Ce Jour-là

Anne Bradstreet

Première poète américaine à être publiée

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Anne Bradstreet née Dudley (née le 8 mars 1612 à Northampton, Angleterre et morte le 16 septembre 1672 à Andover, Massachusetts) est une écrivaine et poétesse américaine, la première dont les œuvres furent publiées. Elle est considérée comme la première femme écrivaine importante dans les colonies américaines et tient de ce fait une place particulière dans la littérature américaine.

Anne Bradstreet est la fille de Thomas Dudley (en) et Dorothy Yorke. Son père, qui fut l'un des leaders des soldats volontaires lors de la Réforme anglaise et du Règlement élisabéthain, est alors majordome du comte de Lincoln. Elle est élevée dans un milieu imprégné de culture et reçoit une très bonne éducation.

En 1628, à l'âge de seize ans, elle épouse Simon Bradstreet. En 1629, son père et son mari joignent un groupe dont l'objectif est de protéger les valeurs du Puritanisme et d'établir leur propre société sur une nouvelle terre.

Le couple émigre deux ans plus tard en Nouvelle-Angleterre, avec Thomas et Dorothy Dudley. Ils effectuent le voyage à bord de l'Arabella et la traversée de trois mois est difficile, beaucoup de voyageurs y perdent la vie. Ils atteignent le sol américain le 14 juin 1630, à l'endroit qui est à présent Pionneer Village (Salem). Ils vont ensuite bouger dans plusieurs villes : Charlestown, Boston puis Cambridge.

Les colons luttent pour survivre. Le climat, le manque de nourriture et le confort spartiate rendent la vie d'Anne difficile. En 1632, Anne donne naissance à son premier enfant, Samuel. Malgré sa santé fragile, elle aura huit enfants.

Thomas Dudley et Simon Bradstreet jouent un rôle majeur dans la création de Harvard en 1636. Samuel et Simon, deux des fils d'Anne, seront diplômés du prestigieux établissement en 1653 et 1660. Les obligations politiques de son mari l'obligent à voyager entre les différentes colonies, laissant Anne seule.

Simon commence à prospérer, mais le 10 juillet 1666 un incendie détruit leur maison et toutes leurs possessions. Heureusement, grâce à son statut social dans la communauté, il retombe rapidement sur ses pieds. La santé d'Anne se dégrade et elle contracte la tuberculose. Elle perd sa fille Dorothy de la même maladie. Elle meurt à Andover le 16 septembre 1672 à l'âge de 60 ans.

On dit que sa bibliothèque rassemblait plus de 800 ouvrages. La majeure partie a été détruite dans l'incendie de sa maison. Cet évènement lui inspira le poème Upon the Burning of Our House July 10th, 1666 (A propos de l'incendie de notre maison le 10 juillet 1666).

Beaucoup des poèmes d'Anne Bradstreet sont basés sur l'observation du monde qui l'entoure, insistant sur des thèmes domestiques ou religieux. Elle pratique une poésie lyrique personnelle, ainsi qu’une poésie contemplative et religieuse, empreinte de l’esprit du mysticisme puritain. Longtemps considérée comme ayant uniquement un intérêt purement historique, elle gagne la reconnaissance de la critique au cours du XXe siècle et est dès lors reconnue comme une écrivaine intéressante, dont les œuvres franchissaient le temps, notamment pour sa suite de poèmes religieux - les « Contemplations » - qui furent écrits pour sa famille et ne furent pas publiés jusqu'au milieu du XIXe siècle.

En 1641, Bradstreet écrit un poème en l'honneur du poète français protestant Guillaume du Bartas (In Honor of Du Bartas), poète dont l’œuvre, traduite en anglais, était très en appréciée des lecteurs du XVIIe siècle. Ses contemporains évoquent par ailleurs également l’œuvre de ce poète comme source d'inspiration - voire de modèle - pour les poèmes qui composent le Quaternion de Bradstreet.

En 1647, le beau-frère d'Anne Bradstreet, John Woodbridge, rentre en Angleterre, emportant son manuscrit de poésie (vraisemblablement sans qu'elle le sache). C'est ainsi que la première œuvre d'Anne est publiée à Londres en 1650, sous le titre « The Tenth Muse Lately Sprung Up in America, by a Gentlewoman of those Parts ».

La plupart des poèmes de cette première édition sont longs et basés sur les conventions poétiques de l'époque, mais les deux derniers poèmes « Of the Vanity of All Worldly Creatures » et « David's Lamentation for Saul and Jonathan » sont plus personnels.

Ses poèmes postérieurs, toujours écrits pour sa famille, montrent son évolution spirituelle alors qu'elle parvient à accepter les règles du puritanisme. Elle écrit aussi des poèmes plus personnels, d'une incontestable beauté, exprimant ses sentiments lors de la naissance d'un enfant ou la mort d'un petit-fils.

Anne Bradstreet est également l'auteur d'un recueil en prose, les « Meditations », rassemblant de courts aphorismes.

En 1678, la première version révisée par elle-même des "Several Poems Compiled with Great Variety of Wit and Learning" est publiée de manière posthume en Amérique et comprend l'un de ses plus célèbres poèmes : "To My Dear and Loving Husband".

Before the Birth of One of Her Children

A Dialogue between Old England and New

A Letter to Her Husband, Absent upon Public Employment

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