Alexandre Sergueïevitch Pouchkine (en russe : Александр Сергеевич Пушкин, /ɐlʲɪˈksandr sʲɪˈrɡʲejɪvʲɪtɕ ˈpuʂkʲɪn/ ; orthographe russe avant 1918 : Александръ Сергѣевичъ Пушкинъ), né le 26 mai 1799 (6 juin dans le calendrier grégorien) à Moscou et mort le 29 janvier 1837 (10 février dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg, est un poète, dramaturge et romancier russe, considéré comme un des plus importants écrivains de son pays.
Issu d'une bonne famille de la noblesse russe, il présente la particularité d'avoir, du côté maternel, une ascendance africaine, étant l'arrière-petit-fils d'un esclave affranchi par Pierre le Grand, Abraham Hannibal, par la suite général dans l'armée russe.
Condamné en 1820 à l'exil intérieur (en province) par le tsar Alexandre Ier pour des écrits séditieux, il est autorisé à s'installer à Moscou en 1826 par Nicolas Ier, puis à Saint-Pétersbourg après son mariage en 1831. Durant toutes ces années, il écrit de nombreuses œuvres, mais son activité est interrompue prématurément lors d'un duel avec un Français, Georges d'Anthès, qu'il soupçonnait de vouloir séduire son épouse.
Il était considéré de son vivant comme le plus grand écrivain russe. Les circonstances dramatiques de sa disparition le transforment en véritable légende. Il bénéficie encore aujourd'hui d'une grande popularité en Russie.
Alexandre Pouchkine est issue d'une famille relativement aisée de la noblesse russe, férue d'art et de littérature, où l'on parle français. À dix ans, il lit Voltaire et La Fontaine dans le texte.
Il est le fils de Sergueï Lvovitch Pouchkine, major puis conseiller militaire, esprit libre, franc-maçon et francophile, membre d'une des plus illustres familles de la noblesse russe, remontant à un gentilhomme allemand venu en Russie au XIIIe siècle.
Sa mère, née Nadejda Ossipovna Hannibal (1775-1836), considérée comme une des beautés de Saint-Pétersbourg, est par sa mère, née Maria Alexeïevna Pouchkina, une lointaine cousine de son époux, mais elle est surtout la petite-fille d'Abraham Hannibal, un ancien esclave d'origine africaine, affranchi et anobli par Pierre le Grand, son parrain et ami.
Surdoué, Abraham Pétrovitch Hannibal (1696-1781) fait une belle carrière en Russie, étant notamment major-général dans l'armée russe.
Il a de nombreux enfants, dont Ossip (1744-1806), époux de Maria Alexeïevna Pouchkina, mère de Nadejda Ossipovna.
Pouchkine et son ascendance africaine
Passionné d'histoire et de généalogie, Pouchkine est fier de ce glorieux aïeul, dont il a hérité certains traits qui le distinguent de ses concitoyens : teint mat, lèvres charnues, cheveux bouclés, ce qui lui vaut d'être surnommé « le singe » par ses camarades de lycée.
Si lui-même se considère comme laid, ses contemporains soulignent que la vivacité et l'éclat de ses yeux bleu acier illuminent sa peau mate, lui donnent la séduction et le charme d'un prince oriental. Il collectionne les succès féminins, malgré une faible attirance pour les mondanités.
Sa mère rejette tout d'abord son fils à cause de son apparence, notamment de sa peau mate.
Alexandre a longtemps souffert de son apparence, parfois jusqu'à détester l'image que lui rendent les miroirs.
Rejeté, Pouchkine se réfugie dans la lecture. Lecteur passionné, il trouve dans la bibliothèque familiale des classiques anglais (Byron, William Shakespeare, Laurence Sterne) et français (Molière, Voltaire, Évariste de Parny). Sa profonde connaissance de la culture française et son parfait bilinguisme (qu'il cultiva toute sa vie) lui valent d'ailleurs le surnom de Frantsouz (Француз, « Le Français ») parmi ses camarades du lycée de Tsarskoïe Selo. Alexandre Pouchkine étonne aussi son entourage par son aisance à improviser, comme à réciter par cœur des vers innombrables ; sa mémoire est infaillible, sa vivacité d'esprit remarquable.
De 1811 à 1817, il fait ses études au lycée impérial de Tsarskoïe Selo (ville rebaptisée Pouchkine en son honneur, en 1937), près de Saint-Pétersbourg. Commence alors l'une des plus heureuses périodes de sa vie : c'est dans cet internat qu'il noue de fidèles amitiés (Delvig, Poushine, Wilhelm Küchelbecker) ; c'est aussi là, dans le parc du palais impérial, qu'il dit avoir connu sa première inspiration poétique. Dès 1814, son poème À un ami poète est publié dans la revue Le Messager de l'Europe. Ces vers, déclamés lors d'un examen de passage, lui valent l'admiration du poète Gavrila Derjavine.
Débuts à Saint-Pétersbourg (1817-1820)
En 1817, il entre au ministère des Affaires étrangères, une sinécure.