Alix Le Clerc, en religion Mère Thérèse de Jésus, née le 2 février 1576 à Remiremont (Lorraine) et morte le 9 janvier 1622 à Nancy (Lorraine), est une religieuse lorraine.
Éducatrice, créatrice d'écoles, elle fonde avec Pierre Fourier un ordre religieux d'enseignantes, les Chanoinesses de Saint-Augustin de la congrégation Notre-Dame. Elle est béatifiée en 1947 par Pie XII.
Alix Le Clerc est née le 2 février 1576 à Remiremont, cité connue pour son chapitre des Dames chanoinesses nobles - qui devaient justifier de 16 quartiers de noblesse - dont l'abbesse ne dépendait que du pape et de l'empereur. Alix Le Clerc vivra sous le règne de quatre abbesses : Renée de Dinteville († 1580), Barbe de Salm († 1602) - qui protégera efficacement la population contre l'épidémie de peste de 1588, Élisabeth de Salm, puis en 1611 Catherine de Lorraine, tante du duc Charles IV de Lorraine et de la duchesse Nicole de Lorraine.
Son père, Jean Le Clerc, cité marchand bourgeois en 1579, devint doyen de la justice en 1582, puis grand échevin de la ville en 1587, et enfin maire en 1595. Mort en 1602 à Hymont, il avait épousé Anne Sagay, descendante d'une ancienne famille d'Épinal.
Belle jeune fille, Alix était également riche et passa sa jeunesse dans la joie et l'insouciance, aimant danser et se divertir. Toutefois, après une maladie grave, de pieuses lectures l'amenèrent à réfléchir sur la futilité de sa vie.
C'est à cette époque que, pour des raisons de santé, son père dut partir pour le village d'Hymont. Alix en fut paradoxalement réjouie. Elle dira plus tard : « Ceci me réjouit, de me retirer du monde qui m'ennuyait sans en savoir la cause ». Toutefois, elle continua à vivre une vie de plaisir tout en découvrant petit à petit à quoi elle se sentait réellement destinée.
Ce ne fut qu'après une vision de la Vierge Marie, durant la grand-messe dans l'église Notre Dame, qu'elle prit conscience de sa vocation.
Immédiatement, elle changea de vie, s'habilla plus modestement, et refusa tout loisir, se consacrant exclusivement à la prière et aux mortifications, suscitant étonnement et quolibets de la part de son entourage.
C'est à cette époque que Pierre Fourier fut nommé curé de Mattaincourt le 1er juin 1597. Il devint son confesseur et son directeur spirituel.
C'est elle qui eut l'idée de fonder une « Maison nouvelle de filles pour y pratiquer tout le bien qu'on pourrait ». Pierre Fourier, auquel elle s'était confiée, essaya d'abord de tempérer son enthousiasme, avant de se rendre à ses raisons et de lui donner l'autorisation de prendre avec elle quelques compagnes, leur donnant l'ordre de s'occuper des pauvres de la région.
Le père d'Alix, souffrant des moqueries de son entourage quant au comportement de sa fille, l'envoya d'autorité dans un couvent à Ormes, tandis que deux nobles dames, Madame d'Apremont et la baronne de Fresnel, offraient d'accueillir à Poussay, lieu d'un chapitre de dames nobles (moins prestigieux que Remiremont ou Epinal mais plus que Bouxières), la petite communauté, emportant ainsi l'assentiment de Jean Le Clerc.
C'est ainsi qu'Alix et ses compagnes s'installèrent à l'ombre du chapitre de Poussay auxquelles elles n'étaient toutefois pas rattachées - n'étant pas nobles - et ouvrirent leur première école destinée à l'éducation des filles à l'automne 1598.
Cette première fondation d'un établissement scolaire destiné aux petites filles ne sera pas oubliée longtemps après par son célèbre compatriote vosgien, Jules Ferry, quand celui-ci évoquera « la naissance de l'instruction primaire en Lorraine, constituant l'acte de naissance de l'enseignement des filles en France »
Malgré le succès de cette première école, la foi et l'enthousiasme de la communauté réunie autour d'Alix, les difficultés ne manquaient pas, à commencer par l'hostilité des dames du chapitre, toute de bonne noblesse, peu enclines à voir s'épanouir si près d'elles un groupe aussi vertueux et austère alors qu'elles-mêmes ne l'étaient guère. Madame d'Apremont réussit à persuader Alix et ses compagnes de s'installer à Mattaincourt dans une maison qu'elle venait d'acquérir. Ce qu'elles firent avec la protection de Pierre Fourier, curé du lieu.
C'est ce dernier qui se chargera de faire connaître l'œuvre, d'abord à l'évêque de Toul, Jean des Porcelets de Maillane, puis au primat de Lorraine, et enfin à Rome pour obtenir l'approbation du pape Urbain VIII. Celle-ci n'arrivera qu'en 1628, six ans après la mort d'Alix.
Pendant ce temps, de nouvelles écoles étaient fondées, à Saint-Mihiel, et aussi à Nancy où le cardinal Charles de Lorraine signait l'acte d'approbation de la Congrégation de la Bienheureuse Vierge Marie, le 8 décembre 1603.
Le 21 novembre 1617, a lieu la première vêture des religieuses, cérémonie présidée par le primat de Lorraine, en présence bien sûr de Pierre Fourier, curé de Mattaincourt. C'est lors de cette cérémonie qu'Alix Le Clerc prit le nom de Mère Thérèse de Jésus.
De nombreuses écoles furent fondées d'abord dans le duché de Lorraine et le duché de Bar puis dans les pays voisins : France, Pays-Bas espagnols, Empire :