Le pic d'Aneto (jusqu'au XIXe siècle : Néthou) est le point culminant de la chaîne des Pyrénées avec une altitude de 3 404 m. Il se situe en Espagne, au nord-est de l'Aragon et de la province de Huesca, dans la comarque de Ribagorce.
En plein centre du parc naturel de Posets-Maladeta, il fait partie du massif de la Maladeta dont il constitue la partie sud-est avec le pic Russell.
Il existe des indices que les bergers et les chasseurs des vallées du sud le désignaient comme Malheta ou Malahita, voire Pointe, mais cela concernait plutôt la montagne dans son ensemble et est à l'origine du nom du massif de la Maladeta. Le point culminant des Pyrénées hérita du nom du petit village le plus proche, au pied de son flanc oriental : Aneto (es) (42° 33′ 16″ N, 0° 44′ 36″ E), situé près du cours d'eau de la Noguera Ribagorzana sur le territoire de la commune de Montanuy dans la Ribagorce. La dénomination du pic signifierait donc « lieu des aneths » bien que cette plante ne pousse pas à cette altitude. Dans la vallée de Bénasque, il existe une légende concernant la genèse de la montagne, racontant la mort du géant Aneto et le tombeau en forme de montagne qui lui a été édifié.
En France, le pic a été connu jusqu'au début du XXe siècle sous une forme francisée et phonétique, le « Nethou » : les Français, en entendant prononcer Anetou par les Aragonais, ont retenu les deux dernières syllabes phonétiques clairement accentuées, ne et tou, en ignorant la première syllabe a. La transcription en français a donné « Netou ». Plusieurs cartes de cartographes français postérieurs ont utilisé ce toponyme jusqu'à se référer au pic comme le « Nethou ». Et ce n'est pas la seule dénomination existante : Nelto, Nettou, Anetthou, Annetton, Anelthou, Nethom ou Aréthon sont les autres variantes historiques qui ont longtemps persisté. Finalement, c'est Émile Belloc qui, dans ses travaux sur l'étymologie, lui rendit son véritable nom, mais le Néthou résista longtemps. Cette nomenclature n'est plus utilisée actuellement, toutefois la prononciation Néthou est plus proche de l'originale que Aneto prononcé « à la française » (qui ignore l'accent tonique).
Le sommet se situe dans le parc naturel de Posets-Maladeta, dans la commune de Benasque, province de Huesca, communauté autonome d'Aragon, Espagne.
Il occupe l'extrémité orientale du massif de la Maladeta, l'arête qui le relie à la Maladeta plus à l'ouest dépasse les 3 000 mètres et se découpe en une file de pics appelés Coronas qui, avec la crête des portillons, donne en volume une image caractéristique. Sur sa face nord, à partir de 2 810 m approximativement, se trouve le glacier de l'Aneto, plus grand glacier des Pyrénées avec une superficie de 100 ha. Ce dernier est, tout comme beaucoup dans le monde, en régression franche en raison du changement climatique. On calcule que durant le dernier siècle il a perdu plus de la moitié de sa surface, et que d'ici 30 ou 40 ans il pourrait disparaître.
On peut découvrir une vue contrastée, le massif de la Maladeta enneigé au nord et le Haut-Aragon sombre et sec au sud. Le versant nord du massif est entouré par des vallées qui montent vers des passages naturels importants sur la frontière franco-espagnole mais aujourd'hui presque en désuétude. Ainsi, le col de Perdiguère à plus de 2 500 mètres sépare la montagne du territoire français et du val d'Aran. Le versant sud plus large, mais plus compact et par conséquent plus difficile d'accès, est séparé du piémont par les canyons des massifs des Posets et du sud de la Maladeta. À l'écart des vallées plus au sud, se trouve la station de ski alpin de Cerler.
