Ce Jour-là

Amélie Diéterle

Comédienne française

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Amélie Diéterle, nom de scène d'Amélie Laurent, est une comédienne de théâtre, chanteuse d'opérette et collectionneuse d'art française, née à Strasbourg le 20 février 1871 et morte à Cannes le 20 janvier 1941.

Amélie Diéterle est une comédienne renommée et l'une des reines de Paris à la Belle Époque jusqu'au début des Années folles.

Icône de la mode, elle est la belle amie de Paul Gallimard et inspire les poètes Léon Dierx et Stéphane Mallarmé. Elle est également la muse des peintres Auguste Renoir, Henri de Toulouse-Lautrec, Maxime Dethomas ou Alfred Roll.

Amélie Diéterle naît le 20 février 1871 à Strasbourg. Elle est la fille naturelle de Dorothée Catherine Dieterle (Dorothee Katharine ou Katharina Dieterle), née le 6 janvier 1851, jeune servante wurtembergeoise originaire du village de Rot (de), aujourd'hui intégré à Mergentheim et troisième fille de Nikolaus Dieterle, tonnelier, et Anna Ehmann (ou Ehman). L'orthographe du nom — Dieterle, Dieterlé — varie suivant la transcription de l'état civil français.

Dorothée Dieterle donne également naissance le 15 février 1872 à Strasbourg devenue comme Metz depuis peu une ville de l'Empire allemand, d'un second enfant naturel : Ernest Dieterle.

Deux autres sœurs de Dorothée s'installent aussi en France :

Charlotta ou Charlotte Dieterle, l'aînée, est née également à Rot-Mergentheim, le 3 novembre 1842. Pour la période de 1870 à 1872, Charlotte est signalée dans la commune de Grez en Seine-et-Marne alors occupée par les troupes allemandes, puis à Paris au 53 rue de Grenelle-Saint-Germain dans le 7e arrondissement où elle exerce la profession de femme de chambre. Elle se marie le 9 juillet 1872 à Paris dans le 10e arrondissement avec Auguste Grado, marchand de café. Le couple s'installe dans le 18e arrondissement pour ouvrir un commerce d'épicerie au 12 rue Boucry. De cette union sont nés trois enfants — qui sont les cousins utérins d'Amélie — dans ce 18e arrondissement : Augustin le 3 juin 1874, Nicolas le 9 février 1876 mais il meurt deux ans plus tard le 15 mars 1878 et Anna-Pauline le 14 octobre 1877 qui deviendra professeur de musique, plus spécialement de piano.

La seconde sœur est Anna Rosina (Anne Rosine) Dieterle, née le 31 mai 1849 à Rot-Mergentheim et domiciliée à Reichenbach (Allemagne) en 1870. Servante à Strasbourg dans les années 1870-1871, elle réside au 43 rue Kinderspielgasse et juste en face de la maison où loge sa sœur Dorothée. Le 25 septembre 1871, à l'âge de 22 ans, elle met au monde un enfant naturel prénommé Henri, à Strasbourg. L'identité du père ne sera pas connue et il est probable que la mère et son enfant repartent dans son lieu d'origine.

Amélie Diéterle au cours d'un entretien dans une revue théâtrale concernant sa carrière, fait allusion à ses origines strasbourgeoises : « La Kinderspielstrasse m'a vue naître ». Il s'agit de la Kinderspielgasse, nom alsacien de la rue du Jeu-des-Enfants, où l'artiste à l'avenir prometteur voit le jour au no 44. La rue en 1870 échappe par miracle aux bombardements de la guerre franco-allemande.

Strasbourg vient de subir le siège des troupes allemandes depuis le 16 août 1870 et la ville est bombardée par un pilonnage intensif de l'artillerie prussienne. En 46 jours de siège, plus de 200 000 obus sont tombés sur la cité. Des quartiers entiers sont détruits et de nombreux monuments sont réduits en cendres. La cathédrale est touchée, la bibliothèque incendiée et le centre ville est dévasté. Le musée des Beaux-arts, le tribunal, l'hôtel de la préfecture, le théâtre, le palais de justice, le temple neuf, l'hôtel de l'état major, disparaissent. Les pertes civiles françaises sont de 261 tués et environ 1 100 blessés. Strasbourg dénombre 10 000 personnes sans abri.

