Ce Jour-là

Ana Brnabić

Femme politique serbe

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Ana Brnabić (/âna bř̩nabit͡ɕ/ ; en serbe cyrillique : Ана Брнабић) est une femme d'État serbe membre du Parti progressiste serbe (SNS), née le 28 septembre 1975 à Belgrade. Elle est présidente du gouvernement du 29 juin 2017 au 20 mars 2024 et présidente de l'Assemblée nationale depuis cette date.

Formée aux États-Unis et au Royaume-Uni, elle revient en Serbie en 2002. Elle s'engage dans la promotion des énergies renouvelables en 2011.

En 2016, elle est nommée ministre des Administrations publiques et des Collectivités locales par Aleksandar Vučić. Sans affiliation partisane, elle est la première ministre assumant son homosexualité dans un pays conservateur.

Elle devient présidente du gouvernement en 2017, sur proposition de Vučić, élu président de la République. Elle est alors la première femme, la première personne ouvertement homosexuelle et la première personnalité d'origine croate à occuper cette fonction. Elle adhère au SNS deux ans plus tard. Elle est également la personne ayant occupé ce poste le plus longtemps depuis la dissolution de la Serbie-et-Monténégro en 2006.

Ana Brnabić, née le 28 septembre 1975 à Belgrade, en Yougoslavie socialiste, est d'origine croate. Après avoir achevé ses études secondaires en 1994. elle quitte la Yougoslavie pour les États-Unis. Inscrite à l'université Northwood, dans l'État du Michigan, elle entreprend un cursus en administration des affaires. Elle le poursuit à partir de 1998 à l'université de Hull, au Royaume-Uni, où elle obtient une maîtrise (MBA).

Ana Brnabić fait son retour en Serbie en 2002. Elle est d'abord agent de relations publiques pour le programme de développement agricole, puis rejoint en 2011 le programme Continental Wind Serbie, qui promeut le recours aux énergies renouvelables. Elle en devient la directrice deux ans plus tard.

Le 20 février 2019, Ana Brnabić annonce que sa compagne, Milica Đurđić, a donné naissance à un garçon. Brnabić n'en est pas légalement la mère, puisque la loi serbe ne reconnaît pas les couples homosexuels ou l'homoparentalité.

Ana Brnabić est nommée ministre des Administrations publiques et des Collectivités locales le 11 août 2016 dans le nouveau gouvernement formé par Aleksandar Vučić.

Alors qu'elle assume pleinement son homosexualité dans un pays où 80 % de la population se déclare chrétiens orthodoxes et où les marches des fiertés sont l'objet de violences voire sont annulées, cette nomination est perçue par les ONG comme un moment historique. Vučić déclare à ce propos « ses orientations personnelles ne m’intéressent pas, seuls les résultats de son travail comptent ».

Ana Brnabić est proposée le 15 juin 2017 à l'Assemblée nationale pour le poste de présidente du gouvernement par Vučić, désormais président de la République. Sa désignation constitue une première de trois points de vue : elle est en effet la première femme, la première personne ouvertement homosexuelle, et d'origine croate choisie pour exercer cette responsabilité.

Alors que le chef de l'État considère qu'« elle possède les qualités personnelles et professionnelles pour exercer ces fonctions », il justifie d'avoir désigné une indépendante et non une membre du Parti progressiste serbe (SNS), majoritaire et dont il est issu : « ce n'est pas une défaite pour le SNS. Le prochain président du gouvernement doit encore renforcer la réputation du pays et les réformes ». Sa nomination, dans un pays peu actif pour lutter contre l'homophobie est interprétée par « beaucoup de militants anti-discriminations » (selon Le Monde) comme une démarche de pinkwashing, afin de favoriser la procédure d'adhésion à l'Union européenne.

Pour sa part, elle déclare « servir mon pays est pour moi le plus grand honneur. Je travaillerai avec dévouement et de manière responsable avec beaucoup d'amour et d'honnêteté ». Précisant qu'elle n'est pas militante LGBT, elle estime que la situation des homosexuels s'améliore « lentement » en Serbie mais que l'homophobie reste un problème. Elle explique ne pas comprendre « en quoi [son] orientation sexuelle est si importante », jugeant que « ce qui est important, c’est la capacité professionnelle à accomplir un travail honnête, à aimer sa patrie et à travailler dans le plus grand intérêt de son pays ».

Présentée comme favorable à l'intégration européenne, elle sera principalement chargée de mettre en œuvre les réformes économiques tandis que Vučić continuera de piloter la politique étrangère et intérieure, lui permettant ainsi de garder la main sur le pouvoir tout en donnant des signes d'ouverture. Le président de la République lui-même indique qu'elle « se concentrera sur l'économie et le numérique » alors que le premier vice-président Ivica Dačić « gérera la partie politique ».

Le 29 juin suivant, Ana Brnabić est investie présidente du gouvernement par l'Assemblée nationale, à 41 ans, par 157 voix favorables sur 250.

Ayant indiqué en juin 2019 son intention d'adhérer au Parti progressiste, qu'elle dit « aimer et respecter » et dont elle affirme « qu'il n'a pas eu peur de changer, d'apprendre et de donner une chance aux gens, y compris ceux qui n'en étaient pas membres », elle concrétise cette annonce quatre mois plus tard.

Confrontée à un mouvement de grève dans les usines automobiles Fiat de Kragujevac lors de son arrivée au pouvoir, Ana Brnabić accuse les ouvriers grévistes d’être « trop payés » dans la mesure où leur salaire est légèrement supérieur au revenu serbe moyen. Selon elle, en risquant de décourager les investisseurs étrangers, ces employés se montreraient « égoïstes ».

Le 17 septembre, elle participe à la marche des fiertés de Belgrade, devenant la première chef de gouvernement d’un pays balkanique à se rendre à une telle manifestation.

Dans un entretien accordé au quotidien suisse Le Temps en décembre suivant, elle explique que les droits LGBT ne sont pas sa priorité car « nous avons encore beaucoup à faire pour offrir aux Serbes des perspectives pour une vie meilleure et davantage de sécurité. C’est notre première responsabilité ». Selon elle, « si l'économie va bien, que la population dispose d’un travail, d'un salaire décent et des perspectives de carrière, elle sera moins intéressée à détester les autres ». Elle précise que pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne, « nous avons un plan d’action, selon lequel les réformes devraient se terminer d'ici à 2020, voire 2021 », indiquant ainsi qu'elle vise la possibilité d'une entrée dans l'UE à l'horizon 2025, une date fixée par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

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