulâtre et anti tout ce qui était contre lui. On a dû négocier, on ne pourrait pas écrire un poème et dire des choses qui pourraient choquer le gouvernement. Cela nous a appris à maîtriser notre écriture, à apprendre le plus de mots. Plus tu connais de mots, plus tu peux écrire des choses intéressantes. Ça a continué. Puis j'ai été arrêté. J'ai passé trois semaines au bureau de la police. »
Après ce séjour en prison, Phelps s'exile quelque temps à Philadelphie, en Pennsylvanie, avant qu'Yves Thériault ne vienne le chercher pour l'encourager à vivre au Québec. Il arrive ainsi à Montréal en mai 1964 ; il est le premier d'Haïti Littéraire à s'exiler.
À l’automne de 1965, Phelps participe aux lundis du Perchoir d’Haïti, des rencontres hebdomadaires entre poètes haïtiens exilés auxquelles certains poètes québécois participeront, dont Nicole Brossard, Paul Chamberland et Gaston Miron.
En 1967, après avoir travaillé dans le milieu théâtral, Anthony Phelps devient journaliste pour Radio Canada. C'est à partir de la même période qu'il commence à enregistrer ses textes.
Phelps prend sa retraite de Radio Canada en 1985 afin de se consacrer presque exclusivement à l’écriture. Après le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986, Phelps retourne séjourner quelques fois en Haïti, où il renoue avec les communautés locales.
Anthony Phelps est mort le 11 mars 2025, d'après un communiqué des Éditions Bruno Doucey relayé par Radio-Canada.
Été... Couverture et illustrations de Grace Phelps en collaboration avec l'auteur. Port-au-Prince, Impr. N. A. Théodore, coll. « Samba », 1960, 31 p.
Présence. Illustrations de Luckner Lazard. Port-au-Prince, Haïti Littéraire, coll. « Haïti Littéraire » 1961, 11 p.
Éclats de silence. Port-au-Prince, Art Graphique Presse, coll. « Haïti Littéraire », 1962, 50 p.
Points cardinaux. Montréal, Holt, Rinehart et Winston, 1966, 60 p.
Motifs pour le temps saisonnier. Paris, P. J. Oswald, 1976, 88 p.
La Bélière caraïbe. Montréal, Nouvelle Optique, 1980, 132 p. (ISBN 2890170055)
Même le soleil est nu. Montréal, Nouvelle Optique, 1983, 53 p. (ISBN 289017039X)