Amazing Grace est l'un des cantiques chrétiens les plus célèbres dans le monde anglophone. La première publication des paroles date de 1779. Associé à diverses mélodies au fil des années, il est aujourd'hui interprété sur la musique de New Britain.
Le thème de ce cantique évoque la rémission des péchés par la foi en Dieu et sola gratia (d'où le titre, qui peut se traduire en français par « une grâce exceptionnelle »), ce qui renvoie à son écriture par l'ancien négrier John Newton, qui se considère comme un pécheur repenti et sauvé par la grâce divine.
En français, son titre est traduit de différentes façons, dont aucune ne semble s'imposer : Grâce merveilleuse, Grâce confondante, Incroyable pardon, Grâce infinie, Incroyable grâce, Grâce du ciel... C'est généralement le titre anglais qui est maintenu.
Les paroles furent écrites par le prêtre anglican John Newton, probablement en 1760 ou 1761, et publiées par Newton et William Cowper en 1779, dans la collection des Olney Hymns, qui connut un grand succès en Angleterre.
John Newton (1725–1807) était initialement le capitaine d'un navire négrier et était connu pour sa débauche morale.
Le 10 mai 1748, au cours d'une tempête dans l'Atlantique où son bateau, de retour de l'Afrique vers l'Angleterre faillit couler, il se convertit au christianisme. Après avoir survécu à cette tempête, il devint prêtre anglican en 1764 et se retira du trafic d'esclaves, au point de devenir un militant actif de la cause abolitionniste.
Une grande partie des paroles de ce cantique provient du Nouveau Testament. La première strophe par exemple renvoie à l'histoire du Fils prodigue : dans l'Évangile selon Luc, le père dit de son fils : « il était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. »
L'histoire de Jésus guérissant un aveugle, qui dit ensuite aux Pharisiens qu'il peut désormais voir, est racontée dans l'Évangile selon Jean.
La musique de ce cantique n'a pas été composée par John Newton. Les paroles ont d'abord été chantées sur de nombreux autres airs avant d'être définitivement associées à la mélodie connue et publiée en 1835 sous le nom de New Britain par William Walker (en). Cette mélodie était inspirée de deux airs populaires dont on ignore l'origine exacte (Gallaher et St. Mary), ce qui empêche de la relier avec certitude à une source précise, britannique, celtique ou autre.
La popularité d'Amazing Grace s'étendit aux États-Unis dès la fin du XVIIIe siècle mais c'est dans le contexte du mouvement de renouveau religieux Second Great Awakening au cours du XIXe siècle qu'elle prit une dimension considérable, sans doute encore renforcée par la qualité de l'association des paroles à l'air de New Britain au milieu du siècle.
Postérieurement, le succès de ce cantique s'étendit tout particulièrement aux noirs américains. Il devint même, dans les années 1960, chargé de symboles politiques : la version enregistrée en 1947 par Mahalia Jackson connut ainsi un grand succès, qui se poursuivit pendant les décennies suivantes ; cette version et de nombreuses autres accompagnèrent fréquemment les mouvements de défense des droits civiques, ou encore la lutte contre la guerre du Viêt-Nam. Elle fut aussi jouée au festival de Woodstock en 1969 par Arlo Guthrie. En 2007, le film Amazing Grace commémora le bicentenaire de la loi britannique interdisant la traite négrière (Slave Trade Act de 1807). Le film retrace la vie de William Wilberforce, le membre du Parlement (député) qui fit voter cette loi. C'était un ami de John Newton dont il partageait la foi anglicane.
Amazing Grace est aujourd'hui un élément essentiel de la culture populaire américaine, bien au-delà de l'aspect religieux d'origine et dépassant également les implications raciales ou politiques passées. Fréquemment écouté et chanté dans les cérémonies funéraires, ce cantique est symbolique de l'espoir qui persiste en dépit des épreuves.
La Bibliothèque du Congrès Américain en détient plus de 3 000 versions enregistrées en public. John Aitken, biographe de John Newton, estime que le morceau est joué environ 10 millions de fois par an dans le monde.
Si on joue cette mélodie en commençant sur do dièse, on constate que l'on n'utilise que les touches noires, parce qu'elle est fondée sur une gamme pentatonique.
Chant religieux anglican à l'origine (ce qui transparaît dans ses paroles : le salut obtenu par la grâce divine ; la rédemption est toujours possible), sa mélodie est parfois reprise avec d'autres paroles (« Gloire à toi qui étais mort, Gloire à toi Jésus… ») dans la liturgie catholique française, remplaçant une des anamnèses normalement prévues par le Missel Romain.
Le succès du negro spiritual provoque également une renaissance de la mélodie d' Amazing Grace dans le domaine de la musique celtique. C'est un des airs les plus joués à la cornemuse écossaise et il est notamment enregistré par les Royal Irish Rangers, le 48th Highlanders et par le Bagad de Lann-Bihoué.
La mélodie d'Amazing Grace a été adoptée pour l'un des chants les plus emblématiques du Carnaval de Dunkerque : l'Hymne à Co-Pinard. Par extension, des clubs sportifs locaux en ont fait leur hymne (Basket Club Maritime Gravelines Dunkerque Grand Littoral, Dunkerque Handball Grand Littoral...).
Le club de football Lille Olympique Sporting Club s'est également inspiré de cette mélodie, pour composer son hymne.