Ce Jour-là

Anne d'Autriche (1601-1666)

Reine consort de France et de Navarre de 1615 à 1643 et régente du royaume de France de 1643 à 1651

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Anne d'Autriche (en espagnol Ana María Mauricia de Austria y Austria), infante d’Espagne, infante de Portugal, archiduchesse d’Autriche, princesse de Bourgogne et princesse des Pays-Bas, née le 22 septembre 1601 à Valladolid en Espagne et morte le 20 janvier 1666 à Paris, est reine de France et de Navarre de 1615 à 1643 en tant qu’épouse de Louis XIII, puis régente de ces deux royaumes pendant la minorité de son fils Louis XIV (de 1643 à 1651).

Fille du roi Philippe III (1578-1621), roi d’Espagne (1598-1621), et de l’archiduchesse Marguerite d'Autriche-Styrie (1584-1611), Anne d'Autriche est la mère de Louis XIV, le « roi Soleil », et de Philippe, duc d’Orléans.

Anne est l’aînée du couple royal espagnol. Contrairement à l’usage du temps qui prônait une séparation des enfants de leurs parents, Anne mène une vie calme et ordonnée, entourée de l’affection de sa famille. Elle reçoit le prénom Anne en souvenir de sa grand-mère, la reine Anne d'Autriche, quatrième épouse du roi Philippe II, ceux de Marie en l'honneur de la Vierge et Mauricia car elle est née le jour de la saint Maurice. Elle est baptisée le 7 octobre 1601 par l'archevêque de Tolède, Bernardo de Sandoval y Rojas. Son parrain est Ranuce Ier Farnèse, duc de Parme et sa marraine est Catalina de la Cerda, épouse du duc de Lerma, favori du roi Philipe III. Elle grandit au palais royal de l’Alcázar à Madrid où ses parents, très pieux, lui donnent une forte éducation religieuse. La jeune Anne visite des couvents et passe des journées entières penchée sur des reliques. Elle s’attache à ses frères et sœurs et plus particulièrement à Philippe (futur Philippe IV d’Espagne) et à Marie-Anne. Mais la famille royale espagnole subit un drame en 1611 : la reine Marguerite meurt subitement à l’âge de 26 ans en mettant au monde son huitième enfant. Malgré son chagrin, la jeune infante s’occupe de ses frères et sœurs, qui l’appellent « Maman ». Elle peut tout de même se reposer sur l’attention que lui porte le roi, son père.

La Cour espagnole prend l'initiative de proposer le double mariage franco-espagnol. Henri IV, considérant les Habsbourg comme les ennemis héréditaires du royaume de France, tergiverse et songe plutôt à marier son héritier à Nicole de Lorraine, héritière des duchés de Lorraine et de Bar, ce qui donnerait naturellement pour frontières à la France le massif vosgien (sans parler de la riche production de sel). Mais à sa mort, sa veuve, Marie de Médicis, soutenue par le parti dévot, assume un retournement de politique, faisant de l'alliance espagnole un gage de paix entre les deux grandes puissances catholiques. De son côté Philippe III espère que la présence de sa fille à la Cour de France peut constituer un atout pour soutenir les intérêts de l'Espagne et donne à sa fille des instructions secrètes.

Fiancée à l'âge de dix ans, Anne épouse par procuration, le 18 octobre 1615 à Burgos, Louis XIII, roi de France et de Navarre ; lors de cette cérémonie, Louis XIII est représenté par le duc de Lerme. Le même jour, à Bordeaux, Élisabeth, sœur de Louis XIII, épouse par procuration l'infant Philippe, représenté par le duc de Guise. Les princesses ont ensuite été « échangées » à côté de l'île des Faisans, située sur la Bidassoa, près d'Hendaye. Le mariage en France d'Anne d'Autriche et Louis XIII est célébré à Bordeaux le 21 novembre 1615.

Bien que les jeunes mariés n'aient que quatorze ans, Marie de Médicis, alors régente, ne veut pas qu'on puisse remettre en question cette union et s'ingénie à ce que ce mariage soit immédiatement consommé, pour des raisons politiques. Cependant, du fait de l'inexpérience des mariés, la nuit de noces semble s'être assez mal passée.

Le jeune roi, ayant vécu cette nuit comme une véritable humiliation, en garda longtemps rancune à sa mère, et n'entretint plus avec son épouse de rapports charnels pendant les quatre années suivantes, lui rendant néanmoins visite matin et soir, comme le voulait la coutume de l'époque.

