Ce Jour-là

Alexis Ier Comnène

Empereur byzantin de 1081 à 1118

Anúncio

Alexis Ier Comnène (grec : Ἀλέξιος Αʹ Κομνηνός), né vers 1058 et mort le 15 août 1118, est un empereur byzantin du 1er avril 1081 au 15 août 1118. Il est le troisième fils du curopalate Jean Comnène et d'Anne Dalassène, et le neveu de l'empereur Isaac Ier.

Son règne de 37 ans est l'un des plus longs de l'Empire byzantin et aussi l'un des plus agités. Son arrivée au pouvoir marque la fin d'une période de guerres civiles qui ont mis à bas les structures impériales solides de l'ère macédonienne tandis que les menaces extérieures s'amoncellent, conduisant à des pertes territoriales importantes, allant jusqu'à menacer la survie même de l'Empire. De ce fait, les premières années du règne d'Alexis sont toutes entières consacrées à la lutte d'abord contre les Normands (1081-1085) puis contre les Petchénègues et les Seldjoukides (1086-1091), puis à nouveau contre les Normands (1107-1108) et les Seldjoukides (1108-1118). Il parvient dans un premier temps à défendre efficacement les frontières de l'Empire avant de reconquérir une partie de l'Asie mineure dans le sillage de la première croisade (1095-1099), même si ses relations avec les Croisés sont ambivalentes et souvent très tendues. En parallèle de cette intense politique étrangère, il procède à des réformes de grande ampleur de toute l'administration de l'Empire, fondant la légitimité de sa famille sur un réseau d'alliances matrimoniales particulièrement dense. La famille impériale devient le cœur du pouvoir. Enfin, il est également très impliqué dans les affaires religieuses de son époque.

À sa mort, Alexis lègue à son fils un territoire consolidé et agrandi. Son œuvre restauratrice et réformatrice est l'une des plus importantes de l'histoire de l'Empire byzantin. Il aura aussi lutté activement contre toutes les hérésies chrétiennes pour maintenir une certaine unité dans les croyances religieuses au sein de l'empire byzantin. Cependant, si à court et moyen terme le gouvernement d'Alexis Ier est un succès, son bilan reste contrasté. Il ne parvient qu'imparfaitement à rétablir la puissance byzantine, car la reconquête de l'Asie mineure reste partielle. En outre, l'économie de l'Empire commence à subir la concurrence des républiques italiennes et la monnaie byzantine se sera considérablement dévaluée sous son règne. Il est aussi accusé d'avoir mis fin à un début de renaissance culturelle. Enfin, les bases sur lesquelles repose désormais l'autorité impériale, c'est-à-dire sur les liens familiaux, apparaissent comme fragiles à long terme.

Le règne d'Alexis Ier Comnène est particulièrement bien connu grâce aux sources différentes qui traitent de son règne. L'ouvrage fondamental reste l’Alexiade. Cet ouvrage est écrit par Anne Comnène, la fille aînée d'Alexis, qui reprend le texte écrit par son mari Nicéphore Bryenne. Elle lui donne un aspect littéraire bien plus affirmé, inspiré des textes des grands auteurs de la Grèce antique, qui en fait un ouvrage majeur de la littérature byzantine. Surtout, c'est une source primordiale à propos du règne d'Alexis Ier. Toutefois, il est nécessaire de prendre en considération l'admiration profonde d'Anne pour son père, ce qui l'amène à justifier systématiquement les actes de son père et de relativiser voire de mettre de côté ses erreurs. Elle n'hésite pas notamment à en faire un modèle de souverain chrétien, explicitement comparé à Constantin le Grand. De ce fait, il est utile de compléter l'analyse du règne d'Alexis avec la chronique (l'Épitomé historion) de Jean Zonaras qui, à la différence d'Anne Comnène, a un regard beaucoup plus critique envers l'empereur : « Il remplissait ses fonctions non comme s'il s'agissait d'une charge publique et lui-même ne se considérait pas comme un dirigeant, mais plutôt comme un maître, désignant l'Empire comme son propre bien et s'y référant comme tel ». Divers autres textes byzantins peuvent aussi être mobilisés pour apporter des compléments, confirmer ou nuancer certains aspects du règne d'Alexis, à l'instar du discours de Théophylacte de Bulgarie en 1086 qui permet d'éclairer sur le contexte de l'Empire à cette période.

