Ce Jour-là

Alexander Schnell

Philosophe allemand

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Alexander Schnell, né le 24 février 1971 à Berlin, est un philosophe d'origine germano-bulgare, installé en Allemagne.

Alexander Schnell a passé son enfance et son adolescence à Berlin-Ouest et à Heidelberg. Après avoir obtenu l’Abitur et le Baccalauréat en 1989 au Lycée français de Berlin, il a fait des études d'ingénieur civil à l'Université de Paris VI, puis il a poursuivi avec des études de philosophie à l'Université de Paris I. Il est agrégé en 1997. Les enseignements de Jean-Toussaint Desanti et de Marc Richir ont été décisifs dans son parcours.

Après avoir enseigné deux ans en Bulgarie, à l’Université « St. Kliment Ohridski » de Sofia, il était allocataire-moniteur agrégé puis A.T.E.R. à l’Université de Paris XII. En 2001, il a soutenu une thèse de doctorat sous la direction de Françoise Dastur intitulée : « Le problème du temps chez Husserl (1893-1918) ». Nommé maître de conférences à l’Université de Poitiers en 2002, il a enseigné également à l'Université de Paris XII, à l'Université Paris VII et à l'Université de Paris I. En 2008, il a soutenu une thèse d’habilitation à diriger des recherches sous la direction de Jean-François Courtine sur le thème : « Figures du transcendantal : Fichte, Schelling, Husserl, Heidegger ». En 2007, il a été nommé maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne.

Depuis sa fondation en 2007 (et jusqu’en 2011), il a activement participé au programme Master-Mundus EuroPhilosophie (« Philosophie allemande et française dans l’espace européen »). En 2012, il a fondé le Centre d'études de la philosophie classique allemande et de sa postérité (CEPCAP) à l’Université Paris-Sorbonne.

Alexander Schnell enseignait régulièrement à l’Université Paris-Sorbonne-Abou Dabi. Il a été professeur invité aux Universités de Memphis (États-Unis), de Hosei (Tokyo), et de Freiburg (Allemagne). Entre 2014 et 2016 il était chef du département de philosophie et de sociologie à l'université Paris-Sorbonne Abou Dabi. Depuis 2016, il est professeur de philosophie théorique et phénoménologie à l'université de Wuppertal, où il succède à László Tengelyi. Il y dirige l'Institut für Transzendentalphilosophie und Phänomenologie (ITP) dans lequel sont intégrés: l'Internationales Fichte-Forschungszentrum (IFF), l'Eugen Fink Zentrum Wuppertal (EFZW) et les Archives Marc Richir (MRA). Il est président de l'Association Internationale de Phénoménologie (A.I.P.).

Alexander Schnell est un spécialiste aussi bien de l'idéalisme allemand que de la phénoménologie. Il est l'auteur d'une trentaine de monographies, d'une quarantaine d'ouvrages collectifs et de très nombreux articles portant sur Kant, Fichte, Schelling, Husserl, Heidegger ou encore Fink, Lévinas et Richir. Il a également proposé de nombreuses traductions d'ouvrages philosophiques, de l'allemand vers le français mais aussi du français vers l'allemand ou encore vers le bulgare. Depuis quelques années, il s'attache à développer une réflexion propre au confluent de l'idéalisme allemand, de la phénoménologie allemande et de la phénoménologie française, s'appuyant également sur l'esthétique ou l'anthropologie. Ses efforts consistent à reprendre le projet husserlien d’une phénoménologie de la connaissance dans le cadre de la phénoménologie comprise comme idéalisme transcendantal et à élaborer les fondements spéculatifs de la phénoménologie. Sa propre position philosophique se caractérise comme « phénoménologie constructive », « transcendantalisme spéculatif » ou encore « phénoménologie générative ». Il rédige ses travaux essentiellement en français et en allemand.

L'amorce d'une refonte de la phénoménologie transcendantale, dans le sillage de Fink, Derrida, Richir et Deleuze, toujours en mouvement, a donné lieu jusqu’à présent à une trilogie entamée avec La déhiscence du sens (2015), poursuivie dans Le clignotement de l’être (2021) et culminant dans Préphénoménalité et générativité (2025). Chaque tome aborde ce projet sous un angle différent.

La déhiscence du sens introduit les outils méthodologiques d’une phénoménologie qualifiée de constructive ou générative, avec une attention particulière portée aux différents genres de construction phénoménologique. L’importance de l’imagination et de la phantasía y est soulignée. L’ouvrage développe également plusieurs concepts clés, tels que l’inconscient phénoménologique, le réel, la vérité, le temps, l’espace, ainsi qu’une ébauche d’anthropologie phénoménologique centrée sur l’homo imaginans.

Le second tome, Le clignotement de l’être, approfondit ces aspects méthodologiques et explore les liens historiques avec la philosophie allemande classique et contemporaine. Il aborde aussi les relations entre phénoménologie transcendantale et ontologie phénoménologique.

Le troisième volume, Préphénoménalité et générativité, articule l’ensemble des perspectives précédentes pour proposer une synthèse cohérente. Il présente les grandes lignes d’une « nouvelle phénoménologie », développée depuis les années 1960 et marquée par un éloignement significatif par rapport aux premières amorces de la phénoménologie chez ses « pères fondateurs » Husserl, Heidegger et Fink. Cette nouvelle orientation remet en cause le rôle central de la subjectivité constituante et la méthode strictement descriptive, au profit d’une attention à la « préphénoménalité », déjà évoquée dans les ouvrages antérieurs. L’ouvrage est structuré en deux parties : une section historique consacrée aux sources de la phénoménologie générative, et une partie systématique, abordant notamment la question de la vérité, les rapports entre réalité et affectivité, ainsi que les bases d’une « théo-ontologie » fondée sur le concept de « contraction phénoménologique ».

La Genèse de l’apparaître. Études phénoménologiques sur le statut de l’intentionnalité, Beauvais, Mémoires des Annales de Phénoménologie, 2004.

Temps et Phénomène. La phénoménologie husserlienne du temps (1893-1918), coll. « Europæa Memoria » (diff. Vrin), Hildesheim, Olms, 2004.

De l’existence ouverte au monde fini. Heidegger 1925-1930, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie – Poche », 2005 (ISBN 978-2-7116-1792-0, présentation en ligne)

Husserl et les fondements de la phénoménologie constructive, coll. « Krisis », Grenoble, J. Millon, 2007.

Réflexion et spéculation. L'idéalisme transcendantal chez Fichte et Schelling, coll. « Krisis », Grenoble, J. Millon, 2009.

En deçà du sujet. Du temps dans la philosophie transcendantale allemande, coll. « Epimethée », Paris, PUF, 2010.

En face de l'extériorité. Levinas et la question de la subjectivité, coll. « Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie - Poche », Paris, Vrin, 2010.

Le sens se faisant. Marc Richir et la refondation de la phénoménologie transcendantale, préface de Guy van Kerckhoven, Bruxelles, Ousia, 2011.

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