Alexandrie (en grec ancien : Ἀλεξάνδρεια / Alexándreia ; en copte : Ⲁⲗⲉⲝⲁⲛⲇⲣⲓⲁ / Aleksandria ou Ⲣⲁⲕⲟⲧⲉ / Rakotə ; en arabe : الإسكندرية / al-ʾiskandariyya) est une ville d'Égypte. En 2023, elle comptait plus de 5 362 517 habitants. Elle a été fondée par Alexandre le Grand en 331 avant notre ère. Dans l’Antiquité, elle a été la capitale du pays, un grand centre de commerce (port d’Égypte) et un des plus grands foyers culturels hellénistiques de la mer Méditerranée centré sur la fameuse bibliothèque qui fonda sa notoriété. C'est actuellement la deuxième ville la plus peuplée du pays après Le Caire.
La ville d’Alexandrie est située à l'ouest du delta du Nil, entre le lac Maréotis et l’île de Pharos. Cette dernière était rattachée à la création de la ville par l’Heptastade, sorte de digue servant aussi d’aqueduc, qui a permis non seulement l’extension de la ville mais aussi la création de deux ports maritimes.
Les ruines antiques ainsi que la nouvelle bibliothèque de la ville ont été proposées en 2003 pour une inscription au patrimoine mondial de l'Unesco et figurent sur la « liste indicative » de l'UNESCO dans la catégorie patrimoine culturel.
Fondée en 331 avant notre ère par Alexandre le Grand, la cité a été durant l'époque hellénistique la plus grande ville du monde grec. Certaines sources indiquent que la cité d'Iskanderiéh (Alexandrie) aurait seulement été reconstruite par Alexandre et qu'elle portait antérieurement le nom de Kayssoun. D'autres assurent qu'Iskander (Alexandre) n'est pas le conquérant mais un autre Iskander, fils de Dara (Darius) et de la fille d'un philosophe grec.
Surnommée le « comptoir du monde » par Strabon, elle formait un pôle commercial majeur, aboutissant à la formation d'une population cosmopolite de l'ordre d'un demi-million d'habitants, presque inégalée durant l'Antiquité. De plus, la ville était la capitale du pouvoir lagide, ce qui lui donnait un rôle de premier plan dans la gestion administrative de l’Égypte et dans l'histoire de la dynastie ptolémaïque.
En −47, les troupes de Jules César incendient la flotte d'Alexandrie ; le feu se propage aux entrepôts et selon différentes interprétations, celui-ci détruit une partie de la grande bibliothèque ou l'épargne. Octave Auguste met fin, après la bataille navale d'Actium en -30, non seulement aux guerres civiles romaines (liquidation de Marc Antoine), mais aussi à l'indépendance égyptienne (jusqu'au XIXe siècle). La province est gouvernée par un préfet. Après les premiers temps de l'annexion, la ville semble avoir regagné de la prospérité du fait de la domination directe par le pouvoir impérial car le blé d'Égypte est essentiel pour les distributions à la plèbe romaine. C'est un important port militaire. En 215, Caracalla visite la cité, et à la suite de satires, commande à ses troupes de tuer tous les hommes en âge de porter une arme. Cet ordre ne sera pas exécuté ; il aurait été matériellement difficile pour sa garde, certainement moins de 5 000 hommes, d'éliminer environ 200 000 adultes physiquement capables de se défendre.
En 215, l'empereur romain Caracalla, comme beaucoup d'autres, aurait visité le tombeau d'Alexandre, l'un des principaux monuments de la cité et aurait même essayé la cuirasse. Cependant en l'an 300, un auteur déclare que plus personne ne sait où est le tombeau d'Alexandre.
Lors de la crise du IIIe siècle, la province d’Égypte, dont Alexandrie, est conquise par le Royaume de Palmyre en 269-270.
En ce même IIIe siècle, l'ancienne écriture hiéroglyphique cesse d'être enseignée et comprise. L'usage de la momification disparaît également. De plus, entre 330 et 640, plusieurs séismes et tsunamis dévastateurs déciment la population, notamment le tsunami de 365. Un de ces tsunamis pourrait, selon l’une des hypothèses invoquées, être responsable de la destruction du célèbre phare d'Alexandrie.
Avec la fondation de Constantinople, le blé d'Égypte est dirigé vers Constantinople, tandis que Rome s'approvisionne en Afrique du Nord.
À la dernière division de l'Empire romain en 395, la ville fait partie de l'Empire romain d'Orient. Alexandrie reste le centre administratif de la province.
Avec la christianisation de l'Égypte, Alexandrie devient un centre culturel et religieux important. Arius, prêtre d'Alexandrie et formulateur de l'Arianisme, et Athanase d'Alexandrie, proche du pouvoir de Constantin Ier, s'opposent sur la nature du Christ. De plus en plus, au cours du IIIe siècle, la ville se rapproche du reste de l'Égypte et peu à peu, décline en population et en splendeur. Dans toute la province les impôts sont écrasants et bien des contribuables abandonnent leurs biens et se font ermites dans le désert ou entrent dans des monastères pour échapper au percepteur.
À la fin du IVe siècle commencent les persécutions des païens. Temples et statues sont détruits dans tout l'Empire, les rites païens sont interdits et punissables de mort (mesure qui ne sera jamais appliquée), les écoles de philosophie païennes sont fermées. En 391, Théodose Ier donne l'ordre de détruire les temples ou de les transformer en églises. Le patriarche Théophile d'Alexandrie s'attelle à cette tâche dans la ville. Hypatie, brillante mathématicienne et philosophe néoplatonicienne, est tuée en 415 par des chrétiens fanatiques. Ces événements marquent le déclin de l'école d'Alexandrie, dont les savants et une partie des savoirs sont progressivement recueillis par Constantinople, qui devient à son tour un foyer majeur des sciences et de la culture.
Les quartiers Brucheum et juif sont détruits au Ve siècle, et leurs monuments centraux, le Sérapéum et le Mouseîon, tombent en ruine. La vie s'organise alors autour de l'emplacement du Sérapéum (rasé et remplacé par une église) et du Césaréum. Les quartiers du Pharos et de l'Heptastade regagnent de la population et restent intacts.
Alexandrie est conquise par les Perses en 616 par Khosro II, roi de Perse. La ville est récupérée par l'empire vers 630. En 640, le général arabe 'Amr ibn al-'As entreprend un siège d'une quarantaine de mois. La cité n'obtient aucune aide de Constantinople : l'empereur Héraclius meurt et le nouvel empereur Constantin III qui ne règne que quatre mois, laisse le pouvoir à son fils de onze ans. Le 17 septembre 642, Alexandrie, évacuée par les Romains, est livrée par le patriarche Cyrus aux troupes de ‘Amr. Il existe une tradition - très probablement erronée - selon laquelle les manuscrits contenus dans la bibliothèque de la ville auraient brulé à ce moment. Malgré une vaine tentative de reconquête byzantine en 645, la ville reste désormais sous domination arabe. Les Grecs qui partent d’Égypte étant surtout des commerçants, le régime de la propriété du sol n’est pas modifié, et les Arabes reçoivent une solde surtout en nature. Ils assurent une garde par rotation à Alexandrie face à la mer et à Khirbeta face au désert. 'Amr écrit au Calife Omar ibn al-Khattâb qu'il a pris une cité contenant :
12 000 vendeurs d'huile fraîche ;
40 000 juifs qui paient tribut ;
400 théâtres ou lieux de divertissement.