Le sommet se trouve sur la ligne de partage des eaux mais forme comme un appendice sud à celle-ci : les eaux des faces occidentales et méridionales s'unissent dans les Ibones superior, medio et inferior, pour descendre ensuite jusqu'à la rivière Ballibierna une fois dépassé l'Ibonet de Coronas, elles rejoignent alors l'Ésera qui nait au nord du massif mais contourne celui-ci par l'ouest et file au sud se déverser dans le bassin de l'Èbre puis la mer Méditerranée, seule sur la face nord-est les neiges de l'Aneto et de son glacier s'infiltrent au niveau du trou du Toro ou Forau de Aigualluts dans un système karstique à quelque 2 074 m dans lequel les eaux disparaissent sous terre (une moyenne de 155 jours par an) et réapparaissent à 3,6 km de distance en ligne droite, à quelque 1 658 m d'altitude, en val d'Aran pour constituer l'une des sources de la Garonne et finir par conséquent dans l'océan Atlantique.
Le climat de l'Aneto est dit montagnard d'après la classification de Köppen.
Une telle concentration de sommets, tous de caractère nettement alpin, est le berceau des plus grands glaciers des Pyrénées, qui sont arrivés jusqu'au détroit de Ventamillo avec des épaisseurs de glace de plusieurs centaines de mètres. De nos jours, le réchauffement de la terre a réduit cette masse prodigieuse à onze névés qui totalisent trois cents hectares de surface. Sur les pentes de la montagne demeurent trois glaciers : le plus grand au nord appelé glacier de l'Aneto, celui des Barrancos avec celui des Tempêtes au nord-est et celui des Coronas ou le glacier Coronado au sud. Le reste ne peut pas être défini comme glaciers sans entrer dans des polémiques, puisqu'ils ont perdu toute mobilité et ne se comportent plus comme tels. Il faut citer ici les névés de Cregüella, d'Alba et Salenques, en important recul. Cependant, même considérés comme névés, leur passé de glaciers les a maintenus jusqu'à nos jours et il est prévu que leur cœur de glace supporte encore des décennies.
On ne connait pas avec certitude le début du processus de dégel, mais il s'est vertigineusement accéléré ces dernières décennies. Actuellement, la diminution d'enneigement pendant l'hiver et l'augmentation de la température en été réduisent énormément leur maintien. Durant les années antérieures à 2006 a eu lieu le plus grand recul des glaciers pyrénéens, à l'exception de ceux orientés au sud, sur lesquels a été accumulée la neige par les temps venant du nord. En 2007 et 2008, des printemps humides ont apporté de la neige abondante aux trois mille de la chaîne pyrénéenne. Ensuite, deux étés non spécialement chauds et quelques neiges précoces en automne 2007 ont stoppé la fonte des glaciers de l'Aneto et du reste des Pyrénées.
On prévoit qu'à partir de la moitié du XXIe siècle les glaces perpétuelles de l'Aneto et de toutes les Pyrénées puissent disparaître. Ceux qui prévoient l'évolution la plus rapide indiquent 2050 comme date de fin des 100 hectares qui restent aujourd'hui, des 250 de 1842.
La singularité du massif et son attrait ont rendu propice l'abandon presque total des activités agricoles et d'élevage, remplacées par les activités touristiques. Par conséquent, la flore et l'environnement jouissent d'une conservation impeccable, spécialement dans des pentes et les massifs, dont les forêts restent à l'état primaire.
Étage neigeux ou alpin supérieur
L'étage nival, qui atteint les 3 404 mètres d'altitude, est celui qui présente davantage de difficultés pour le développement de la vie. Les conditions atmosphériques dures que doivent supporter les plantes tout en haut des pics, du haut des crêtes requiert le développement d'une extraordinaire capacité d'adaptation. Il existe une série de facteurs à supporter comme la forte insolation, les basses températures et de courts cycles végétatifs face à la présence de neige la plus grande partie de l'année.
La végétation arborescente étant totalement absente, cet étage est colonisé par plus de 100 espèces végétales comme des lichens, des algues microscopiques, des mousses et des plantes grasses. Il est à souligner la présence de l'Androsace vandelli, que l'on rencontre jusqu'à 2 800 mètres, et la Silene acaulis. 20 % de ces espèces sont endémiques des Pyrénées.
Dans les zones inférieures et moyennes de l'étage alpin (à partir des 2 200 mètres) le sol est herbeux, constituant la pâture d'élevage estivale traditionnelle. Le monde des fleurs qui vivent ici est vaste : Myosotis, fleur de neige, Anémone sylvie, Lys pyrénéen, borderea pyrénéenne, gentianes, orchidées, saxifrage pourpre, réglisse de montagne, etc.