Anouk Grinberg, née le 20 mars 1963 à Uccle (Belgique), est une actrice française, également peintre et écrivaine.
Son arrière-grand-père paternel, Maxime Vinaver (1863-1926), joue un rôle éminent de dirigeant du Parti libéral des cadets en Russie. En 1919, il fuit la révolution bolchevique et se réfugie à Paris avec sa femme Rosa (1872-1951) et leurs trois enfants : la radiologue Valentine Cremer (1896-1983), le professeur d'université Eugène Vinaver (1899-1979) qui émigre en Angleterre à la fin des années 1920, et l'avocate Sophie Vinaver (1904-1964).
Son père, l'écrivain, auteur de théâtre et également ancien PDG de Gillette, Michel Vinaver, né à Paris en 1927, de son vrai nom Michel Grinberg, est le fils de Léon Grinberg (1900-1981) et de Sophie Vinaver. La famille s'exile aux États-Unis en 1940. Anouk Grinberg est la benjamine de quatre enfants. Leur mère, Catherine Le Tellier, dépressive, enchaîne les hospitalisations.
Anouk Grinberg a été la compagne de Bertrand Blier, pendant une dizaine années dans les années 1990, avec qui elle a eu un fils, Léonard en 1993. En 2025, elle accuse publiquement Bertrand Blier d'emprise à son égard. Depuis janvier 2003, elle partage la vie du mathématicien Michel Broué, qu'elle épouse en 2016.
Anouk Grinberg commence à jouer au théâtre à 13 ans, dans Remagen d’Anna Seghers, mis en scène par Jacques Lassalle, metteur en scène qu'elle retrouvera vingt ans plus tard dans Chaos debout de Véronique Olmi. Très vite, on lui confie de grands rôles. Sous la direction de Richard Foreman, elle joue le diable dans Faust ou la fête électrique de Gertrude Stein, Eve dans La Cruche cassée de Heinrich von Kleist, puis Agnès dans L'École des femmes de Molière, mises en scène par Bernard Sobel. Elle travaille à trois reprises avec Alain Françon, dans L'Ordinaire et Les Voisins de Michel Vinaver, puis dans Noises d’Enzo Cormann.
Elle fait sa première apparition dans le théâtre privé, sous la direction de Michel Fagadau dans Faut pas tuer maman . Jean-Louis Martinelli lui confie le rôle de la putain dans l'adaptation de La Maman et la putain de Jean Eustache. Patrice Chéreau la dirige dans Le Temps et la chambre de Botho Strauss. Didier Bezace la met en scène dans Feydeau Terminus, trois pièces de Feydeau, avant de lui confier le rôle d'Araminte dans Les Fausses Confidences de Marivaux aux côtés de Pierre Arditi. Autre passage dans le privé : La Preuve, mise en scène de Bernard Murat. Philippe Calvario lui confie le personnage principal de Grand et petit de Botho Strauss. Elle conçoit un spectacle-lecture pour le Théâtre de l'Atelier à partir des lettres de Rosa Luxemburg Rosa, la vie, spectacle repris en 2009 au Théâtre de la Commune, puis en tournée. En 2014, elle joue au Théâtre des Bouffes du Nord, puis en tournée, le célèbre dernier chapitre de Ulysse de James Joyce, Molly Bloom, mis en scène par Marc Paquien, avec la complicité de Blandine Masson.
En 2016, elle joue dans La Révolte de Villiers de l’Isle-Adam, dans une mise en scène de Marc Paquien, au Théâtre des Bouffes du Nord, puis en tournée. En 2018, elle interprète Natalia Petrovna dans Un mois à la campagne, de Tourgueniev, mis en scène par Alain Françon.
Par ailleurs, elle se produit dans des lectures publiques.
Elle tourne dès l'âge de 13 ans avec Michèle Rosier dans Mon cœur est rouge. Elle obtient le prix d'interprétation féminine au festival international du film de Thessalonique 1995 pour son rôle dans Sale Gosse de Claude Mourieras.
Elle se fait connaître du grand public grâce à son rôle dans Merci la vie de Bertrand Blier . Elle tourne avec lui deux autres films : Un, deux, trois soleil puis Mon homme qui lui vaut le prix d'interprétation féminine au Festival de Berlin.
Malgré des rôles dans Entre chiens et loups d'Alexandre Arcady, Les Petites Couleurs de Patricia Plattner ou Un héros très discret de Jacques Audiard, sa carrière se fait par la suite plus discrète au cinéma. Entre 2020 et 2022, elle tourne toutefois dans cinq films dont L'Innocent de Louis Garrel et Tromperie d'Arnaud Desplechin.
À partir de 2002, elle participe à plusieurs fictions pour la télévision : Une preuve d'amour de Bernard Stora, Ma meilleure amie d'Élisabeth Rappeneau, Le Procès de Bobigny de François Luciani (elle y interprète Gisèle Halimi), Kaamelott - Livre V et VI d'Alexandre Astier, Voici venir l'orage... de Nina Companeez, Camus de Laurent Jaoui, Joseph l'insoumis de Caroline Glorion, Le Sang de la vigne de Marc Rivière.
Anouk Grinberg pratique le dessin, la peinture et la broderie qu’elle a appris de façon autodidacte. Elle est amie de la photographe Sarah Moon, par l’entremise de laquelle elle rencontre Robert Delpire et d’autres personnalités du monde de l’art et des galeries, ce qui la conduit à exposer à partir de 2017.
Elle co-signe en mai 2019, avec 1 400 personnalités du monde de la culture, la tribune « Nous ne sommes pas dupes ! », publiée dans le journal Libération, en soutien au mouvement des Gilets jaunes, affirmant que « Les gilets jaunes, c'est nous ».
Le 1er octobre 2023, Gérard Depardieu réagit aux accusations de viols émises par plusieurs femmes à son encontre par une lettre ouverte publiée dans Le Figaro, « Je veux enfin vous dire ma vérité ». Il y affirme n’être « ni un violeur ni un prédateur » et indique n'avoir jamais abusé d'une femme. En réponse à cette lettre ouverte, Anouk Grinberg affirme au contraire que « tous ceux qui ont travaillé avec lui savent qu’il agresse les femmes. » Elle lui demande de ne pas « continuer le crime par le déni » et appelle à briser le silence pour aider Charlotte Arnould.
Lors du procès de Depardieu, elle est expulsée de la salle d'audience pour avoir poussé un cri. En octobre 2025, Anouk Grinberg dépose plainte à son tour contre Me Jérémie Assous, dénonçant notamment des propos tenus le 2 septembre par ce dernier sur BFM TV.
Dans son livre Respect publié en avril 2025, elle révèle un viol subi à l’âge de 7 ans par le beau-père d’une camarade, puis l’inceste commis par son frère à l’adolescence. Son père, mis au courant, n’a rien fait pour elle. Elle dénonce par ailleurs « l’emprise » qu'aurait exercée sur elle Bertrand Blier, mort en janvier 2025 et les attouchements répétés dont se serait rendu coupable Bernard Murat durant la préparation et les représentations en 2002 de la pièce La preuve qu'il mettait en scène et qu'elle interprétait.
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».