L'apparition du phénomène des croisades sous Alexis Ier Comnène rend particulièrement précieuse les chroniques occidentales qui éclairent sur les relations entre l'Empire byzantin et les Croisés. La Geste de Robert Guiscard de Guillaume de Pouille permet de disposer d'une vision occidentale de la guerre entre l'Empire byzantin et le royaume normand du sud de l'Italie. La Gesta Francorum et aliorum Hierosolimitanorum offrent la même perspective pour la première croisade. D'autres sources d'époques apportent des compléments utiles. Ainsi, Alexis Ier rédige lui-même les Mousai à la fin de sa vie à l'intention de son fils et successeur Jean Comnène et qui éclairent sur sa vision du gouvernement de l'Empire.

Au XIe siècle l'Empire byzantin est marqué par l'ascension irrésistible d'une noblesse fondée sur la naissance et l'accès aux fonctions militaires. Alexis est membre d'une de ces familles, les Comnène. Elle est apparue relativement récemment, puisque son premier membre connu, Manuel Erotikos Comnène, contemporain de l'empereur Basile II, ne détient à l'époque que des postes relativement secondaires. Toutefois, à sa mort, ses fils sont encore très jeunes et bénéficient d'une éducation au sein même de la cour impériale. Parmi les fils de Manuel Comnène figurent Isaac Comnène et Jean Comnène. Le premier obtient d'abord des postes importants (il est notamment duc d'Antioche) et il a de solides relations à Constantinople où il a grandi. Il parvient au pouvoir en 1057, à la tête d'une rébellion soutenue par une partie des armées d'Anatolie, accompagné de son frère Jean, le père d'Alexis. C'est à cette date que la famille Comnène devient un des clans majeurs de l'Empire byzantin. Alexis est élevé, ainsi que ses frères, par sa mère Anne Dalassène en vue de monter un jour sur le trône. Celle-ci en effet n'a jamais accepté le refus de son mari, Jean Comnène, de succéder à son frère Isaac Ier lorsque celui-ci abdique en 1059 au profit de Constantin X. Si, à la suite de l'éviction d'Isaac, les Comnène sont relégués dans l'ombre par Constantin X, Anne Dalassène pratique une stratégie matrimoniale qui unit les Comnène à toutes les grandes familles de l'Empire pour renforcer son influence. Alexis prend ainsi, de sa position de courtisan, connaissance des principaux clans aristocratiques et de l'estimation de leur importance.

Son premier contact avec l'armée remonte aux mois qui précèdent la défaite de Manzikert (1071) quand sa mère envoie Alexis, alors âgé de treize ans, rejoindre l'empereur Romain IV Diogène pour remplacer son frère aîné Manuel Comnène, mort de maladie au cours de la campagne. L'empereur lui ordonne cependant de retourner immédiatement à Constantinople en raison de son jeune âge.

La lutte contre Roussel de Bailleul

Au cours de la décennie de chaos qui suit la défaite de Manzikert, Alexis se montre un général capable. Vers 1073, alors âgé de 15 ans, il dirige sous les ordres de son frère Isaac une petite armée, qui affronte les Seldjoukides avec le mercenaire normand Roussel de Bailleul. Cependant, la trahison du Normand entraîne la défaite d'Isaac, capturé par ses adversaires. Alexis poursuit la lutte contre les Seldjoukides avec une armée inférieure en nombre, bat en retraite avec courage et regagne Constantinople à l'automne 1073. Le césar Jean Doukas, oncle de l'empereur, battu, est fait prisonnier par Roussel au pont du Sangarius (près d'Ancyre), ainsi que son fils Andronic. Roussel proclame son illustre prisonnier empereur.

Le chef normand représente une menace telle pour l'Empire que Michel VII Doukas s'entend avec les Seldjoukides pour s'en débarrasser. Battu en Cappadoce par l'émir turc Artouch, Roussel est fait prisonnier. Rapidement libéré contre rançon, il se réfugie en Arménie, à Amasya, et se rend maître des principales villes du Pont. Alexis, qui a juste 17 ans, est alors nommé stratopédarque en 1075 et envoyé pour s'emparer du Normand. Il ne dispose guère de plus d'un millier d'hommes et pratique une campagne de harcèlement. Alexis utilise aussi la diplomatie (constante que l'on retrouve plus tard tout au long de son règne) et prend contact avec un chef turc nommé Toutach, sans doute envoyé par Malik Chah Ier. Celui-ci s'empare de Roussel et le livre à Alexis, qui se trouve alors confronté au mécontentement des habitants d'Amasya, sur qui il compte pour payer la somme promise aux Seldjoukides. Il rentre alors sur Constantinople par mer, car la route terrestre est bloquée par des bandes turques, ce qui illustre l'affaiblissement de l'Empire.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium