Anne Fillon, née le 6 novembre 1931 au Mans, où elle est morte le 17 août 2012, est une historienne française moderniste, spécialiste de l'histoire rurale, professeur à l'Université du Mans dans les années 1980 et 1990.
Elle est la mère de François Fillon, homme politique, de Pierre Fillon, président de l'Automobile Club de l'Ouest et de Dominique Fillon, musicien.
Origines familiales et famille
Née Anne Soulet, elle est issue d'une famille originaire du Pays basque, mais vient au monde le 6 novembre 1931 au Mans (Sarthe).
Épouse de Michel Fillon, notaire, elle travaille d'abord comme assistante dans l'étude de son époux.
De leur mariage, naissent quatre fils, dont l'un, Arnaud, né en 1963, meurt accidentellement à l'âge de 18 ans.
Professeur à l'université du Mans
Reprenant des études d'histoire, elle soutient en 1982 une thèse de doctorat sur Louis Simon (1741-1820), étaminier dans le village de La Fontaine-Saint-Martin, élaborée sous la direction du professeur Jean-Marie Constant.
Elle est élue maîtresse de conférences à l'université du Mans, où elle devient ensuite elle-même professeur.
Durant ses années de professorat, Anne Fillon dirige les travaux de quatre doctorants ayant pour cadre la province du Maine au XVIIIe siècle :
Sylvie Granger sur les musiciens ;
Véronique Pifre sur la pauvreté ;
David Audibert sur les marchands épiciers ;
Benoît Hubert sur le négociant Leprince d'Ardenay.
Elle y crée le Centre universitaire d'éducation permanente et l'association Liaison Université.
Le premier volume de la thèse d'A. Fillon commence par soixante pages de souvenirs personnels sur sa jeunesse et la période de la Révolution française et de l'Empire rédigées par Louis Simon lui-même, traitant notamment de son mini tour de France (jusqu'à Arras), de sa vie amoureuse (35 pages) et professionnelle. Louis Simon ajoute encore quelques pages de conseils à ses descendants, d'autres pages sur les événements historiques marquants, sur des considérations religieuses… Ces quelques pages constituent une source précieuse pour l'histoire sociale du XVIIIe siècle, comme le Journal de ma vie de Jacques-Louis Ménétra, un autre homme du petit peuple. Anne Fillon remet ensuite les propos de Simon dans leur contexte et les prend comme base à une étude de la micro-société (La Fontaine-Saint-Martin et les villages alentour) et de son évolution. On trouvera quelques détails sur la page "La Fontaine-Saint-Martin".
Elle crée l'association Les Amis de Louis Simon, ainsi qu'un musée des arts et traditions populaires dans la commune de La Fontaine-Saint-Martin (Sarthe), dans une des maisons habitées par Louis Simon.
Dans Les Trois Bagues aux Doigts, elle approfondit beaucoup des éléments de la vie de Simon, en adoptant une vision plus large pour englober les "amours villageoises au XVIIIe siecle" dans son coin de la Mayenne : rencontres, rôle des parents (y compris la procédure des "sommations respectueuses" adressées aux parents récalcitrants) et des habitants des différentes couches sociales, "rituels pour parvenir aux épousailles", sexualité. Elle identifie les causes des évolutions au cours du siècle et commence par le rôle de la littérature de colportage (en particulier chansons d'amour et manuels de bienséance relatifs au mariage), envisage ensuite l'influence des élites (qui conduit à l'adoption de la bague, à la place de la pièce d'argent comme signe d'engagement, p. 403), et termine sur l'influence du clergé.