André Rosevègue, né André Rozencweig le 16 octobre 1945 à Talence (Gironde), est un enseignant et militant syndicaliste, associatif et politique français.
Engagé au sein de mouvements trotskistes, altermondialistes, pacifistes et antisionistes, il est notamment membre du syndicat national des enseignements de second degré (SNES), de la ligue communiste révolutionnaire (LCR) et de l'union juive française pour la paix (UJFP).
André Rozencweig naît le 16 octobre 1945 à Talence, dans l'agglomération de Bordeaux. Il est le fils de Michel Rozencweig et de Rosa Mitchnik, juifs polonais athées et laïcs nés respectivement à Varsovie et Odessa qui émigrent en France vers 1925 pour suivre des études de médecine à l'université de Montpellier. Ils militent au Parti communiste français avant la Seconde Guerre mondiale. Michel Rozencweig résiste au sein du Front national et des francs-tireurs et partisans puis rejoint fin 1944 le 6e bataillon de chasseurs alpins où il reste jusqu'en 1948. Il obtient la nationalité française (qui lui avait été refusée en 1937) en 1947 et francise son nom en Rosevègue. Il devient médecin inspecteur de la santé et sa femme médecin scolaire. Ils votent PCF sans être encartés et sont syndiqués respectivement au CGC des inspecteurs de santé et au syndicat national des médecins scolaires (FEN). Ils ont trois fils : Georges Rosevègue (d), né en 1941, directeur de la maison de la culture du Havre, André et Pierre, né en 1949. Ils s'installent au Havre en 1950.
André Rosevègue étudie au lycée François-Ier du primaire au secondaire (1950-1962), où il obtient son baccalauréat (série sciences expérimentales). Il étudie un an en hypokhâgne au lycée Malherbe de Caen (1962-1963) puis en licence de sociologie à l'université de Caen (1963-1967). Il est brièvement moniteur en sociologie à l'université de Bordeaux (1966-1967), puis chargé d'études sur l'emploi à la direction générale du Travail de Caen puis de Paris en 1968. La même année, il obtient le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement technique (CAPET) en sciences techniques et économiques (STE). EN 1969, il est six mois professeur stagiaire au lycée de Massy-Palaiseau puis professer certifié en STE puis en sciences économiques et sociales en 1972. Il enseigne au lycée Claude-Monet du Havre de 1969 à 1977, au lycée Laure-Gatet de Périgueux de 1977 à 1982 et au lycée Bertran-de-Born dans la même ville de 1982 à 1993. Il réussit le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré (CAPET) en 1994 et devient professeur documentaliste au collège de Guîtres de 1994 à 1995 puis au collège du Grand Parc à Bordeaux de 1996 à sa retraite en 2005. Pendant sa carrière, il est membre du groupe académique de formation de formateurs « Sexualité et prévention des MST » (1996-2002), coordinateur de l'initiative « Collège au cinéma » et animateur de ciné-clubs de lycéens.
André Rosevègue milite au début de ses études à l'Union nationale des étudiants de France puis à l'union des étudiants communistes de 1963 à 1966. Il en est le secrétaire pour Caen dès 1964 et participe à la rédaction de son bulletin L'Étincelle. Il rejoint la confédération générale du travail en 1968 au ministère des affaires sociales, puis le syndicat national des enseignements de second degré (SNES) en janvier 1969. Membre de la tendance « École émancipée », il est élu à plusieurs reprises au sein de bureaux de sections d'établissements, des bureaux de sections départementales, de commissions administratives départementales ou des bureaux des sections académiques de Rouen et Bordeaux. Il est membre de l'équipe responsable de la tendance de 1970 à 1972 aux côtés de Michel Chauvet (d), puis du bureau national du syndicat de 1971 à 1975. Il s'intéresse aux questions de droits et libertés, d'éducation sexuelle et d'environnement.
