André Chastel, né le 15 novembre 1912 à Paris et mort dans la même ville le 18 juillet 1990, est un historien de l'art français, spécialiste de la Renaissance italienne.
Admis à l'École normale supérieure en 1933, André Chastel suit les cours d'Henri Focillon en Sorbonne et devient agrégé de lettres en 1937. Par l'intermédiaire de Hugo Buchthal et Jean Seznec, il fréquente les chercheurs de l'Institut Warburg de Londres et est influencé par les travaux de Fritz Saxl et l'iconologie d'Erwin Panofsky, et notamment par l'ouvrage Dürers Melencolia I.
D'abord professeur de lycée (Le Havre), il est mobilisé en 1939 comme lieutenant, fait prisonnier et interné à l'Oflag III C de Lübben-Spreewald. Libéré en février 1942, il réintègre l'enseignement secondaire, nommé à Paris (lycée Voltaire, 1942-1944), Chartres (lycée Marceau, 1944-1945), Saint-Maur-des-Fossés (lycée Marcelin-Berthelot, 1948-1949), puis Paris de nouveau (lycée Carnot, 1949-1951). À l'été 1942, il est chargé de faire l'inventaire de l'atelier du peintre Édouard Vuillard.
Nommé assistant à l'institut d'art et d'archéologie de la Sorbonne de 1945 à 1948, il soutient en 1950 une thèse de doctorat ès lettres, sous la direction de l'historien Augustin Renaudet, intitulée « Art et humanisme à Florence au temps de Laurent le Magnifique. Étude sur la Renaissance et l'humanisme néoplatonicien », publiée en 1959 et plusieurs fois rééditée.
Il est élu directeur d'études à l'École pratique des hautes études (EPHE), où il succède à Augustin Renaudet, de 1951 à 1978. Il est également élu professeur à l'institut d'art et d'archéologie de la Sorbonne en juillet 1955, succédant à Pierre Lavedan. Il devient professeur au Collège de France, titulaire de la chaire Art et civilisation de la Renaissance en Italie, de 1970 à 1984. Il est élu membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1975. En 1979, il est désigné par l'assemblée des professeurs du Collège de France pour entrer au conseil d'administration de la fondation Hugot du Collège de France, où il siège jusqu'en décembre 1985.
Proche d'André Malraux à l'époque où celui-ci est chargé du ministère des Affaires culturelles, André Chastel est à l'origine, avec l'historien Marcel Aubert, de la création de l'Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France, le 4 mars 1964. Il est vice-président de la Commission nationale chargée de l'Inventaire de 1964 à 1974, puis président après la mort de Julien Cain (1974-1984).
Sous la présidence de François Mitterrand, il milite pour la création d'un institut d'histoire de l'art sur le modèle de l'Institut Courtauld de Londres, ce qui prend forme avec la création de l'Institut national d'histoire de l'art, en 2001.
Collaborateur du quotidien Le Monde, mais aussi de revues telles que L'Œil ou Médecine de France, André Chastel a fondé trois revues au cours de sa carrière :
L'Information d'histoire de l'art, 1957-1975 (destinée à diffuser les travaux de recherche de ses étudiants) ;
Art de France, 1961-1964 (avec le libraire Pierre Berès) ;
Revue de l'art, créée en 1968 (revue scientifique française de référence en histoire de l'art).
Il a exercé les fonctions de vice-président du Comité international d'histoire de l'art (CIHA) de 1969 à 1985, et de président du Centro internazionale di studi di architettura Andrea Palladio (it) (CISA Palladio, Vicence). Il a été membre de nombreuses sociétés savantes et académies : Société des antiquaires de France (1959) ; Instituto Veneto delle Scienze, arti e lettere, Padoue (1960) ; Accademia Toscana di Scienze e lettere la Colombaria, Florence (1972) ; Accademia Ateneo Veneto (1974) ; Académie d'Arcadie (1975) ; Académie des Lyncéens (1976) ; Accademia Olympica (1979).
Proche de plusieurs artistes de sa génération, comme Étienne Hajdu, André Masson et Nicolas de Staël, il s'est intéressé à l'art moderne et a écrit sur Édouard Vuillard, Nicolas de Staël, Léon Gischia et Sergio de Castro.
André Chastel a formé toute une génération d'historiens de l'art, conservateurs et universitaires, parmi lesquels Daniel Arasse (directeur d'études, EHESS), Pierre Arizzoli-Clémentel (conservateur général, musées), Françoise Boudon (CNRS), Georges Brunel, Monique Chatenet (CNRS), Sylvie Deswarte-Rosa (professeur, université Lyon-2), Bruno Foucart (professeur, université Paris 4-Sorbonne), Pierre Georgel (conservateur général, musées), Jean Guillaume (professeur, université Paris 4-Sorbonne), Françoise Hamon (conservateur, puis professeur, université Paris 4-Sorbonne), Dominique Hervier (conservateur général, Monuments historiques), Françoise Levaillant (directrice de recherche, CNRS), Christiane Lorgues-Lapouge, François Macé de Lépinay, Claude Mignot (professeur, université Paris 4-Sorbonne), Monique Mosser (CNRS), Daniel Rabreau (professeur, université Paris 1-Panthéon Sorbonne), Pierre Vaisse (professeur, université de Genève), Henri Zerner (professeur, université Harvard), etc.
Il repose au cimetière parisien d'Ivry (9e division).
Commandeur de la Légion d'honneur
Commandeur de l'ordre des Palmes académiques
Commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres