Ansar Dine ou Ansar Eddine (arabe : أنصار الدين, ʾAnṣār ad-Dīn, « Les défenseurs de la religion ») est un groupe armé salafiste djihadiste fondé et dirigé par Iyad Ag Ghali. Apparu au début de l'année 2012, c'est l'un des principaux groupes armés participant à la guerre du Mali. Le 1er mars 2017, Ansar Dine fusionne avec plusieurs autres groupes djihadistes pour former le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans qui reste sous la direction d'Iyad ag Ghali.
Ce groupe ne doit pas être confondu avec son homonyme, mouvement légalisé en 1992, revendiquant 800 000 soutiens dirigés par le prédicateur Chérif Ousmane Haïdara, vice-président du Haut Conseil islamique malien.
Au début de la rébellion, Ansar Dine utilise d'abord le drapeau noir ; cependant en juillet 2012, cherchant à se démarquer d'AQMI et du MUJAO, Iyad Ag Ghali adopte un nouveau drapeau : blanc avec comme emblème, en rouge, une kalachnikov et un sabre surmontés d'un coran. Cependant dans une vidéo rendue publique le 29 juillet 2014, Iyad Ag Ghali réapparaît avec le drapeau noir en fond.
Le 18 mars 2012, Ansar Dine adresse un communiqué à l'AFP, le mouvement affirme combattre pour instaurer la charia à l'ensemble du Mali :
« À compter de ce jour, nous nous engageons à la lutte armée sans merci pour l'application de la charia, dans un premier temps dans l'Adrar des Ifoghas. Quiconque est d'accord avec cette position est avec nous. Nous sommes des musulmans du Mali (…) et notre objectif est de convaincre de gré ou de force les autres à appliquer la charia. Nous ne voulons pas une république indépendante à part, mais une république islamique. »
Dès le début de la guerre du Mali, Ansar Dine s'allie avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Cependant, contrairement à AQMI, Ansar Dine n'a revendiqué aucun enlèvement ni attentat contre des civils. Certains responsables politiques maliens ont entretenu l'espoir qu'Iyad Ag Ghali, autrefois proche du gouvernement malien, puisse être « récupérable » et ont formulé le souhait de négocier avec lui. Cette option est cependant rejetée par la France qui estime qu'Iyad Ag Ghali est une cible à abattre en priorité.
Ansar Dine est créé et dirigé par Iyad Ag Ghali, une ancienne figure des rébellions touarègues maliennes des années 1990.
Alghabass Ag Intalla, fils de l'amenokal des Ifoghas, est la principale figure politique officielle du mouvement. Il mène l'essentiel des négociations à Ouagadougou avec le gouvernement malien et le MNLA. Il rompt cependant avec Ansar Dine en janvier 2013 pour fonder le MIA. Le principal porte-parole du mouvement est Senda Ould Boumama.
Abou Mohame, dit Cheikh Ag Aoussa et Haroune Ag Saïd, dit Abou Jamal, sont considérés comme faisant partie des plus proches lieutenants d'Iyad Ag Ghali. Cependant, Cheikh Ag Aoussa rallie le MIA, puis le HCUA en 2013, tandis que Haroune Ag Saïd est tué par les forces spéciales française au nord de Kidal la nuit du 24 au 25 avril 2014.
Mohamed Moussa Ag Mouhamed est présenté comme le numéro 3 du mouvement par le MNLA. L'un des principaux chefs est Mohamed Ag Aghaly Ag Wambadja, dit Abdelkrim Kojak. Il a fait partie du MNLA, et c'est un ancien bras droit d'Ibrahim ag Bahanga. Il est tué en janvier 2013 à la bataille de Konna.
Au sein de l'organisation, figurent plusieurs émirs : Abderrahman Gouli dit Wathik, Abou Abida dit Mourabiti Ben Moula, chef de la katiba Tawhid, Athman Ag Houdi, Mohamed Moussa chef de la katiba El Hisba, et Ahmad Al-Faqi Al-Mahdi , dit Abou Tourab, chef de El Amr Bil Maarouv Weneuhye Ani Al Mounkar. Le secteur d'Aguel'hoc est sous l'autorité d'Ibrahim Ag Inawalen, dit Ibrahim Dina.
Début décembre 2012, une nouvelle katiba est créée au sein d'Ansar Dine, baptisée Ansar al-Charia, et commandée par Omar Ould Hamaha. Elle est constituée principalement d'Arabes de la région de Tombouctou. Elle comporterait également des transfuges du MAA.
Le 2 janvier 2013, Sultan Ould Bady, émir de la katiba Saladin, quitte le MUJAO et rejoint Ansar Dine avec ses hommes.
À l'été 2013, parmi les principaux chefs figureraient Ibrahim Ag Inawalen, dit Ibrahim Dina ou « Bana », commandant pour la région d'Aguel'hoc, Ayoub Ag Assarid, Malick Ouanesnat et Inawalen Ag Ahmed. Ibrahim Ag Inawalen est tué par les Français la nuit du 17 au 18 mai 2015, il était alors considéré par l'armée française comme le numéro 2 d'Ansar Dine.
Dans la région de Kidal, Ansar Dine est surtout présent dans les environs d'Abeïbara, Boghassa, Tenessako, Inerkache et Tin Zaouatine. Selon le MNLA, il serait présent jusqu'à Timiaouine et Tamanrasset en Algérie.
En 2015, deux autres katiba sont formées dans le sud du Mali ; la katiba Macina dans le Centre (Ségou et Mopti) et la katiba Khaled Ibn Walid à l'extrême sud du pays (Sikasso), près de la frontière avec la Côte d'Ivoire. La katiba Khaled Ibn Walid, surnommée « Ansar Dine Sud », est commandée par Souleymane Keïta, secondé par Amadou Niangadou, dit « Djogormé ». Elle compte des combattants venus du sud du Mali ainsi que de la Côte d'Ivoire et du Burkina Faso. Souleymane Keïta est arrêté fin mars 2016 près de Sokolo par les forces spéciales des services de renseignements maliens. Amadou Niangadou est quant à lui arrêté en Côte d'Ivoire en août 2015. Le 5 mai 2016, le numéro 2 de la katiba Khaled Ibn Walid, Yacouba Touré, est capturé à son tour près de Bamako.
Ansar Dine forme également une branche burkinabée, menée par Boubacar Sawadogo. Ce dernier, à la tête d'une katiba d'environ 30 hommes, est arrêté vers fin juin 2016 dans la région de Sikasso.
En 2016, la branche d'Ansar Dine dans le sud de la région de Gao est dirigée par Al-Mansour Ag Alkassim, secondé par Attaher Ag Ihadou. Ce dernier est arrêté le 25 novembre 2016.