Angélique Kidjo, de son nom complet Angélique Kpasseloko Hinto Hounsinou Kandjo Manta Zogbin Kidjo, née le 14 juillet 1960 à Ouidah au Dahomey (actuel Bénin), est une chanteuse, autrice-compositrice, actrice et chorégraphe béninoise. Installée successivement en France puis aux États-Unis elle est considérée comme l'une des principales figures de la musique africaine contemporaine. Son œuvre mêle les traditions musicales africaines à la pop, au jazz, au funk, au rock et aux musiques du monde.
Au cours de sa carrière, elle sort plus de vingt albums et collabore avec de nombreux artistes internationaux. Récompensée par cinq Grammy Awards et le Polar Music Prize en 2023, elle entre dans l'histoire en 2026 en devenant la première artiste africaine à recevoir une étoile sur le Hollywood Walk of Fame.
Engagée en faveur des droits des enfants, de l'éducation des filles et de l'égalité des sexes, elle est ambassadrice de bonne volonté de l'UNICEF depuis 2002. Elle fonde en 2006 la Fondation Batonga, consacrée à l'éducation des jeunes filles en Afrique subsaharienne.
Angélique Kidjo commence sa carrière à l'âge de six ans à travers la troupe de théâtre de sa mère et les danses traditionnelles du groupe Les Sphinx. Elle enregistre ensuite l'album Pretty qui contient les chansons Ninive et Gbe Agossi en hommage à Bella Bellow, une chanteuse togolaise qui fut l'une de ses sources d'inspiration. Cet album lui donne l'occasion d'entamer une tournée en Afrique de l'Ouest.
Plusieurs médias et critiques musicaux soulignent son influence internationale et son rôle dans la diffusion des musiques africaines. Le New York Times la décrit notamment comme « probablement la chanteuse internationale africaine la plus respectée. »
Naissance et contexte familial
Angélique Kpasseloko Hinto Hounsinou Kandjo Manta Zogbin Kidjo est née à Ouidah, une petite ville du sud ouest du Dahomey (actuel Bénin), le 14 juillet 1960. Son père du groupe ethnique Fon habitant à Ouidah, receveur des postes, et sa mère Yvonne Djiko du groupe ethnique Yoruba est directrice d'une troupe de théâtre et femme d'affaires. Angélique Kidjo est septième de leurs dix enfants.
Elle participe dès l'enfance aux activités de la troupe de théâtre de sa mère, ce qui fait naître en elle le goût pour les musiques et les danses traditionnelles. Elle commence à chanter au sein du groupe Les Sphinx et, adolescente, rencontre le succès grâce à son adaptation pour la radio nationale de la chanson de Miriam Makeba Les Trois Z. Elle enregistre ensuite l'album Pretty avec l'aide de son frère et du producteur camerounais Ekambi Brilliant. Cet album contient les chansons Ninive, Gbe Agossi et un hommage à Bella Bellow, une chanteuse togolaise qui fut l'une de ses sources d'inspiration. Cet album lui donne l'occasion d'entamer une tournée en Afrique de l'Ouest. Face au contexte politique du Bénin sous le régime communiste de Mathieu Kérékou, elle quitte le pays pour s'installer en France en 1983.
Années de déménagement et formation
En 1983, elle s'installe à Paris en France, où naît sa fille en 1993. Tout en travaillant pour payer ses frais de scolarité, Angélique Kidjo suit des cours de chant au Centre d'informations musicales (CIM), une école de jazz parisienne. Elle y rencontre le musicien et compositeur Jean Hebrail, qui écrit avec elle la majeure partie de sa musique. Elle est initiée à un nouveau rapport avec le français par l'écoute de Jacques Higelin, Serge Gainsbourg et Claude Nougaro.
États-Unis à partir de 1998 et premier Grammy Awards
Installée aux États-Unis à partir de 1998, elle poursuit sa carrière internationale et reçoit son premier Grammy Award en 2008 pour l'album Djin Djin sortie en 2007.
Son mariage avec Jean Hébrail, un Européen blanc est toutefois mal accepté par la communauté afro-américaine.
Concerts et tournées musicales
D'abord choriste de groupes africains de Paris, Angélique Kidjo devient en 1985 la chanteuse du groupe de jazz africain Pili Pili formé par le pianiste néerlandais Jasper van 't Hof. Elle collabore à trois albums de Pili Pili : Jakko (1987), Be In Two Minds (1988) produit par Marlon Klein et Hôtel Babo (1990). Elle enregistre un album solo, Parakou, pour le label de Jazz Open.
Angélique Kidjo est alors découverte à Paris par Chris Blackwell, le fondateur jamaïcain d'Island Records, la maison de disques de Bob Marley et U2. Il la signe en 1991 sur son label Mango. Elle enregistre quatre albums chez Island, jusqu'au départ de Chris Blackwell. En 2000, elle signe un contrat à New York avec le label Columbia Records, pour lequel elle enregistre deux albums.
En 1996, elle chante au Concert du Prix Nobel de la paix, qui rend hommage à Carlos Filipe Ximenes Belo et à José Ramos-Horta pour leur action au Timor oriental. En 2002, elle récidive et rend hommage au président américain Jimmy Carter. La même année, elle assure la première partie de Santana, notamment lors du concert à Bercy. En février 2003, Angélique Kidjo interprète Voodoo Child (Slight Return) de Jimi Hendrix au Radio City Music Hall de New York aux côtés de la légende du Chicago Blues Buddy Guy et du guitariste Vernon Reid (de Living Colour) pour le film, produit par Martin Scorsese, Lightning In A Bottle: One Night In The History Of The Blues, un documentaire sur l'histoire du blues avec de nombreux artistes de rock, de rap et de blues.
En novembre 2003, Angélique Kidjo chante au Cap, en Afrique du Sud, avec Peter Gabriel et Youssou N'Dour au grand concert pour la fondation de Nelson Mandela, 46664. En mai 2004, elle participe au concert « We Are The Future » produit par Quincy Jones à Rome devant 400 000 personnes. Le spectacle a lieu au cirque Maxime avec la participation d'Oprah Winfrey, Alicia Keys, Andrea Bocelli, Herbie Hancock, Angelina Jolie et d'autres stars internationales. En mars 2005, elle chante au concert Africa Live de Dakar devant 50 000 personnes. Le concert est organisé par Youssou N'Dour en faveur de la lutte contre le paludisme et de nombreuses autres stars africaines y participent. En juin 2005, elle participe au Live 8 concert, Eden Project présenté par Angelina Jolie et Peter Gabriel en Cornouailles au Royaume-Uni. En 2007, elle fait une reprise de la chanson Happy Xmas (War Is Over) de John Lennon avec sa fille pour la compilation Instant Karma: The Amnesty International Campaign to Save Darfur.