Ce Jour-là

Alexandre Soljenitsyne

Écrivain, essayiste-publiciste, poète, personnalité publique et politique russe

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Alexandre Soljenitsyne (ou Soljénitsyne), de son nom complet Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne (en russe : Александр Исаевич Солженицын, ISO 9 : Aleksandr Isaevič Solženicyn), né le 28 novembre 1918 (11 décembre dans le calendrier grégorien) à Kislovodsk et mort le 3 août 2008 à Moscou, est un écrivain russe, auteur d'ouvrages de renommée internationale tels que Une journée d'Ivan Denissovitch, Le Premier Cercle et L'Archipel du Goulag, et un des plus célèbres dissidents du régime soviétique durant les années 1970 et 1980, exilé d'URSS en 1974 après avoir été arrêté et accusé de haute trahison à la suite de la publication en Occident de L'archipel du Goulag, dénonciation du système concentrationnaire soviétique depuis l'époque de Lénine, système dont il a lui-même été victime de 1945 à 1953, à l'époque de Staline.

Né dans le nord du Caucase, il fait de brillantes études de mathématiques et de littérature. Il adhère alors à l'idéologie du régime communiste. Mobilisé en 1941 lorsque commence la guerre contre l'Allemagne, il suit à sa demande une formation d'officier d'artillerie à partir de 1942. Au front, il fait preuve d'une conduite exemplaire qui lui vaut d'être décoré. Il est cependant arrêté en 1945 pour avoir critiqué Staline dans une correspondance personnelle et est condamné pour « activité contre-révolutionnaire » à huit ans de détention dans un camp de travail pénitentiaire. Libéré en 1953, il est placé en relégation dans un village du Kazakhstan et ne pourra rentrer en Russie qu'en 1959, réhabilité par la Cour suprême.

À la faveur de la déstalinisation et de l'adoucissement du régime sous Nikita Khrouchtchev, il publie un premier roman en 1962, Une journée d'Ivan Denissovitch, première œuvre littéraire témoignant de l'existence de camps en URSS, qui fait l'effet d'une bombe. Alors que le régime se durcit sous la direction de Brejnev et que la police saisit certains de ses manuscrits, il parvient à publier quelques ouvrages en samizdat (Le Pavillon des cancéreux) ou à l'étranger (Le Premier Cercle). Ils lui valent une renommée mondiale, jusqu'à obtenir le prix Nobel de littérature en 1970.

En 1973, il donne l'ordre de publier à Paris L'Archipel du Goulag. Cette chronique minutieuse du système de répression politique en Union soviétique, nourrie de nombreux témoignages de rescapés des camps, connaît un retentissement mondial. Elle est considérée comme l'un des ouvrages majeurs du XXe siècle sur le système concentrationnaire.

En 1989, le travail de l'historien Viktor Zemskov sur les archives de l'administration du Goulag soviétique révélera que le nombre de détenus popularisé par Soljenitsyne dans son ouvrage était quatre à cinq fois supérieur à la réalité. Quand les fonds du Goulag furent déclassifiés, il apparut que les chiffres de Viktor Zemskov étaient exacts, et ont été reconnus par la communauté scientifique historienne vers 1992-1993.

Arrêté en 1974, il est expulsé d'Union soviétique et déchu de sa citoyenneté. D'abord réfugié en Europe de l'Ouest, il s'installe ensuite aux États-Unis, dans le Vermont, où il passe vingt années d'exil, au cours desquelles il écrit sa monumentale Roue rouge. Réhabilité par Mikhaïl Gorbatchev, il rentre en 1994 à Moscou, où il termine sa vie.

Figure de proue de la dissidence soviétique, il s'en démarque cependant par une vive critique du matérialisme occidental, exprimée notamment dans son Discours de Harvard sur le déclin du courage (1978).

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne naît le 28 novembre 1918 (11 décembre dans le calendrier grégorien) à Kislovodsk (kraï de Stavropol), sur le versant nord du Caucase. Les parents d'Alexandre se sont connus à Moscou lors d'une permission de son père en avril 1917 et se sont mariés le 23 août 1917 dans sa brigade.

Son père, Issaaki Sémionovitch Soljenitsyne, étudiant en philologie et en histoire à l'université de Moscou, engagé volontaire dans l'armée russe dès l'été 1914, sert en Prusse-Orientale et est devenu officier. De retour du front au printemps 1918, il se blesse grièvement lors d'un accident de chasse et meurt d'une septicémie le 15 juin 1918 à l'hôpital de Gueorguievsk (kraï de Stravropol).

La mère d'Alexandre, Taïssia Zakharovna Chtcherbak, d'origine ukrainienne, fille d'un paysan aisé de la région de la Kouma, étudiante en agronomie à Moscou, accouche dans sa région d'origine d'Issaaki.

Jusqu'à l'âge de six ans, Alexandre est confié à la famille de sa mère, qui travaille comme sténodactylographe à Rostov-sur-le-Don. Il reçoit des rudiments d'instruction religieuse.

Venu ensuite à Rostov, il partage avec sa mère un logement de neuf mètres carrés situé à proximité de l'immeuble de la Guépéou. Il est admis au sein des Pionniers, mais l'origine sociale de sa famille maternelle lui vaut une exclusion temporaire de l'organisation.

Attiré très jeune par la littérature, ayant fait ses premiers essais littéraires au collège, Alexandre Soljenitsyne choisit néanmoins de faire des études universitaires de mathématiques et de physique, à la fois parce qu'il n'y a pas de chaire de littérature à l'université de Rostov et pour des raisons alimentaires. Il suit cependant des cours de philosophie et de littérature par correspondance, s'inscrit à un cours d'anglais et suit également des cours de latin. Comme il le reconnait volontiers, il adhère à l'époque à l’idéologie communiste dans laquelle il a grandi.

Le 27 avril 1940, il épouse Natalia Alexeïevna Rechetovskaïa, étudiante en chimie et pianiste, dont il a fait la connaissance en septembre 1936. Il passe avec succès ses examens finaux de mathématiques le 16 juin 1941 et se trouve à Moscou pour ses examens de littérature le 22 juin 1941, lorsque le Troisième Reich déclenche son offensive contre la Russie soviétique (opération Barbarossa).

Lors de l'invasion allemande de 1941, il manque d'abord de se faire réformer, mais est finalement mobilisé à l'automne 1941 comme soldat de l'Armée rouge dans une unité hippomobile opérant à l'arrière du front.

Le 14 avril 1942, il obtient — à sa demande — une place à l'école d'artillerie. En décembre 1942, il en sort lieutenant et est nommé commandant d'une batterie de repérage par le son.

Blessé à deux reprises, sa conduite exemplaire au feu lui vaut d'être décoré de l'ordre de la Guerre patriotique de 2e classe après la bataille d'Orel (1943) et de l'Étoile rouge pour sa participation à la prise de Rogatchov (1944).

Il est aussi promu au grade de capitaine.

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