Ce Jour-là

Alfred Marzolff

Sculpteur et médailleur alsacien

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Alfred Marzolff est un sculpteur et médailleur français, né le 4 mars 1867 à Strasbourg et mort le 4 mai 1936 à Rountzenheim (Bas-Rhin). Professeur à l'École des arts décoratifs de Strasbourg et membre du cercle de Saint-Léonard animé par le peintre et marqueteur Charles Spindler, il est l'auteur d'une soixantaine d'œuvres (statues, monuments aux morts, plaques et médaillons), surtout visibles à Strasbourg et dans plusieurs localités alsaciennes, mais certaines de ses réalisations furent détruites pendant l'annexion de l'Alsace.

Fils d'un tonnelier, Alfred Marzolff est formé à l'École des arts décoratifs de Strasbourg de 1881 à 1886. Il fait ensuite son apprentissage dans l'atelier des Arts décoratifs d'Eugène Dock (1827-1890). Eugène Dock a employé dans ses ateliers de Paris et Strasbourg les sculpteurs Auguste Bartholdi (1834-1904) et Auguste Rodin (1840-1917).

Pour contrebalancer l'influence francophile de la Société des Arts de Strasbourg, le Reichsland d'Alsace-Lorraine distribue des bourses aux artistes alsaciens pour se former dans les académies allemandes (Berlin, Düsseldorf, Munich...). C'est la raison pour laquelle Alfred Marzoff reçoit, en 1889, une bourse de l'État allemand pour se perfectionner à l'Académie des beaux-arts de Munich (il est inscrit sous le matricule 555) sous la direction du professeur Wilhelm von Rümann (1850-1906) qui réalisera le monument aux morts bavarois à Wœrth. Il rencontre également Adolf von Hildebrand (1847-1921) pour qui il a une profonde admiration. Ce sculpteur allemand considéré comme le plus talentueux de sa génération est l'auteur du bronze controversé du Père du Rhin (en raison de son déhanchement) inspiré de Neptune installé sur la place Broglie (ce bronze sera installé, en 1929, à Munich). Il réalise à Munich son bronze L'Archer en 1890. Il sera le lauréat du Salon des artistes français de Paris de 1893 pour cette œuvre. L'Archer est acquis par la ville de Strasbourg et se trouve actuellement dans les réserves du musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg.

Alfred Marzolff ne taille pas la pierre directement, il réalise d'abord des moules de terre ou de plâtre, parfois de taille réelle. Puis il assemble sa statue en se servant de la technique des boulettes pour tailler enfin l'argile qui lui sert de moule. « Il serait davantage un modeleur qu'un tailleur », selon Audrey Dufournet, comme son contemporain Auguste Rodin.

À son retour, il ouvre son atelier au Heyritz avec Émile Schneider et Léon Hornecker, au sud de Strasbourg, desservi par un canal ; ce qui lui permet d'être livré en blocs de grès des Vosges pour ses sculptures. En 1893, il est professeur de modelage figuratif pour former les sculpteurs à l'École des arts décoratifs de Strasbourg. Il enseigne le modelage à Emile Schneider qui réalisera un portrait de son maître en 1899. Alfred Marzolff en est renvoyé après un mois car il privilégie sa création artistique à l'enseignement. En 1901, Christian Kraft de Hohenlohe-Öhringen, issu d'une famille aristocratique allemande, lui finance son voyage de découverte des maîtres italiens (Michel-Ange, Cellini, Le Bernin) à Florence et sa maison du 3, rue des Pontonniers à Strasbourg.Cette famille de mécènes a donné deux Statthalter (gouverneurs) à l'Alsace, Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst(1885-1894) et Hermann zu Hohenlohe-Langenburg (1894-1907) (portrait en 1897), ainsi qu'un député Alexandre de Hohenlohe-Schillingsfürst, député de Haguenau-Wissembourg de 1893 à 1903. En 1901, il réalisera les deux reliefs de bronze du sarcophage de Hugo et Pauline Hohenlohe-Öhringen dans la collégiale de Öhringen dans le Wurtemberg (la maquette des deux reliefs en plâtre a été prise en photo par Lucien Blumer).

Un sculpteur portraitiste et éclectique

Cette œuvre lui vaut de nombreuses commandes comme des bustes, des médaillons ou des plaques funéraires de personnalités ou de notables alsaciens.