Les allemands entrent dans la capitale alsacienne dévastée, qui capitule le 28 septembre 1870. L'annexion de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne a lieu le 10 mai 1871 en application du traité de Francfort.

Le père d'Amélie est un officier français, Louis Laurent, alors en garnison à Strasbourg. Ce militaire, né le 10 août 1837 à Pompierre dans le département des Vosges, est formé à l'École de cavalerie de Saumur au Cadre noir de 1859 à 1860 sous le Second Empire, intègre le 11e régiment de chasseurs à cheval. Il a servi en Algérie de 1861 à 1865 en tant que maréchal des logis.

Lorsque la guerre franco-allemande éclate, il est en campagne dans l'Armée du Rhin, le 29 juillet 1870. Malgré l'héroïsme de ses soldats, l'armée française après une série de défaites tragiques, est vaincue le 1er septembre 1870 à la bataille de Sedan. L'empereur Napoléon III est fait prisonnier puis assigné à résidence au château Wilhelmshöhe, dans le land du Hesse et la République est proclamée à Paris le 4 septembre 1870. Le roi de Prusse est solennellement proclamé empereur Allemand dans la galerie des glaces du château de Versailles le 18 janvier 1871. Diplomatiquement isolée et humiliée, la France cède au nouvel empire, l'Alsace, la Lorraine germanophone et la plus importante place-forte d'Europe, Metz ainsi que le Saulnois. Elle s'engage à payer une importante indemnité à son vainqueur.

Louis Laurent accède au grade de sous-lieutenant le 22 septembre de la même année puis il rejoint l'armée Versaillaise qui met violemment un terme à la Commune de Paris en 1871. Après cette date, il est en poste à Lunéville, la nouvelle ville-frontière avec l'Allemagne. Louis Laurent est nommé Chevalier de la Légion d'honneur le 5 février 1878.

Le 11e régiment de chasseurs tient garnison en 1878 à Saint-Germain-en-Laye où Louis Laurent est muté. Il devient lieutenant-adjudant et demeure dans cette ville jusqu'au 1er juin 1882. À compter de cette date, il intègre le 26e régiment de dragons à Dijon et accède au grade de capitaine.

Cette dernière mutation de Louis Laurent dans la capitale de la Bourgogne où il réside jusqu'en 1890, l'amène à la fin de sa carrière militaire. Il prend sa retraite le 1er juin 1890 pour emménager par la suite à Paris avec sa famille.

La famille Diéterle est ainsi ballottée de ville en ville, au gré des changements d'affectation de Louis Laurent. Dorothée Diéterle et ses deux enfants arrivent à Dijon à la fin de l'année 1882. Le capitaine Laurent incorpore le 26e régiment de Dragons, stationné à la caserne Heudelet nouvellement construite en 1879 et qui héberge cette unité à partir de 1883. Dorothée de son côté, emménage au 5 rue Gagnereaux dans le Nord de la ville et proche du quartier à vocation militaire avec les implantations des casernes Vaillant et Heudelet.

Amélie termine sa scolarité dans la capitale bourguignonne et emprunte la voie artistique. Elle fait son entrée au conservatoire rue Chabot-Charny en 1885. Ernest quant à lui, poursuit ses études. Officiellement, les enfants sont élevés par leur tante qui est veuve. Pour le voisinage ou l'école, ce pieux mensonge dissimule qu'en certaines circonstances, toute vérité n'est pas bonne à dire, principalement la liaison d'un officier français avec une allemande et sa descendance illégitime dans le contexte de l'après-guerre de 1870. Ce simulacre va même s'imposer à la tragédie que va connaître notre couple.

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