Ce Jour-là

André Laignel

Homme politique français

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André Laignel, né le 4 décembre 1942 à Paris (14e), est un homme politique français.

Membre du Parti socialiste, il est maire d'Issoudun de mars 1977 à mars 2026, il est premier vice-président délégué de l'Association des maires de France (AMF) et président du Comité des finances locales (CFL) jusqu'au 27 mars 2026 ou il démissionne de tous ces mandats.

Il naît le 4 décembre 1942 d'un père balayeur et d'une mère cartonnière. A l'âge de 14 ans, il arrête l'école et fait des petits métiers entrecoupés de périodes de chômage. Il travaille notamment comme manutentionnaire au Comptoir national d'escompte de Paris. Il est licencié pour avoir distribué des tracts de la CGT et du Parti communiste, dont il sera adhérent jusqu'à 21 ans. Appuyé par une amie « intellectuelle », qui elle a eu son bac, et encouragé par l'exemple du philosophe Gaston Bachelard devenu docteur d'État à vingt-sept ans sans avoir été bachelier, il passe une capacité en droit pendant son service militaire. Le niveau élevé des résultats qu'il obtient lui permet de s'inscrire en faculté sans avoir son baccalauréat. Il étudie tout en travaillant, puis devient assistant à la faculté Paris-I. Il y obtient un doctorat en droit. Il est également diplômé de science politique et enseigne les sciences économiques à l'université Paris I jusqu'en 1981.

Politique locale (depuis 1968)

En 1968, adhérent au PS, il vient dans l'Indre aider Charles Hernu qui brigue la circonscription de Châteauroux, sans y parvenir. A cette occasion, André Laignel décide de s'implanter à Issoudun. Il échoue dans un premier temps aux cantonales puis aux municipales. Il persévère et remporte le canton d'Issoudun-Sud en 1976, où il est élu conseiller départemental, une fonction qu'il conserve jusqu'en 2004. Il devient maire d'Issoudun en 1977. En 1994, il devient président de la communauté de communes du Pays d'Issoudun (CCPI) nouvellement créée.

De 1979 à 1985, il préside le conseil général de l'Indre. Il est alors le plus jeune président de conseil général de France.

De 2001 à 2012, il est secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF) et, en 2012, devient membre du comité des finances locales.

En 2004, il brigue la présidence de l'AMF : alors que la carte politique des maires de France est traditionnellement ancrée à droite, il réussit à provoquer un second tour de scrutin, en raison notamment de la défiance de nombreux élus locaux face à la décentralisation menée par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. En 2008, il est le seul candidat en lice contre le président sortant Jacques Pélissard. Il réalise le meilleur score d'un candidat de gauche à cette élection avec 42,69 % des bulletins exprimés. En 2012, il devient premier vice-président exécutif de l'Association des maires de France (AMF), poste nouvellement doté de pouvoirs élargis afin d'assurer au mieux la codirection paritaire de l'association.

Il préside également l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales, installé le 18 octobre 2016 par le ministre chargé des collectivités territoriales et le secrétaire d’État chargé du budget en remplacement de l'Observatoire des finances locales. Il est donc le signataire du rapport annuel sur l'état des finances des collectivités locales.

Il est réélu à ce poste le 5 septembre 2017, à l'unanimité des voix des membres du CFL.

Il est chargé en 2012 d'une mission sur la coopération internationale, destinée entre autres à proposer des actions visant à renforcer la coopération décentralisée par le quai d'Orsay.

Aux élections municipales de 2014, il est réélu au 1er tour avec 67,73 % des suffrages, le plus haut score qu'il ait jamais réalisé depuis son élection à la fonction de premier magistrat de la ville.

Le 14 février 2020, il annonce se présenter à nouveau aux élections municipales des 15 et 22 mars, concluant sa conférence de presse par une référence à la Saint-Valentin : « C’est une déclaration d’amour à Issoudun, cette ville qui m’a tant donné, cette ville que j’aime, que je fais en ce 14 février. » Le 15 mars 2020, la liste qu'il conduit l'emporte au premier tour des élections municipales avec 74,60 % des suffrages exprimés, lui octroyant 30 sièges sur 33 au conseil municipal.

Candidat pour un 9e mandat lors des élections municipales de 2026, il est battu par une liste menée par Julien Dubot, rassemblant pas moins de 4 anciens adjoints d'André Laignel, Julien Dubot étant lui même le gendre de l'un d'eux. Il est défait le 22 mars, en recueillant un peu plus de 46% des suffrages.

Député à l'Assemblée nationale (1981-1988)

Il est député de l'Indre et trésorier du PS de 1981 à 1988.

Lors du débat sur les nationalisations, il fait partie de ceux qui défendent la thèse maximaliste, c'est-à-dire une nationalisation à 100%, aux côtés de Pierre Joxe, des mitterrandiens, et des élus du CERES, tandis que les rocardiens plaident pour de simples prises de participations majoritaires (51 % du capital). Le projet du gouvernement sur les nationalisations est amendé par l'opposition, et les débats à l'Assemblée nationale sont durs et longs (118 heures de débat entre le 13 et le 26 octobre 1981). André Laignel s'y fait remarquer le 13 octobre en lançant à un opposant politique du RPR, Jean Foyer, une réponse qui fera date et sera régulièrement dévoyée car tronquée et sortie de son contexte : « vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire ». Le 21 octobre, alors que Michel Berson accuse la droite de vouloir empêcher la nationalisation de Suez et Paribas pour préserver des intérêts personnels, André Laignel, en général « perturbateur attitré » du groupe socialiste, se réjouit de la diatribe anticapitaliste de son collègue et déclare à la presse : « La lutte des classes est enfin entrée au Palais-Bourbon ».

D'une manière générale, Le Monde décrit André Laignel comme un gardien de « l'orthodoxie socialiste », qui veille à ce que son groupe ne « dérive » pas, et qui aide Pierre Joxe à « assurer la bonne marche d'un groupe socialiste parfois tenté par la dispersion ». André Laignel est « là pour transmettre les consignes, vérifier qu'elles sont correctement appliquées, donner le signal des huées et des applaudissements ». Ce rôle de « chien de garde » lui vaut quelques inimités et un surnom : « Joxe-terrier ».

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