Il fait les bustes du peintre alsacien et membre du cercle Saint-Léonard Léon Hornecker (1894), de Friedrich Goltz, médecin et professeur en physiologie à l'université de Strasbourg de 1872 à 1902, qui fit construire l'institut par l'architecte E. Salomon (buste au cimetière Saint-Urbain de Strasbourg en 1902), d'Eugène Boeckel, chirurgien et professeur à la Faculté de médecine de Strasbourg, dans le jardin de l'Hôpital civil (1903), de sa mère Caroline Marzolff (1907) et du pasteur Louis Gustave Heyler (1869-1904) qui a sorti les agriculteurs de Hœrdt de la pauvreté en y introduisant la culture de l'asperge à partir de son observation des méthodes culturales de Philippeville lorsqu'il était en Algérie (1911). En 1916, il fait le buste en plâtre de Guillaume Gillig, ami d'A. Marzolff et propriétaire de l'auberge au Bœuf de Sessenheim et où se trouve le premier musée des amours de Goethe et de Frédérique Brion. En 1918, il réalise le buste du maire de Haguenau, Xavier Nessel.

Il se spécialise dans les médaillons. En 1905, il réalise le médaillon d'Adolf Michaelis, archéologue allemand ayant réalisé une collection de moulages de sculptures grecques à l'université. Il réalise ainsi le médaillon de Charles-Émile Salomon, président des Amis des Arts de Strasbourg architecte de la ville de Strasbourg (1910) qui a reconstruit le Temple-Neuf et a construit l'école protestante, le gymnase Jean-Sturm, ainsi que l'institut de physiologie de l'hôpital civil de Strasbourg< Il fait les médaillons du poète alsacien Daniel Hirtz (1893), de prêtres historiens de leur ville, le chanoine Joseph Gyss à Obernai (1900) ou de l'abbé Hanauer à Haguenau (1917), de nobles comme un bas-relief du sous-secrétaire d'État aux finances d'Alsace-Lorraine Max von Schraut en 1894, un médaillon de Joseph von Stichaner (situé rue du Général-Leclerc à Wissembourg), préfet du cercle de Wissembourg de 1872 à 1886 (1892-1893), restaurateur du château du Fleckenstein et des pierres tombales de l'église de Wissembourg, et des bronzes ou des médaillons des familles Hohenlohe-Schillingsfürst et Hohenlohe-Öhringen, comme le médaillon des noces d'or du prince Clowig (1897). Il fait les deux médaillons en bronze de Rouget de Lisle et du maire Dietrich sur le monument de la Marseillaise (1922) déplacés après sa destruction par les nazis sur la façade de la Banque de France. Il sculpte les médaillons pour deux maires, celui du monument dédié à son ami, l'ancien maire de Strasbourg, Jacques Peirotes et du maire de Gambsheim (1882-1919), Joseph Zimmer (1927). En 1929, il sculpte le médaillon d'Henri Borromée, préfet du Bas-Rhin de 1922 à 1930. Il réalise la stèle commémorative d'Alexandre Ribot (1884-1923), le fondateur du Crédit Immobilier, que l'on trouve sur la place des Rouges-Gorges dans le quartier du Neuhof de Strasbourg (1930-1932). En 1894, il réalise un Profil d’homme, bas-relief en bronze dont le fondeur est la société Thiébaut frères.

Il sculpte également des statues, des tombeaux ou des croix funéraires. Il réalise un ange et un médaillon des époux sur les tombeaux de Marie-Jeanne Dergermann et de son époux au cimetière protestant de Barr (1893). Il est l'auteur de la plaque funéraire de Lucie Berger, la directrice du pensionnat protestant de jeunes filles au cimetière des diaconesses de Koenigshoffen en 1906. Il fait la statue d'une Femme éplorée sur la tombe du notaire Jean Michel au cimetière d'Oberbronn en 1916. Il sculpte la plaque du caveau de la famille Ulrich réalisée par Hippolyte Grombach (1922).

Alfred Marzolff a deux périodes de travail avec les céramistes de Soufflenheim. Il expérimente avec Philippe Elchinger et fils à la manufacture des céramiques Elchinger, dans les années 1905-1907, des félins en céramique. Alfred Marzolff fait les moules en plâtre, dont un exemplaire est conservé dans les réserves du musée historique de Haguenau. Le céramiste Elchinger les réalise avec des émaux de couleur différente. On trouve ainsi La Panthère en grès émaillé vert clair avec coulures de cuivre et d'argent réalisée à Soufflenheim avec Léon Elchinger (1906) conservée actuellement au MAMCS (70 cm). On trouve également La Lionne accroupie en céramique de couleur verte (70 à 75 cm) et La Lionne de couleur grise (65 cm) en 1907 possédées par des collectionneurs privés. Un catalogue sur la céramique à Soufflenheim montre un original du lion d'Alfred Marzolff mais il précise que de nombreuses variantes de 40 à 70 cm ont été créées sans l'autorisation ou la signature du maître, de même le lieu de la création n'est pas toujours précisé.

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