Ce Jour-là

Angilbert

Saint catholique français du VIIIe siècle, septième abbé de Saint-Riquier (Somme, Picardie, France)

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Angilbert (saint Angilbert) ou Angilberk (du francique Agil « lame » et Berht « brillant »), en latin Angilbertus Centulensis, né vers 740 et mort le 18 février 814 à l’abbaye de Saint-Riquier (nommée à l'origine Centula), en Picardie, est un proche conseiller de Charlemagne, l’un de ses diplomates et un poète reconnu. Duc des terres maritimes, avoué et septième abbé de Saint-Riquier, il vit pendant deux ans en concubinage avec Berthe, troisième fille de Charlemagne.

Angilbert, qui finit sa vie comme simple moine à Saint-Riquier, est vénéré comme un saint, le jour de sa mort, le 18 février.

Bien que des généalogistes affirment que sa famille possédait le Ponthieu depuis le VIe siècle, affirmations reprises sans discernement par des biographes au XIXe siècle, on ne peut rien dire à propos de l'ascendance paternelle d'Angilbert, si ce n'est que son père se nommait Nithard, possédait des biens dans le Saalgau et était marié à Richarde, fille du comte Jérôme, lui-même fils bâtard de Charles Martel. À la fin du VIIIe siècle, Angilbert était établi duc et gouverneur du Ponthieu ou plutôt de la Côte maritime.

Angilbert fut élevé à la cour de Charlemagne, où il fut l'élève et l'ami du grand érudit anglo-saxon Alcuin dont il devint le disciple. Il était destiné à l'état ecclésiastique et reçut le sacrement de l'ordre tôt dans la vie. Il acquit une grande connaissance des lettres et continua à se perfectionner dans cette voie sous la direction d'Alcuin tout le reste de sa vie en suivant les conseils d’Adalard de Corbie.

Au service de Pépin d'Italie (782 - 791)

En 782, lorsque Charlemagne envoya son jeune fils Pépin (777- 810) en Italie, comme roi des Lombards, Angilbert l’accompagna en qualité de primicerius palatii (archichapelain). En tant que chef du conseil de Pépin dont il était devenu l'ami, il assista ce dernier dans le gouvernement de l'Italie pendant un certain temps. Son rôle fut d’être un grand commis de l’État, laïc.

La défense des provinces maritimes (791-814)

À son retour en France, en 791, Angilbert fut chargé par Charlemagne de la défense et du gouvernement des côtes septentrionales de l'Empire, de l'Escaut à la Seine. Il établit sa résidence au château de Centula, en Ponthieu, près de l'endroit où se trouve l'abbaye fondée par Riquier. Il avait une grande dévotion pour ce saint abbé en raison des miracles qui s'opéraient autour de son tombeau. Atteint d'une grave maladie, il fit vœu de se faire religieux à Saint-Riquier s'il recouvrait la santé. À peine guéri, il dut défendre ses terres contre les irruptions des Vikings. Il remporta une grande victoire, qu'il attribua à l'intercession du saint, et dut dès lors accomplir son vœu.

Charlemagne utilisa les vertus et les talents d'Angilbert pour le bien public de l'Église et de l'État. Il en fit son chapelain et l'envoya trois fois à Rome en qualité d'ambassadeur auprès du pape. Il est certain qu'il était aimé et préféré par Charlemagne, car ce dernier l'appelait minister Cappellæ.

La première fois, en 792, quand il y mena Félix d'Urgell pour lui faire abjurer son hérésie devant le pape Adrien Ier.

En 794, il apporta à Adrien Ier un mémoire relatif au deuxième concile de Nicée et au culte des saintes images. En 795, Angilbert est nommé surintendant (provisor) des domaines royaux. En 796, il se rendit à nouveau à Rome pour s'assurer de la fidélité du peuple romain envers le nouveau pape Léon III et offrir des présents à la basilique Saint-Pierre.

Enfin, en 799, il accompagna Charlemagne qui venait de recevoir la couronne impériale. Il semble probable qu'Angilbert à cette période menait une vie très mondaine et en rien monastique.

Abbé de Saint-Riquier (791-814)

En 790, il se retira à l’abbaye de Saint-Riquier, sans quitter néanmoins son gouvernement.

À l'abbaye, Angilbert était, paraît-il, un sujet d'édification pour tous les religieux par une humilité sincère et les pratiques d'une austère pénitence. En 794, à la mort de l'abbé Symphorien, les moines, d'un commun accord, élurent abbé Angilbert pour le remplacer, et ce choix eut la pleine approbation de Charlemagne. Il n'était pas rare pour les princes mérovingiens, carolingiens ou plus tard capétiens d'être élus puis nommés abbés laïcs de monastères. Les non-religieux utilisaient les revenus du monastère pour leurs dépenses personnelles et les moines faisaient cadeau de leurs biens pour les dépenses de la fondation. Le nouvel abbé s'occupa tout à la fois du spirituel et du temporel de son abbaye, il dépensa sa fortune pour sa reconstruction, laquelle à Pâques de l'année 800, reçut la visite de Charlemagne. Il augmenta le nombre de religieux, rétablit l'observance de la règle dans sa première rigueur par ses exemples tout autant que par ses instructions, donna tous ses soins à la digne célébration des saints offices et enrichit son abbaye d'un grand nombre de reliques.

En 811, Angilbert souscrivit au testament de Charlemagne dont il était l'exécuteur des dernières volontés. Il fut l'un des témoins des dernières volontés de Charlemagne le 28 janvier 814. Il mourut peu de temps après l'empereur le 18 février 814 et fut inhumé en l'église du Saint-Sauveur et de Saint-Richard de son monastère.

En 1100, le pape Pascal II le déclara « saint ».

Angilbert vivait maritalement avec Berthe (Bertrada ou Berta), fille de Charlemagne et de Hildegarde de Vintzgau, née en 779 ou 780, morte un 11 mars, en 824 ou après. Ils eurent

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