Il effectue son service militaire du 1er octobre 1972 au 12 septembre 1973 au sein du 51e Régiment d’infanterie d'Amiens. Le 1er mai 1973, il participe au défilé du Front des soldats, marins et aviateurs révolutionnaires (FSMAR). Il prend part aux comités de soldats et au comité de défense des appelées après un accident faisant huit morts dans son régiment à l'occasion duquel il organise au Havre une conférence de presse avec deux autres havrais du 51e régiment. Il siège à nouveau au bureau national du SNES de 1983 à 1989 et au conseil fédéral de la fédération de l'Éducation nationale (FEN) de 1985 à 1989 puis participe à la création de la fédération syndicale unitaire (FSU). Il est égalent commissaire paritaire académique, représentant de la FNES et la FSU au Comité Hygiène et Sécurité de Gironde et de l'académie de Bordeaux.
Il est brièvement membre de la cellule du Parti communiste français de Caen. Il en est exclu en mai 1965 parce qu'il a rejoint le Parti communiste internationaliste en février sous le pseudonyme « Sadose ». En avril 1966, avec Alain Krivine et Daniel Bensaïd, il crée la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR). Il y côtoie aussi bien des enfants de notables (médecins, comme ses parents, chefs d'entreprises) mais aussi des militants issus de familles ouvrières, comme Gérard Filoche. Il participe à la rédaction de L'Étincelle, devenue le bulletin de la section de Caen de la JCR et y milite jusqu'à sa dissolution le 12 juin 1968. Il participe à la rédaction de Rouge de d'octobre 1968 à juin 1969. Il rejoint la Ligue communiste dès sa création en 1969 sous le pseudonyme « Milos », du nom du poète polonais engagé Czesław Miłosz, dont il est membre de la commission nationale enseignante et du comité central de 1969 à 1971. Il participe à la construction de la section du Havre de la LC (devenue Ligue communiste révolutionnaire, LCR, en 1973) jusqu'en 1977. En 1971, à l'occasion du centenaire de la Commune de Paris et en collaboration avec des militants anarchistes, les militants de la section débaptisent la place Thiers en place Eugène Pottier. Leader de la section, il participe à la rédaction du journal La Lutte continue et à sa diffusion, notamment sur l'usine Renault de Sandouville, ce qui permet de recruter plusieurs ouvriers industriels et portuaires.
À Périgueux, il collabore au bulletin de la LCR Le Petit Rouge du Périgord, journal ouvert à l'occitanisme et aux questions agricoles. Il est candidat à trois reprises aux élections législatives pour la LCR (devenue Nouveau Parti anticapitaliste, NPA, en 2009) : en 1980 dans la 2e circonscription de la Dordogne, en 2007 dans la 3e circonscription de la Dordogne et en 2012 dans la 1re circonscription de la Dordogne. Il mène la liste À gauche vraiment aux élections municipales de 2008 à Talence. Il quitte le NPA le 8 juillet 2012 après la campagne présidentielle de Philippe Poutou et la minorisation dans le parti de la ligne Gauche anticapitaliste par les anciens de Lutte ouvrière et de Voix des travailleurs, tout en restant membre de la Quatrième Internationale. Il rejoint alors le Front de gauche et Ensemble !. Il contribue à organiser la deuxième université d'été du parti en août 2015.
Engagement associatif et pacifiste
Anti-impérialiste, il participe au Comité Vietnam national avant 1968 puis au Front Solidarité Indochine et fonde au Havre un Comité de soutien aux exilés des départements d’outre-mer soutenu par la LC, le Parti socialiste unifié et la Ligue des droits de l'homme. Le 22 janvier 1970, avec quatre camarades, il s'enchaine aux grilles de la sous-préfecture pour s'opposer à l'« affectation autoritaire en métropole » de sept fonctionnaires d'outremer . Il participe à la fondation du Comité de solidarité avec la lutte révolutionnaire du peuple chilien. À Périgueux, il fait partie de Solidarité Internationale Dordogne de 1988 à 1993. À Bordeaux, il participe à la création d'« Espaces Marx Aquitaine Bordeaux Gironde » où il anime un atelier sur les langues et cultures régionales. Il crée en 2004 les rencontres cinématographiques « La classe ouvrière, c’est pas du cinéma » en collaboration avec Espaces Marx et le réseau de cinémas indépendants Utopia, qu'il coordonne jusqu'en 2011. En 2009, il contribue à la réédition de Bordeaux et la Commune de Jacques Girault aux éditions Fanlac.