Ce Jour-là

André Bettencourt

Politicien français

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André Bettencourt, né le 21 avril 1919 à Saint-Maurice-d'Ételan et mort le 19 novembre 2007 à Neuilly-sur-Seine, est un journaliste, homme d'affaires et homme politique français.

Fondateur des journaux La France agricole et Le Courrier cauchois, dirigeant de la société de cosmétiques L'Oréal, il est député puis sénateur de la Seine-Maritime entre 1951 et 1995 et membre du gouvernement sous les présidences de René Coty, Charles de Gaulle et Georges Pompidou.

André Marie Joseph Bettencourt naît dans une vieille famille bourgeoise catholique normande ; selon le journaliste et auteur Bruno Abescat, les ancêtres d'André Bettencourt sont apparentés au navigateur Jean de Béthencourt. Sa mère, Marie-Jeanne de Chalendar, appartient à la famille de Chalendar, une vieille famille noble originaire du Vivarais. Son frère aîné, Pierre (1917-2006), deviendra écrivain, peintre et sculpteur.

Son père, Victor (1875-1946), est avocat à la Cour d'appel de Paris, conseiller général depuis 1934 de la Seine-Inférieure et maire depuis 1936 de Saint-Maurice-d'Ételan. Propriétaire terrien en Normandie, c'est un notable et un militant catholique : ancien vice-président de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF) avant 1914, il préside notamment l'Union des catholiques du diocèse de Rouen, affiliée à la Fédération nationale catholique, et l'Union catholique de la France agricole (UCFA), affilée également à la FNC et qui devient en 1939 la Ligue agricole catholique.

Étudiant en droit dans les années 1935-1937, résidant à l’internat des pères maristes situé au 104, rue de Vaugirard à Paris, il fréquente des membres de la Cagoule en compagnie de ses amis Pierre de Bénouville, Claude Roy et François Mitterrand.

Grâce à son père, il est secrétaire de la Jeunesse agricole catholique (JAC), d'où ses articles dans la rubrique « Jeunesses du monde » du quotidien Le Journal à propos de la JAC en 1939.

Il rencontre aussi Eugène Schueller, fondateur de L'Oréal (membre de la Cagoule) et père de sa future épouse, Liliane. C'est le début d'une longue carrière dans le groupe L'Oréal, en parallèle à sa carrière politique.

Le 8 juin 1950, il épouse Liliane Schueller, avec laquelle il a une fille unique, Françoise Bettencourt Meyers.

Il collabore entre décembre 1940 et février 1942 à l'hebdomadaire maréchaliste et pétainiste La Terre française, publié en zone occupée, dans lequel il rédige à partir de février 1941 la chronique « Ohé ! les Jeunes ! ». Il y loue Pétain, Georges Lamirand, la Révolution nationale et la collaboration.

Dans un article d'octobre 1941 intitulé « Nous dénoncerons… ? », il affirme que « les jeunes doivent être, dans chaque village, les agents du Maréchal, la police de la révolution. »

Le 12 avril 1941, il y écrit dans un texte à propos de Jésus et de Pâques :

« Les juifs, les pharisiens hypocrites n’espèrent plus. Pour eux l’affaire est terminée. Ils n’ont pas la foi. Ils ne portent pas en eux la possibilité d’un redressement. Pour l’éternité leur race est souillée par le sang du juste. Ils seront maudits de tous. Ils ont condamné Dieu sans même vouloir reconnaître leur ignominie, le regretter. »

Un autre article exprime de même un « violent antisémitisme aux sources religieuses » selon l'expression de l'historienne Bénédicte Vergez-Chaignon.

Ses écrits, longtemps oubliés, seront mis en lumière en 1994 par un ancien résistant et ancien déporté juif, l'homme d'affaires franco-israélien Jean Frydman, à la suite d'un litige financier qui l'oppose aux dirigeants de L'Oréal. Administrateur de Paravision, filiale audiovisuelle de L'Oréal, il a été évincé en 1989 par François Dalle, P-DG de L'Oréal et ami d'André Bettencourt, sous la pression de la Ligue arabe. Frydman révèle alors le passé pétainiste du milliardaire ainsi que celui de plusieurs autres dirigeants et cadres de L'Oréal sous l'Occupation, contraignant André Bettencourt à quitter la vice-présidence du groupe en décembre 1994. Frydman, dans une brochure, cite des extraits d'articles écrits par Bettencourt et l'accuse d'avoir été « pendant 21 mois un agent actif de la Propagandastaffel et (d'avoir publié) des articles qui, faisant l'apologie du national-socialisme, constituaient de véritables appels à l'anéantissement des Juifs, des francs-maçons et des résistants. » André Bettencourt plaidera en 1995 « l'erreur de jeunesse » et dira regretter « une vingtaine de lignes sur les Juifs ». De même, il arguera n'avoir pas su qui étaient les propriétaires de l'hebdomadaire : « Je n'en savais strictement rien. On m'a proposé cette chronique parce que j'étais connu comme dirigeant de la Jeunesse agricole chrétienne. Pour moi, c'était simplement un journal largement répandu dans les milieux agricoles. » Dans ses mémoires rédigés à l'intention de sa famille et de ses proches, il juge ses écrits « assez enfantin(e)s » et se justifie ainsi : « Dans le catholicisme de mon enfance, les juifs avaient tué le Christ, je ne connaissais pas de juifs, mais cette idée m'habitait. »

Les mémoires, qu'il dicte entre 1998 à 1999 à Diane de Clairval, ex-directrice de la Fondation Bettencourt Schueller, sont le témoignage d'un homme défait au passé terni par de sombres révélations. Ses Souvenirs tentent d'effacer l'accusation d'antisémitisme dont il fait alors l'objet, notamment aux yeux de son gendre Jean-Pierre Meyers, juif dont une partie de la famille a disparu dans les camps de concentration.

Bénédicte Vergez-Chaignon souligne que le contenu maréchaliste de ses articles passe dans les années 1990 au second plan au profit de ses deux articles antisémites. Elle souligne de même que l'hebdomadaire n'est pas une « feuille nazie » même s'il a été publié avec l'aval des Allemands et qu'il est racheté en mars 1942 par une société servant de prête-nom à un agent allemand de la Propagandastaffel.

Activités de Résistance alléguées

Ses mémoires mentionneront de faux états de service dans la Résistance. Au début de 1943, il serait entré dans la Résistance, au sein du Rassemblement national des prisonniers de guerre. Dans la nuit du 15 au 16 novembre 1943, il aurait aidé François Mitterrand à rejoindre Londres en avion. Il aurait été arrêté la même année par la Gestapo à Nancy et aurait été incarcéré, il se serait évadé et serait devenu agent de liaison du CNR en Suisse, puis membre de la délégation à Berne du gouvernement d'Alger. Cependant, son rôle à Genève a été contesté par le député suisse Charles Poncet, de même Serge Klarsfeld déclare n'avoir trouvé aucune preuve de l'engagement de Bettencourt avant juillet 1944.

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