Ce Jour-là

Anne de Bretagne

Duchesse de Bretagne et deux fois reine de France (1477-1514)

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Anne de Bretagne, née le 25 janvier 1477 à Nantes et morte le 9 janvier 1514 à Blois, est la fille du duc de Bretagne François II. Duchesse de Bretagne à la mort de ce dernier le 9 septembre 1488, elle devient également reine de France une première fois en 1491 par son mariage avec le roi de France Charles VIII, et une seconde fois grâce à son mariage avec le nouveau roi Louis XII, union célébrée le 8 janvier 1499 dans la chapelle du château des ducs de Bretagne à Nantes. Le contrat de mariage, qui scelle l'union politique et assure l'indépendance du duché, fut signé la veille, le 7 janvier 1499.

Le règne d'Anne sur le duché de Bretagne commence alors que le roi de France vient de remporter une victoire décisive contre lui en 1488 (Saint-Aubin-du-Cormier), suivie de peu par la mort de François II. La cour de Bretagne tente d'échapper à l'emprise de la France en mariant en 1490 Anne, par procuration, avec Maximilien d'Autriche, régent des Pays-Bas bourguignons. Mais ce mariage est considéré comme un casus belli par Charles VIII et par la régente Anne de France, qui passent à l'offensive dès 1491. Rennes est prise, le mariage est annulé et le 6 décembre, la duchesse Anne est mariée au roi de France à Langeais. Sa vie durant, Anne s'efforce avec succès de maintenir l'autonomie du duché. Il ne sera véritablement intégré au royaume de France qu'après sa mort, en 1532 (union du duché au royaume de France).

Elle hérite de son père le comté de Montfort et reçoit le comté d'Étampes en 1512. Le temps que dure son mariage avec Maximilien, elle devient reine des Romains (1490-1491). Reine de France de 1491 à 1498 et de 1499 à 1514, elle est aussi duchesse de Milan de 1499 à 1500 et de 1501 à 1512, dans le cadre des guerres d'Italie, et reine de Naples de 1501 à 1503.

Origines familiales et formation

Anne de Bretagne est la fille aînée du duc de Bretagne François II (1435-1488), fils de Richard d'Étampes (1395-1438), lui-même fils du duc Jean IV. Sa mère est la seconde épouse de François II, Marguerite de Foix (v. 1449-1486), fille du comte Gaston IV de Foix-Béarn (1423-1472) et de la reine Éléonore de Navarre (1426-1479).

Anne naît à Nantes, dans une chambre du vieux logis du château ducal. Les historiens s'interrogent sur le jour précis de sa naissance, mais avec peu d'écart : selon les sources, le 25 ou le 26 janvier 1477. Nous ne savons rien de son baptême ou de l'origine de son prénom.

Dans ses premières années, elle grandit entre trois villes : Nantes, Vannes et Clisson. Son éducation est confiée à Françoise de Dinan, comtesse de Laval, sa marraine. Elle apprend à lire et à écrire en français et en latin, et est initiée à l'histoire. Plusieurs précepteurs[réf. nécessaire] s'occupent d'elle, notamment le poète de cour Jean Meschinot (de 1488 à sa mort en 1491), qui est aussi son maître d'hôtel, et qui va chasser au faucon avec elle. On lui aurait enseigné la danse, le chant et la musique.

Contrairement à ce que l’on trouve parfois dans l'historiographie bretonne, il est peu probable qu’elle ait appris le grec ou l’hébreu. De même, ayant reçu une éducation classique, pas plus que les autres membres de la cour ducale elle ne maîtrise la langue bretonne. On fait appel à des interprètes lorsqu'il faut traduire du breton.

Loi successorale du duché de Bretagne

La loi successorale du duché de Bretagne est à cette époque définie par le premier traité de Guérande (1365). Celui-ci prévoit la succession de mâle en mâle en priorité dans la famille des Montfort ; puis, dans celle des comtes de Penthièvre. Or, vers 1480, il n'y a dans les deux familles que des héritières : côté Montfort, Anne, puis Isabeau ; côté Penthièvre, Nicole de Châtillon, qui meurt le 3 janvier 1480. Les Penthièvre cèdent alors à Louis XI leurs droits sur le duché de Bretagne pour 50 000 écus. À la mort de Jean de Brosse, époux de Nicole de Châtillon, la régente Anne de France confirme cet achat en 1485.

Au cas où elle aurait donné naissance à un fils de François II, Anne aurait reçu une dot de 200 000 livres.

Anne reconnue comme héritière légitime par les États de Bretagne (1486)

Mais François II n'a pas d’héritier mâle, ce qui menace de replonger la Bretagne dans une crise dynastique. François II, voulant éviter toute intervention du roi de France, décide de transgresser le traité de Guérande et fait désigner sa fille comme héritière présomptive par les États de Bretagne réunis à Rennes (20 février 1486). Cela suscite des oppositions au duc au sein du duché et provoque le mécontentement de la cour de France. Anne devient aussi l'enjeu de nombreuses prétentions matrimoniales.

Pour légitimer cette demande, Marguerite de Foix commande un ouvrage à l'aumônier d'Anne, Pierre Le Baud, afin de réfuter l’opinion selon laquelle la succession a été constituée uniquement «en ligne masculine », et que les femmes «n’y ont point eu de lieu ». L'historien rédige une synthèse à partir d'ouvrages antérieurs pour prouver par l’histoire que la jeune Anne peut succéder à son père, témoignant de l'histoire de reines ou duchesses qui ont accédé au trône de Bretagne. Le manuscrit est terminé en 1486.

François II promet sa fille à différents princes français ou étrangers afin d'obtenir une assistance militaire et financière et renforcer ainsi sa position face au roi de France. La perspective pour ces princes de joindre le duché à leur domaine permet à François d'entamer plusieurs négociations de mariage et de nouer à cette occasion différentes alliances secrètes qui accompagnent le projet matrimonial. Anne devient l'enjeu de ces ambitions rivales, et son père, rassuré par la signature de ces alliances, peut se permettre de refuser différents projets et contrats de mariage[pas clair]. Ces calculs politiques conduisent ainsi aux fiançailles d'Anne avec différents princes d'Europe :

Elle est d'abord fiancée en 1481 à Édouard, prince de Galles, fils du roi d'Angleterre Édouard IV. À la mort de son père (avril 1483), il devient roi sous le nom d’Édouard V, mais disparaît peu après (probablement en septembre 1483).

Plusieurs prétendants potentiels sont alors contactés successivement :

Henri Tudor (1457-1509) (Henri VII d'Angleterre à partir de 1485) , premier représentant mâle de la maison Tudor, alors en exil en Bretagne en raison des vicissitudes de la guerre des Deux-Roses ; mais ce mariage ne l'intéresse pas ;

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