Installée dans les appartements du Louvre avec sa suite, Anne d'Autriche, délaissée, reçoit cependant tous les égards dus à son rang. D'une part, Marie de Médicis continue à porter avec hauteur le titre de reine de France, sans la moindre déférence à l'égard de sa belle-fille. D'autre part, Louis XIII continue de se désintéresser d'elle, bien qu'elle soit considérée comme une belle femme. Le roi, de nature complexe, est timide, ce qui l'empêche de s'accorder avec elle. Entourée par une petite cour peuplée d'une centaine de dames espagnoles, elle continue à vivre à la mode espagnole et son français est encore très hésitant. Anne éprouve ainsi des difficultés à communiquer avec sa nouvelle famille. Enfin, elle partage avec son époux une timidité et une inexpérience qui n'arrangent pas la situation.

L'assassinat de Concini et le coup d'État de Louis XIII contre sa mère en 1617 font évoluer cette situation. Conscient du problème diplomatique et dynastique que cause l'indifférence du roi à l'égard de la reine, le duc de Luynes, nouveau favori, tente d'y remédier. Tout d'abord, il fait chasser la cour espagnole d'Anne d'Autriche et remplacer les dames d'atours espagnoles par des Françaises. La comtesse Inés de la Torre, Première dame d'honneur, est remplacée par Marie de Rohan, la propre femme du duc de Luynes (la future duchesse de Chevreuse), surintendante de la maison de la Reine. On trouve également dans son entourage la princesse de Conti, Madame du Vernet (une sœur de Luynes) et Gabrielle-Angélique de Verneuil, la fille d'Henri IV et d'Henriette d'Entragues. Le duc organise des rendez-vous intimes entre Anne et le roi. Sous l'influence de Mme de Luynes, la reine commence à s'habiller et à se comporter comme une Française. On lui fait porter des décolletés. Elle ne portait jusque-là que des robes espagnoles ne laissant voir aucune partie du corps. On considérait d'ailleurs Anne comme trop rigide et trop prude. Au printemps 1619, Luynes finit par forcer le roi à coucher avec la reine. À partir de ce moment, les relations entre Anne et Louis XIII ne cessent de s'améliorer et Louis reste longuement à son chevet lors de sa grave maladie en janvier 1620. Toutefois, Anne n'est pas admise au Conseil, alors que la reine mère y siège, la privant de tout rôle politique, contrariant les volontés de son père.

Sous l'influence de la duchesse de Chevreuse

La lune de miel dure peu. La mésentente s'installe à nouveau entre les souverains. Tout d'abord, Anne fait plusieurs fausses couches, mécontentant le roi. Le 14 mars 1622, enceinte sans le savoir, alors qu'elle joue avec ses dames d'atours dans les galeries du Louvre mal éclairées, Anne bute contre une estrade. Le soir, un médecin lui annonce qu’elle a accouché d’un embryon de quarante à quarante-deux jours. Louis XIII est furieux contre elle, mais plus encore contre Mme de Luynes, impardonnable à ses yeux d'avoir entraîné la reine enceinte dans une telle imprudence. À partir de cette époque, le roi supporte de plus en plus mal l'influence que Mme de Luynes exerce sur son épouse. L'antipathie de la duchesse pour le roi est réciproque et lourde de conséquences pour le couple royal. La situation se détériore d'autant plus que le duc de Luynes, responsable de l'entente conjugale, est mort l'année précédente et que le roi est accaparé par la guerre contre les protestants.

Le roi écarte pour un temps Marie de Rohan en lui retirant les fonctions de surintendante auprès de la reine. Mais son remariage avec le duc de Chevreuse, un membre de la puissante Maison de Lorraine, la rend intouchable. Anne continue de fréquenter la duchesse ou à correspondre avec elle lorsqu'elle en est réduite à l'exil. La duchesse, qui n'aime pas le roi, continue d'exercer une influence sur Anne.

En 1625, une alliance matrimoniale est conclue entre la France et l'Angleterre. Le 11 mai Henriette-Marie, Madame de France, sœur de Louis XIII, épouse par procuration le nouveau roi d'Angleterre Charles Ier. Le duc de Buckingham, favori du feu roi, est chargé d'escorter la princesse. Selon l'usage, la Cour de France accompagne Henriette jusqu'à la frontière. Anne d'Autriche est du voyage ainsi que la reine mère (Louis XIII est resté à Paris). C'est au cours de ce voyage que Buckingham fait une cour pressante à Anne. À l'étape d'Amiens, le 14 juin 1625, Marie de Rohan, désormais duchesse de Chevreuse, s'arrange pour isoler dans le jardin de l'archevêché Anne et Buckingham du reste de la Cour. Selon les Mémoires de Pierre de La Porte, valet de chambre de la reine, le duc se montre entreprenant, Anne pousse un cri. La suite royale accourt alors que Buckingham s'éclipse. Finalement le 22 juin 1625, le duc de Buckingham embarque à Boulogne avec la jeune épouse du roi Charles.

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