Ce Jour-là

Anne de Jésus

Ana de Lobera Torres (Medina del Campo, 25 novembre 1545 - Bruxelles, 4 mars 1621), connue sous son nom religieux d'Anne

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Ana de Lobera Torres (Medina del Campo, 25 novembre 1545 - Bruxelles, 4 mars 1621), connue sous son nom religieux d'Anne de Jésus, en espagnol Ana de Jesús, est une religieuse, grande mystique, et écrivaine espagnole. Elle est proche de Jean de la Croix et de Thérèse d'Avila.

Elle rassemble les écrits de la sainte, contribue à leur publication, et diffuse la spiritualité thérésienne en Europe.

Après avoir participé à la fondation de divers convents en Espagne, elle est appelée par Pierre de Bérulle à fonder un couvent réformé en France. Le couvent est fondé à Paris en 1604. Anne de Jésus en devient la prieure. L'année suivante, elle fonde deux nouveaux couvents à Pontoise et Dijon. En 1607, elle est appelée pour fonder un couvent aux Pays-Bas. Après trois nouvelles fondations, elle meurt le 4 mars 1621 à Bruxelles.

Son procès en béatification débute l'année même de sa mort avant d'être arrêté et relancé à de multiples reprises. Anne de Jésus est déclarée vénérable le 28 novembre 2019 et béatifiée par le pape François lors de sa visite en Belgique le 29 septembre 2024.

Ana de Lobera est née à Medina del Campo le 25 novembre 1545 dans une famille de la petite noblesse espagnole. La jeune fille est baptisée le jour même.

Elle a un frère aîné, Cristobal, qui deviendra jésuite.

Peu de temps après sa naissance, son père meurt. Elle est muette et sourde durant les sept premières années de sa vie, jusqu'au jour où « par miracle », elle commence à parler. Après deux années heureuses près de sa mère, alors qu'elle est âgée de seulement 9 ans, sa mère meurt. C'est sa grand-mère qui obtient la tutelle d'Ana et de son frère. La jeune fille développe une grande dévotion à la Vierge Marie.

À l'âge de 10 ans, Anne de Lobera fait vœu de chasteté, contre l'avis de sa grand-mère qui « l'estime trop jeune pour un tel engagement ». À 14 ans, Ana est devenue une belle jeune fille, et sa grand-mère envisage alors de la marier.

Pour échapper au projet de mariage, à l'âge de 15 ans (en 1560), elle décide avec son frère de partir vivre à Plasence, chez leurs grands-parents paternels. Mais son autre grand-mère veut elle aussi la marier ; son prétendant tente de la séduire. Elle a 16 ans lorsque, pour clairement exprimer son intention de « se consacrer à Dieu » et couper court à tout projet de mariage, elle provoque volontairement un coup d'éclat : lors d'une réception familiale, elle se fait attendre par toute l'assemblée avant de se présenter revêtue d'un drap noir, et les cheveux coupés en tous sens. L'assemblée, sa famille, et le prétendant comprennent alors sa détermination et acceptent sa décision. Désormais, plus personne ne cherchera à la marier.

Recherche d'une communauté religieuse

La jeune fille se met en quête de la communauté religieuse « la plus parfaite ». En attendant de trouver la congrégation idéale, elle mène une vie très austère, s’adonnant à la prière et jeûnant souvent. Elle se consacre également à aller soigner des malades. Ses biographes rapportent qu'elle commence déjà à recevoir des grâces mystiques. Anne reste alors durant sept années chez sa grand-mère, poursuivant ce style de vie. Pour la guider spirituellement, elle prend pour directeur un père jésuite : le père Pierre Rodriguez. Celui-ci lui transmet un grand amour de l'Eucharistie.

En 1569, Anne tombe gravement malade : durant trois mois elle est atteinte d'une forte fièvre (sans doute liée à la malaria) qui va en s’aggravant. Même si son état finit par s’améliorer, elle en reste néanmoins affaiblie. C'est à ce moment que le père Rodriguez est nommé à Tolède et doit la quitter. Cette séparation est un coup dur pour la jeune femme.

En 1570, Thérèse d'Avila se rend à Tolède pour fonder un nouveau carmel. Le père Rodriguez rencontre le père Pablo Hernandez, lui aussi jésuite, qui lui présente sainte Thérèse d'Avila. Le père Rodriguez se trouve enchanté par le projet de réforme mené par la Carmélite. Il écrit rapidement à sa protégée pour lui annoncer : « J’ai trouvé ici une sainte femme qui fonde des monastères de l’Ordre que vous cherchez. Elle est native d’Avila et se nomme Teresa de Ahumada. Demandez à Dieu qu’il lui plaise de vous donner la lumière pour savoir si c’est là qu’il vous appelle. Quant à moi, il me semble que oui. Avertissez-moi si vous voulez que j’en traite avec la Mère. ».

Anne est tout de suite intéressée, dans son courrier de réponse, elle demande, si Thérèse l'accepte, et dans quel couvent elle doit se rendre. Thérèse d'Avila lui écrit le 2 avril pour lui dire qu'elle l'admet dans l'ordre des Carmélites, mais elle lui demande de finir de se soigner avant de venir la rejoindre au couvent d'Ávila.

Anne quitte Plasence le 26 juillet 1570 pour se rendre au couvent d’Ávila (es). Elle y arrive le 31 juillet 1570 où elle est reçue par Marie de Saint-Joseph (car Thérèse d'Avila est alors en voyage à Tolède).

Anne prend l’habit du Carmel le 1er août et demande à prendre le nom d'Anne de Saint-Pierre, mais Thérèse d’Avila, bien qu’absente à ce moment, a déjà décidé de son nom de religieuse : Anne de Jésus.

Ce n'est qu'à la fin du mois d’août qu’Anne de Jésus rencontre Thérèse pour la première fois.

La Madre discerne très vite la valeur de la jeune femme, et c'est le début d'une belle et grande amitié spirituelle entre les deux femmes. En novembre 1570, Thérèse d'Avila appelle Anne pour participer à la nouvelle fondation de Salamanque. Lorsque Thérèse repart, elle confie à Anne (qui n'est alors que novice) la responsabilité des autres novices. Thérèse recommande également à la nouvelle prieure de Salamanque de consulter sœur Anne pour les affaires du monastère.

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