Ce Jour-là

André Léo

Romancière, journaliste et féministe française

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Victoire Léodile Bera, dite André Léo, née le 18 août 1824 à Lusignan et morte le 20 mai 1900 à Saint-Maurice, est une romancière française, journaliste militante féministe entre socialisme et anarchisme, membre de l’Association internationale des travailleurs, nom officiel de la Première Internationale.

André Léo rédige de nombreux articles pour des revues sociales et s'engage dans des associations pour le droit des femmes, pour leur éducation et pour l'égalité au travail. Elle est très active pendant la Commune de Paris, écrivant de nombreux articles, faisant des discours et s'engageant auprès de plusieurs associations. Le 18 septembre 1870, elle est arrêtée avec Louise Michel lors d'une manifestation réprimée par l'armée.

Elle s'exile en Suisse, où elle continue à rédiger des discours et des articles. Elle s'oppose à Karl Marx, à qui elle reproche son autoritarisme. Puis elle voyage en Europe et rentre en France après l'amnistie de 1880. L'importance de ses prises de position féministes militantes et de son œuvre littéraire suscite aujourd'hui un renouveau d'intérêt.

Victoire Léodile Bera naît 18 août 1824 de Thalie Belloteau et de Louis Zéphirin Bera à Lusignan, dans la maison sise au no 4 de la place où se trouve aujourd'hui la mairie. Elle y demeure jusqu’en 1830, quand sa famille part s'installer non loin de là, à Champagné-Saint-Hilaire.

Elle grandit dans un milieu cultivé de la bourgeoisie éclairée. Son grand-père fut un révolutionnaire, fondateur en 1791 de la Société des amis de la Constitution. Son père, qui a été officier de marine, était notaire à Lusignan et devient ensuite juge de paix.

Après le coup d'État de Napoléon III du 2 décembre 1851, elle rejoint son fiancé, le journaliste Grégoire Champseix, intellectuel progressiste disciple de Pierre Leroux, rédacteur de La Revue sociale condamné à 18 mois de prison en 1849. Ils se retrouvent en Suisse où il réside depuis le printemps de 1849. Ils s'y installent et s'y marient le 20 décembre de la même année à Assens, dans la région de Lausanne, avec le consentement du père de Léodile Béra. Ils ont deux enfants de leur union nés le 8 juin 1853, André et Léo. Mais Grégoire meurt en 1863 laissant Léodile Béra seule pour élever ses enfants.

Engagement social et féministe

C'est depuis la Suisse que Léodile Bera publie son premier roman, écrit dans la Vienne, Une vieille fille, en 1859, bien que cette première édition Bruxelloise soit noté à tort 1851. Ce premier roman est signé Léo, contraction de son prénom Léodile, et sera suivi de nombreux autres qui vont lui assurer une réelle notoriété dans le monde des lettres. Elle prend plus tard le pseudonyme d’André Léo, qui reprend son précédent pseudonyme mais aussi les prénoms de ses deux fils jumeaux et vit de sa plume comme romancière et journaliste.

En 1864, elle entre à la Société des gens de lettres.

Dans la revue La Coopération, elle publie en 1867 des reportages sur l'égalité des sexes dans le travail et milite pour la défense du droit d'association.

Revenue à Paris en 1860, elle s’engage avec les républicains, milite avec la féministe Paule Mink et l'anarchiste Louise Michel. Elle adhère à l'Association Internationale des Travailleurs fondée à Londres en septembre 1864. En 1866, elle crée l'« Association pour l'amélioration de l'enseignement des femmes » et en 1868, elle publie un texte défendant l'égalité des sexes qui est à l'origine de la première vague féministe en France.

Très liée à Noémie Reclus et aux frères Élie et Élisée Reclus, c'est chez elle, en 1869, qu'est créée la « Société (mixte) de revendication des droits de la femme ». Marie La Cécilia est la secrétaire de cette société et les deux femmes resteront amies longtemps. Avec Noémie, Léo projette la création d'une école primaire laïque de jeunes filles pour laquelle La Cécilia serait professeur de comptabilité mais la guerre de 1870 contrarie ce plan.

Pendant la guerre avec la Prusse, elle milite au sein du comité de vigilance de Montmartre et, le 18 septembre 1870, elle est arrêtée avec Louise Michel lors d'une manifestation réprimée par l'armée.

Elle fonde le journal La République des travailleurs et participe à la Commune de Paris. Membre du Comité des citoyennes du 17e arrondissement, elle collabore alors à l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés.

André Léo écrit un « Appel aux consciences » (La Commune du 22 avril 1871 et La Sociale du 23). Outre ses éditoriaux dans La Sociale, elle rédige un appel « Au travailleur des campagnes » (signé « Les travailleurs de Paris » mais qui lui est attribué), publié dans La Sociale du 3 mai, « Le socialisme aux paysans ». La Commune l'édite à 100 000 exemplaires et tente de le diffuser par ballon en province. Charlotte Cosset et Gilles Malandain indiquent que « cette préoccupation – nouer le dialogue entre le prolétariat urbain et les travailleurs ruraux, déjouer le discours anti-Parisien de Thiers – est l’une des thématiques dominantes des textes d’André Léo durant l’insurrection. ».

« Ce que Paris veut, en fin de compte, c’est la terre au paysan, l'outil à l'ouvrier, le travail pour tous. La guerre que fait Paris en ce moment, c’est la guerre à l’usure, au mensonge, et à la paresse. »— attribué à André Léo, Au Travailleur des campagnesDans les débats de la Commune, elle est favorable à la lutte armée contre les Versaillais, mais quand la Commune décide de supprimer les journaux d'opposition, elle demande le respect sans condition de la démocratie : « Si nous agissons comme nos adversaires, comment le monde choisira-t-il entre eux et nous ? »— André Léo« La mise à l’écart des femmes, ou leur insuffisante intégration dans la lutte insurrectionnelle, est pour André Léo l’une des clés principales de son échec inexorable » soulignent Charlotte Cosset et Gilles Malandain. Parvenue à échapper à la répression de la Semaine sanglante en se cachant chez son amie Lucienne Prins, elle s'exile en Suisse, où elle vit avec le syndicaliste Benoît Malon, rencontré avant la commune. Les deux contractant un « mariage libre » en 1872 mais elle rompt en 1878 et se fixe à Formia, en Italie.

En 1871, elle publie à Neuchâtel, La Guerre sociale, où elle raconte l’histoire de la Commune, texte du discours qu’elle prononce au 5e congrès de la Ligue de la paix et de la liberté à Lausanne en septembre 1871. Elle adhère à l'Alliance internationale de la démocratie socialiste fondée par Bakounine. Elle collabore au journal La Révolution sociale dans lequel, anarchiste, elle se livre à de vigoureuses attaques contre Karl Marx, qu'elle juge autoritaire, et s'inquiète de l'influence politique grandissante qu'il gagne dans l'Association internationale des travailleurs, dont elle est également adhérente. Par ailleurs, Marx, dans une lettre à Friedrich Bolte datée du 23 novembre 1871, écrira à ce propos : « À Genève, sous le patronage de la bourgeoise Madame Andrée Léo (qui, au Congrès de Lausanne, eut l’impudence de dénoncer Ferré à ses bourreaux de Versailles), ils ont publié un journal, La Révolution sociale, qui mène des attaques contre nous dans des termes presque littéralement identiques à ceux du Journal de Genève, le journal le plus réactionnaire d’Europe ».

En 1878, elle prend une part éminente dans la publication de la revue Le Socialisme progressif, éphémère publication fondée par Benoît Malon.

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