Ambroise Paré, né vers fin 1509 ou 1510, près de Laval (Maine), au Bourg-Hersent selon la tradition, et mort le 20 décembre 1590 à Paris, est un chirurgien et anatomiste français.
Chirurgien du roi et des champs de bataille, Ambroise Paré, a été considéré comme « le père et réformateur de la chirurgie française » . Inventeur de nombreux instruments, il participe à l’amélioration et à la diffusion d’une technique de cautérisation révolutionnaire. L'utilisation généralisée des armes à feu confronte les chirurgiens à des plaies d'un nouveau genre, cautérisées au fer rouge ou à l’huile bouillante avec le risque de tuer le blessé. Manquant d'huile bouillante, Paré utilise un pansement froid sous la forme d'un emplâtre « digestif » afin que la plaie suppure puis cicatrise. On attribue à Ambroise Paré la mise au point de la ligature des artères, même si la paternité de cette technique lui est contestée. Il la substitue à la cautérisation dans le traitement des amputations.
« Je le pansay, Dieu le guarist » : cette phrase modeste de Paré est souvent citée pour résumer sa philosophie (citation en moyen français signifiant : « Je le pansai, Dieu le guérit. »).
La vie d'Ambroise Paré n'est principalement connue qu'à partir de ce qu'il en dit lui-même. La première biographie sérieuse est celle de Joseph-François Malgaigne (1806-1865) publiée en 1840.
Malgaigne cherche à remonter aux sources, à démêler ce qui est de Paré de ce qui appartient à une légende orale ou à des ajouts brodés par des mémorialistes ou chroniqueurs des XVIIe et XVIIIe siècles. Malgaigne se base aussi sur des nouveaux documents, réunis au XVIIIe siècle (notamment à la Bibliothèque municipale de Metz) mais qui ont été jugés douteux ou sans valeur par la suite.
En 1884, le médecin historien Le Paulmier accède à de nouvelles sources (archives détenues par les descendants de Paré, au château de Paley près de Nemours ; archives nationales à Paris). Plusieurs points, auparavant douteux, ont pu être éclaircis.
Au XXe siècle, beaucoup d'articles paraissent sur Ambroise Paré, mais peu d'ouvrages. Selon Paule Dumaître (1911-2002), l'ouvrage le plus important, par sa rigueur historique, est celui de l'américain Wallace B. Hamby, Ambroise Pare, Surgeon of the Renaissance, publié en 1967.
En 1986, dans Ambroise Paré, chirurgien de quatre rois de France, Paule Dumaître signale quelques nouveaux documents touchant à la vie privée d'Ambroise Paré.
Son père, agriculteur et fabricant de coffres, a quatre enfants : Jean, barbier-chirurgien à Vitré, en Bretagne ; un deuxième garçon qui s’établit aussi comme coffretier à Paris, rue de la Huchette ; Anne, qui épouse Claude Viart, chirurgien juré à Paris (morte le 19 septembre 1581) et Ambroise.
Ambroise Paré se marie deux fois. En 1541, il épouse Jeanne Mazelin, fille de Jean Mazelin, barbier puis valet du chancelier Antoine Duprat. Devenu veuf en novembre 1573, il se remarie trois mois après, à l'âge de 63 ans, avec Jacqueline Rousselet 19 ans, fille de Jacques Rousselet chevaucheur des écuries du roi et bourgeois de Paris.
Il a quatre enfants de sa première femme et six de la seconde. La plupart meurent dans la petite enfance et il n'aura que deux petites-filles. Il n'existe donc aucun descendant qui porte le nom de Paré. Les descendants de Paré, connus jusqu'au XXe siècle, sont issus de ces deux petites-filles : les Paré-Rousselet et les Paré-Hedelin.
Il est né au Bourg-Hersent, en Mayenne, près de Laval et d'Avesnières, probablement en 1510.
L'instruction d'Ambroise est confiée à un chapelain qui se dédommage de l'extrême modicité de la pension en faisant de son élève son domestique au lieu de lui enseigner le latin. Ambroise Paré, qui ignore toute sa vie le grec et le latin, quitte cette place sans avenir et entre comme marmiton chez le comte de Laval. Son sérieux, son intelligence et son adresse sont remarqués ; le barbier du comte le prend pour apprenti. Il coupe le poil, arrange les perruques et va ici et là panser les ulcères. Il devient ensuite aide-soignant d'un barbier d'Angers puis travaille à Vitré avec son frère Jean, lui aussi chirurgien-barbier.
En 1529, il entre comme compagnon chirurgien à l'Hôtel-Dieu et déclare : « Ce n'est rien de feuilleter les livres, de gazouiller, de caqueter en chaire de la chirurgie, si la main ne met en usage ce que la raison ordonne. » Durant trois années, Paré côtoie « tout ce qui peut être d'altération et maladies au corps humain ». Il observe malades et cadavres et enrichit son savoir anatomique. À la fin de ses études, il choisit, sans doute pour des raisons financières, de s'attacher au service du baron René de Montjean, lieutenant-général d'infanterie. Il devient maître barbier-chirurgien en 1536.
Chirurgien des champs de bataille
C'est en accompagnant le lieutenant-général qu'il connaît le baptême du feu en 1537 à la bataille du Pas de Suse (huitième guerre d'Italie). Il y pratique la première désarticulation du coude et découvre que la poudre des arquebuses n'empoisonne pas les blessures comme on le croyait. Il assiste à des scènes atroces et tente avec succès d'adoucir les méthodes de guérison trop brutales qui consistent, par exemple, à cautériser les plaies à l'huile bouillante. À la mort de Montjean, Ambroise Paré est de retour à Paris. Il se marie le 30 juin 1541 avec Jeanne Mazelin à Saint-André-des-Arts (elle meurt et est inhumée en ladite église, le 4 novembre 1573, en lui laissant la garde de leur fille âgée de treize ans, Catherine, et celle de leur nièce de dix-neuf ans, Jeanne Paré). Il entre alors une première fois au service de René de Rohan.
En 1542, il assiste au siège de Perpignan, alors ville espagnole. Les tentatives de René Ier de Rohan pour reprendre la ville échouent ; Paré continue d'élaborer de nouvelles techniques chirurgicales. Le maréchal de Brissac ayant reçu une balle dans l'épaule, il a l'idée de replacer le blessé dans la position initiale au moment de l'impact pour révéler l'emplacement de la balle perdue et ainsi permettre au chirurgien du Dauphin Nicole Lavernault de l'extraire.
En 1543, Ambroise Paré accompagne René Ier de Rohan dans l'ouest de la Bretagne défendre la province menacée par un débarquement anglais (dans le cadre de la guerre entre 1542 et 1546 entre Henry VIII d'Angleterre, allié à Charles Quint, et François Ier).