André Stil est un écrivain et journaliste français né le 1er avril 1921 à Hergnies, dans le Nord, et mort le 3 septembre 2004 à Camélas (Pyrénées-Orientales).
Journaliste communiste, il a été le rédacteur en chef du quotidien Ce soir en 1949, puis de L'Humanité, de 1950 à 1958, et à ce titre emprisonné pendant un mois et demi en 1952 puis pendant six mois en 1953.
Romancier prolixe, il est le seul Français à avoir reçu, en 1952, le prix Staline, considéré comme le "Nobel des pays communistes".
Il a été par la suite juré du prix Goncourt pendant plus d'un quart de siècle, de 1977 à sa mort.
Issu d'un milieu ouvrier, fils d'un tailleur et d'une mère au foyer, il grandit à Hergnies, petite ville du bassin minier du Nord proche de la frontière belge, dans un foyer qu'il décrit comme heureux malgré le manque d'argent. Montrant tôt des capacités pour l'étude et un goût pour l'écriture, il est inscrit au lycée Henri-Wallon de Valenciennes, où il fait partie des élèves les plus pauvres. Il est moqué pour cette raison, ce qui lui endurcit le caractère. « Ma vie ici, elle m'a marqué pour toujours, y compris physiquement », dira-t-il à la télévision en 1979.
Il obtient le baccalauréat, devient instituteur en 1940 et se marie. Puis il est enseignant dans le secondaire au Quesnoy à partir de 1942. Il se consacre de plus en plus à l'écriture, publiant de la poésie surréaliste dans La Main à la plume.
En relation avec les membres du groupe de La Main à Plume, notamment Noël Arnaud, il publie à partir de 1943 des pages de poésie surréaliste intitulées "Feuillets du Quatre Vingt et Un".
Premier texte de prose en 1945
À l'automne 1945, il écrit son premier texte de prose : « Le soleil, l’air, l’eau, les rêves et les dimanches entrent dans la bataille du charbon », consacré à la « bataille du charbon », pour saluer le discours de Waziers du 21 juillet 1945 dans lequel Maurice Thorez, numéro un du PCF, demande aux mineurs de travailler plus, suscitant l'incompréhension de résistants qui ne comprennent pas que Thorez prône la journée de dix heures ou voudraient que soient d'abord écartés les ingénieurs des mines ayant collaboré pendant la guerre.
André Stil envoie ce texte à Louis Aragon, qui le fait publier dans la revue Europe de février 1946. André Stil, qui est responsable pour le Nord de l'Union nationale des intellectuels née de la fédération en 1945 des différentes organisations catégorielles d’intellectuels (écrivains, médecins, musiciens, etc.), a aussi invité Aragon à visiter sa région et l'écrivain accepte immédiatement, les 18 et 19 mars 1946 pour descendra au puits de mine no 7 de Dourges-Dahomey, où avait commencé la prestigieuse grève des mineurs de mai-juin 1941 contre l'occupant allemand, avec en projet le roman qu'il commencera à publier en 1949, Les communistes.
« Les récits tiennent à la fois du reportage au plus noble sens du mot et du roman » applaudit dans la revue Europe le 27 avril 1949 un autre protégé d'Aragon, le journaliste Pierre Daix, tandis que le livre suivant montrera « sa disposition à enregistrer tout ce qui se passe sur l'écran psychologique d'un personnage », selon la critique du linguiste Jean Varloot, dans La Pensée du 31 juillet—août 1950.
Le premier livre d'André Stil, intitulé Le Mot « mineur », camarades..., est en fait un recueil de ses nouvelles rédigées durant la bataille du charbon. Il est publié en 1949 grâce à Aragon qui est fasciné par cette corporation. Aragon l'a encouragé à écrire, a fait publier ses textes dans des périodiques communistes (Europe, Les Étoiles, les Lettres françaises) et l'a édité : « Et un moment est venu où il m’a conseillé de faire de tout cela un livre, qu’il a édité, et défendu comme il sait le faire », témoigne-t-il ultérieurement. Il devient l'ami et le protégé d’Aragon.
Le patron de presse communiste
Communiste, il rejoint la Résistance, au sein des groupes Voix du Nord et Front national, puis participe aux combats de la Libération du Quesnoy. Il adhère au Parti communiste français en septembre 1944.
Cette expérience de la guerre le convainc d'abandonner la poésie pour devenir un écrivain réaliste proche du peuple, dans la droite ligne du réalisme socialiste. Fin 1944, il part étudier à Lille, obtenant une licence de lettres et un DES de philosophie. Il devient rédacteur en chef de Notre Nord, supplément dominical du quotidien communiste Liberté.
Rédacteur en chef adjoint du quotidien Ce soir
Aragon le nomme le 27 mai 1949 rédacteur en chef adjoint du quotidien parisien qu'il dirige, Ce Soir, Stil s'étant aussi lié à Laurent Casanova, le responsable aux intellectuels du PCF, proche d'Aragon, avec qui ce dernier défend son idée d’une voie française « vers le réalisme socialiste ». Il était alors membre permanent du comité fédéral du département du Nord, secrétaire de la section communiste du Quesnoy et candidat au conseil général dans le canton du Quesnoy en 1949. Il se distingue cette année-là lors de la célébration des 70 ans de Staline, en écrivant une nouvelle, Le cadeau à Staline qu'il décrit comme « l'homme que nous aimons le plus ».
Rédacteur en chef du quotidien L'Humanité