Alice Rivaz, nom de plume d'Alice Golay, née le 14 août 1901 à Rovray et morte le 27 février 1998 à Genthod, est une écrivaine suisse.
Alice Rivaz naît Alice Golay le 14 août 1901 à Rovray, dans le canton de Vaud. Elle est originaire du Chenit, dans le même canton. Elle passe son enfance sur la Riviera vaudoise, notamment à Clarens.
Elle grandit dans une famille bourgeoise, avec un père, Paul Golay, engagé dans le parti socialiste vaudois. Marquée par les idées politiques de son cercle familial, Alice Rivaz développe dès l'adolescence un intérêt pour les questions sociales et adhère à la Jeunesse socialiste lausannoise de 1916 à 1918.
Elle a également deux autres passions : la musique et la littérature. Elle étudie au Conservatoire de musique de Lausanne, dont elle obtient un diplôme en 1917, mais ne peut entrer en classe de virtuosité car ses mains sont trop petites.
Dès cette époque, elle affirme sa volonté d'autonomie : refusant le mariage, elle obtient en 1921 un certificat de l'école de sténographie Underwood et suit des cours d'allemand.
Après avoir enseigné le piano et la musicologie dans différents pensionnats, elle s'établit ensuite à Genève et entre au Bureau international du travail (BIT) comme documentaliste de 1925 à 1940, puis de 1946 à 1959.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle travaille comme journaliste, en particulier pour l'hebdomadaire Servir, et est collaboratrice de la Guilde du Livre, où elle fait la connaissance de Charles Ferdinand Ramuz.
En 1939, elle choisit son nom de plume : le village vaudois de Rivaz et soumet à Ramuz son premier roman, Nuages dans la main, qui paraît en 1940. Elle écrit également Comme le sable (1946) et La Paix des ruches (1947), roman à la première personne qui explore l'expérience féminine : l'amour, la maternité, le travail et les injustices auxquelles les femmes sont confrontées.
Ces trois romans constituent la première phase de son activité littéraire, centrée sur la condition féminine, les minorités et des réflexions sur l'amour et la solitude. Elle obtient en 1942 le prix Schiller.
En 1946, Alice Rivaz reprend son activité au BIT. C'est après avoir obtenu sa retraite anticipée, en 1959, qu'elle peut se concentrer exclusivement à la création. Elle varie les genres, rédigeant nouvelles, essais et romans autobiographiques. Lors de cette deuxième phase de créativité littéraire, elle dénonce l'égoïsme et l'indifférence de la société face aux humbles : Sans alcool (1961) et De mémoire et d'oubli (1973). Elle explore la vie intérieure de ses personnages dans Le Creux de la vague (1967) et Jette ton pain (1979).
Elle évoque son enfance, ses souvenirs et notamment ses débuts en littérature ainsi que les raisons du choix d'un pseudonyme. Elle écrit également une étude sur Ramuz, un essai sur le poète Jean-Georges Lossier et un portrait de la romancière Alice Curchod.
Son œuvre, en grande partie traduite en allemand et en italien, accorde une grande place aux femmes confrontées à leur famille, au travail et aux hommes, ainsi qu'aux milieux populaires et marginaux. Elle traite de sujets peu abordés à son époque, comme l'homosexualité, l'antisémitisme et le silence dans lequel étaient maintenues les femmes suisses jusqu'à l'obtention du droit de vote en 1971.
À partir de 1996, les Éditions de l'Aire et les Éditions Zoé réédident son œuvre. La réédition de La Paix des ruches par Zoé est préfacée par Mona Chollet.
Elle reste célibataire toute sa vie, refusant le mariage. Musicienne, elle joue du piano plusieurs heures par jour et s'adonne également à la peinture.
Elle meurt en 1998, âgée de 96 ans, à Genthod en Suisse. Comme tous les lauréats du prix de la Ville de Genève, Alice Rivaz est enterrée au cimetière des Rois.
Elle laisse l'image d'une femme moderne, qui a osé aborder des sujets tabous et dénoncer les injustices les plus criantes de la société.
En 2001, deux plaques commémoratives sont apposées, l'une sur sa maison natale, à Rovray ; et une autre sur l'immeuble où, de 1932 à 1992, elle a passé une grande partie de sa vie, avenue Théodore-Weber 5, à Genève.
Le 12 septembre 2005, une autre plaque est inaugurée rue Caroline 1, à Lausanne, sur l'immeuble où vécurent ses parents. Enfin, une place à Clarens est nommée d'après elle, ainsi qu'une rame de l'Intercity pendulaire des Chemins de fer fédéraux. À Genève, le collège pour adultes Alice-Rivaz et une rue dans le quartier de Champel lui rendent aussi hommage.