Andrée Chedid (en arabe : أندريه شديد), née Andrée Desaab (en arabe : أندريه صعب) le 20 mars 1920 au Caire (sultanat d'Égypte) et morte le 6 février 2011 à Paris 15e (France), est une femme de lettres et poétesse franco-égypto-libanaise.
Elle écrit son premier roman en 1952 et écrit des nouvelles, des poèmes, des pièces de théâtre, des romans, et de la littérature jeunesse. Les héroïnes de ses œuvres sont décidées, prêtes à tout pour atteindre leur objectif.
Elle déclare son humanisme entre autres avec son livre Le Message, écrit en 2000, en écrivant sa colère envers la guerre et la violence, à travers deux amants séparés par des guerres.
Andrée Saab est la fille de Selim Saab (chrétien maronite né à Baabda, dans le moutassarifat du Mont-Liban) et d'Alice (née Khoury-Haddad en 1900 dans la communauté grecque orthodoxe de Damas, alors dans le vilayet de Syrie, et plus tard remariée au docteur Roger Godel).
Le 23 août 1942, elle se marie à Louis Selim Chedid (1922–2021), issu d'une famille bourgeoise maronite du Caire, également d'origine libanaise. Alors étudiant en médecine, celui-ci deviendra chercheur en biologie, d'abord au Centre national de la recherche scientifique, puis en tant que professeur de l'Institut Pasteur. Il est l'auteur de plusieurs livres parmi lesquels, avec son épouse, Le cœur demeure et Babel. Il a retracé son autobiographie dans Mémoires vagabondes.
Andrée Chedid est la mère de Michèle Chedid-Koltz et de Louis Chedid, et la grand-mère de plusieurs enfants dont Matthieu Chedid, aussi connu sous le nom d'artiste de -M-, Émilie Chedid, Anna Chedid, Joseph Chedid ainsi que leur cousine Beryl Koltz.
Elle a fait ses études en Égypte dans des écoles égyptiennes puis françaises, avant d'intégrer l’Université américaine du Caire. Elle y obtient un baccalauréat universitaire en journalisme en 1942.
En 1943, elle part vivre au Liban avec son mari. Elle publie son premier recueil de poésie, en anglais, On the Trails of My Fancy, sous le pseudonyme A. Lake. En 1946, elle s’installe définitivement à Paris : son mari est professeur à l’Institut Pasteur. Tous les deux acquièrent la nationalité française. Elle opte alors définitivement pour la langue française, dans laquelle elle publiera le reste de son œuvre, passionnée de dictionnaires où elle avouera aimer se perdre « d'un mot à l'autre, d'un monde à l'autre, d'une notion à l'autre, tel que dans un voyage » (ou plus tard du surf sur la Toile).
Andrée Chedid a été atteinte de la maladie d'Alzheimer. Son fils, Louis (avec la chanson Maman, maman), puis son petit-fils Matthieu, alias -M-, (dans Délivre), évoquèrent tous deux la maladie de l'autrice. Ses obsèques ont lieu à l'église Notre-Dame du Liban, à Paris, avant son inhumation au cimetière du Montparnasse (3e division).
Andrée Chedid a évoqué sa maladie dans son dernier recueil de poèmes, L’Étoffe de l'univers.
Son veuf, le professeur Louis Selim Chedid, se remariera avec Françoise Audibert, une ancienne collaboratrice de laboratoire, avant de décéder lui-même dix ans et un mois jour pour jour après elle, le 6 mars 2021, à l'âge de 98 ans.
Son œuvre est un questionnement continuel de la condition humaine et des liens entre l’homme et le monde. Andrée Chedid, dans toute son œuvre, célèbre la vie mais garde conscience de sa précarité. Elle encourage chaque homme à accepter l’altérité. Son style travaillé se caractérise par sa fluidité. Elle évoque l’Orient avec une grande sensualité pour mettre en avant ses parfums. Elle s’attache aussi à décrire la guerre du Liban.
L’œuvre d’Andrée Chedid est attentive à la question de la condition de la femme. Dans plusieurs de ses récits, elle propose « une réécriture de l’histoire de façon à donner voix et existence à ces figures le plus souvent laissées dans les marges du discours historiographique que sont les femmes ».
Prix pour un ouvrage écrit en langue française par un étranger 1960 de l’Académie française
Prix Mallarmé 1976 pour les recueils de poésie Fraternité de la parole et Cérémonial de la violence
Prix Goncourt de la nouvelle 1979 pour Le Corps et le Temps
Prix Pierre-de-Régnier 1986 de l’Académie française pour l'ensemble de son œuvre
Grand prix de poésie de la SGDL (Société des gens de lettres) 1990