Ce Jour-là

Ali Khamenei

Ayatollah et homme d'État iranien

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Ali Khamenei (en persan : علی خامنه‌ای), né le 19 avril 1939 à Machhad (État impérial d'Iran) et tué lors d'une frappe aérienne américano-israelienne le 28 février 2026 à Téhéran (République islamique d'Iran), est un ayatollah et homme d'État iranien, Guide suprême de 1989 à sa mort. Il est président de la république islamique d'Iran de 1981 à 1989.

La fonction de Guide suprême fait office de chef de l'État en tant que plus haut responsable politique et religieux du pays, au-dessus de la charge de président de la République, qu'il occupe lui-même lors de la direction de l'ayatollah Rouhollah Khomeini.

Il porte le titre de marja-e taqlid (grand ayatollah), le plus élevé du clergé chiite duodécimain, et son turban noir indique qu'il se réclame seyyed, c'est-à-dire qu'il est un descendant du prophète Mahomet par Ali Zayn al-Abidin. Au pouvoir, il soutient de nombreuses factions soutenant l'islamisme chiite y compris non-duodécimaines. Sa politique est alors basée sur le Velayet-e faqih, le khomeinisme et un conservatisme autoritaire. Durant ses années au pouvoir, il favorise les conservateurs au détriment des réformateurs dont il défavorise à plusieurs reprises les décisions. Sa politique extérieure était marquée par une intransigeance vis-à-vis d'Israël et des États-Unis allant jusqu'à mettre son veto sur certaines décisions de rapprochement avec les États-Unis, il appuie également des factions musulmanes chiites parfois controversées, à l'exception de la Palestine où ses alliés sont sunnites.

Il est considéré depuis 2002 comme le principal membre de l'Axe de la résistance, une alliance qui réunit le Hamas, le Hezbollah, Bachar el-Assad et les Houthis, qu'il arme contre Israël et les États-Unis. En juin 2025, il affronte ces derniers lors de la guerre des Douze Jours, qui vise à détruire le programme nucléaire iranien et à le renverser.

Les critiques de Khamenei le considèrent comme un despote répressif, responsable de meurtres de masse. Sa légitimité au pouvoir est régulièrement mise en cause, notamment lors des manifestations consécutives à la mort de Masha Amini ou celles de décembre 2025 à janvier 2026, qu'il fait durement réprimer. Ses partisans au contraire le voient comme un guide pour toute la communauté chiite, même s'il existe une opposition religieuse chiite à son égard dans le monde.

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël lancent une opération militaire contre l'Iran. La résidence d'Ali Khamenei à Téhéran est détruite, entraînant sa mort.

À la suite de sa disparition, les autorités iraniennes décrètent un deuil national, tandis que des manifestations de colère et des appels à la vengeance contre les intérêts américains se multiplient dans le monde chiite. Blessé dans l'attaque, son fils Mojtaba lui succède.

Ali Hossaini Khamenei est né en 1939 à Machhad, considérée comme une ville sainte dans l'islam chiite et un centre religieux très important, dans une famille religieuse. Son père Javad Khamenei (en) est un Azéri de Khameneh né à Nadjaf (Irak), une autre ville sainte du chiisme. Sa mère Khadijeh Mirdamadi (ar) est la fille d'un clerc. Le couple a huit enfants et les conditions de vie de leur ménage sont modestes. Ali Khamenei est leur second fils ; il a deux frères Mohammad (en) et Hadi (en) qui deviendront également religieux et perpétuent la tradition familiale et six filles dont Badri Khamenei (en), épouse d'Ali Tehrani (en). L'ancêtre de Khamenei est Hossein Tafreshi, dont la lignée remonte — selon certains — au quatrième imam chiite Ali Zayn al-Abidin, l'arrière-petit-fils de Mahomet.

Ali Khamenei est marié avec Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh (23 mai 1947 – 2 mars 2026), avec laquelle il a eu six enfants : quatre fils (Mostafa (en), Mojtaba, Masoud, et Meysam) et deux filles Boshra et Hoda (morte en mars 2026). Plusieurs de ses fils sont des dignitaires religieux.

Études littéraires et linguistiques

Dès son enfance, Ali Khamenei se distingue par son profil atypique : il aime la littérature plus que la théologie et passe plus de temps à la bibliothèque Astan-e Qods Razavi, la plus grande collection de livres en Iran, qu'à la mosquée. Il apprécie les livres de Mikhaïl Cholokhov, Alexis Tolstoï, Victor Hugo, Honoré de Balzac et Michel Zévaco[réf. nécessaire]. Son roman préféré est Les Misérables, de Victor Hugo, livre au sujet duquel il déclare :

« ... Les Misérables sont un miracle dans le monde de l'écriture des romans…. »

Également amateur de poésie, il a écrit des poèmes sous le pseudonyme « Amin » et participé à des concours de poésie durant sa jeunesse. Il déclare également avoir été un admirateur du philosophe français Jean-Paul Sartre (lui-même admirateur de Rouhollah Khomeini et soutien de la révolution iranienne) et de Bertrand Russell, pendant sa jeunesse.

Sa passion l'introduit, à la fin des années 1950, dans les salons littéraires de Machhad, où il se lie avec des intellectuels locaux, souvent marqués à gauche, comme le philosophe 'Alî Sharî'atî, qui mélangeait chiisme et marxisme dans ses œuvres, et le romancier Jalal Al-e Ahmad, qui imputait le retard et le sous-développement de l'Iran à l'émulation de l'Occident par le régime Pahlavi.

Outre le persan, Ali Khamenei parle couramment l'arabe et l'azéri.

Ali Khamenei commence ses études religieuses à Machhad sous la direction de Hashem Qazwini et de l'ayatollah Milani, puis se rend à Nadjaf, en Irak. Après que son père a tenté de le renvoyer en Iran, il s'installe à Qom entre 1958 et 1964. Au séminaire de Qom, il suit les enseignements des ayatollahs Hossein Tabatabai Boroudjerdi et Rouhollah Khomeini dont il fait la connaissance à cette occasion. L'opposition de Khomeini à la modernisation de l'Iran sous le régime du shah, jugée contraire à l'islam, aura sur Khamenei une influence décisive.

Marqué par l'empreinte du groupe fondamentaliste chiite Fadayan-e Islam, Ali Khamenei épouse pleinement l'idéologie révolutionnaire de l'ayatollah Khomeini et contribue au recrutement de militants pour porter le projet de son maître.

En 1967, il traduit en persan l'ouvrage du Frère musulman Sayyid Qutb, al-Mustaqbal li-hadha al-din (L'avenir de cette religion), dans lequel l'auteur défend la suprématie politique de l'islam. Dans la préface de sa traduction, Ali Khamenei déclare que l'islam doit moderniser son message pour séduire les jeunes générations.

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