Alice Saunier-Seïté, née Saunier le 26 avril 1925 à Saint-Jean-le-Centenier (Ardèche) et morte le 5 août 2003 dans le 6e arrondissement de Paris, est une géographe et femme politique française. Elle est secrétaire d'État de janvier 1976 à janvier 1978, puis ministre des Universités jusqu'en mai 1981.
Issue d'une famille modeste, elle est d'abord élève à l'école normale de Tournon, puis à Valence, obtient une licence de géographie à la Sorbonne en 1945 et devient un temps répétitrice de français à Innsbruck, en Autriche. En 1952, elle soutient un mémoire de diplôme d’études supérieures de géographie. Elle est nommée dans un collège technique de la région parisienne, où elle enseigne le français, l’histoire et la géographie. En 1958, elle est admise en qualité d'attachée de recherches au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), sur la proposition de ses maîtres, les géographes Raoul Blanchard et Georges Chabot. Elle consacre sa thèse, en 1963, au massif de l’Oetzal et une thèse supplémentaire au Suedfoehn qui souffle sur Innsbruck.
En 1963, elle est nommée maître de conférences de géographie à Brest. En 1970, elle dirige l’Institut universitaire de technologie de Sceaux, qu'elle a été chargée de créer. Au cours de sa carrière universitaire, elle a été en France la première femme à être élue doyenne de la faculté de lettres et de sciences sociales de Brest, avant d'être recteur de l'académie de Reims (en juillet 1973) et enfin professeur au Conservatoire national des arts et métiers.
Pour la plupart de ces fonctions, elle fait partie des « pionnières » de la représentation des femmes dans la géographie universitaire française de la deuxième moitié du XXe siècle et de leur accès aux postes les plus importants.
Docteur ès lettres (prix Jean-Baptiste Morot de la Société de géographie en 1963) et diplômée de l’École nationale des langues orientales vivantes
Chargée de recherches du CNRS (1958-1963)
Maître de conférences en géographie (1963)
Professeur à la faculté des lettres de Rennes (1965-1969)
Doyen de la faculté des lettres et des sciences sociales de Brest (1968-1969). Première femme doyen d'une faculté française
Professeur à l'université Paris-V (1969-1970)
Directrice de l’IUT de Sceaux (1970-1973)
Recteur de l’académie de Reims de 1973 à 1976. Première femme recteur d'académie
Professeur titulaire de la chaire d'organisation géographique de l'espace au Conservatoire national des arts et métiers. Première femme élue à une chaire au CNAM.
Le 12 janvier 1976, elle est nommée secrétaire d’État aux Universités.
Depuis 1974, les gouvernements français souhaitent réduire fortement l'immigration. Alice Saunier-Seïté est chargée d'appliquer cette nouvelle politique migratoire à l'Enseignement supérieur. Elle déclare ainsi en 1978 : « Les universités françaises recueillent le trop-plein du tiers-monde ». Elle accuse les étudiants étrangers d'être « pratiquement illettrés » et de contribuer à « la braderie des diplômes ». Elle n'est toutefois pas la seule, au gouvernement, à tenir ce discours stigmatisant :« Raymond Barre, Premier ministre, explique à l’Assemblée nationale le 14 mai 1980 qu’il faut « préserver l’image des universités françaises » afin qu’elles ne deviennent pas des « universités dépotoirs ». »
Rapports avec l'Université de Vincennes
Alice Saunier-Seïté était hostile à l'université de Vincennes par désaccord politique et idéologique. Selon l'historien François Dosse, elle « n'a jamais éprouvé que mépris et haine » pour cet établissement qu'elle considérait comme un foyer de contestation échappant au contrôle de l'État.
Elle propose d'abord en 1977 le déménagement de l'université à Marne-la-Vallée, puis décide en 1978 de l'implanter à Saint-Denis, sans tenir compte des avis de la communauté universitaire.