Ce Jour-là

Aleth

Établissement humain en France

Anúncio

En Armorique, Aleth ou cité d'Aleth (également écrit Alet, et Aled en breton) fut un temps la capitale du peuple celte des Coriosolites (hormis la période où la capitale fut Corseul), puis devint une place forte gallo-romaine, une ville au Moyen Âge et enfin une forteresse dans les siècles suivants.

Aleth est située sur la côte nord de la Bretagne (la côte d'Émeraude) au débouché de la Rance. Elle se trouve sur un promontoire occupé aujourd'hui par Saint-Servan, ancienne commune et désormais quartier de la commune de Saint-Malo depuis 1967.

L'archéologie et la topographie du site (promontoire rocheux culminant à 30 m) confirment les renseignements fournis par la toponymie : Alet tire son nom du toponyme gaulois Al-etum, dont le radical al-, réduction de la base cal-, désigne tout ce qui est rocaille, hauteur rocheuse. « En bref, le nom d'Alet “la rocheuse” appartient à notre vieux patrimoine linguistique, dans une région riche en toponymes protohistoriques » selon les chercheurs Loïc Langouet et Guy Souillet.

Les Coriosolites, une des tribus celtes d'Armorique, occupent le site d'Aleth dès 80 av. J.-C. Le niveau de la mer à cette époque se situait à 8 mètres en dessous du niveau actuel. [réf. souhaitée]

Il s'agit d'un site d'importance, mêlant activités portuaires et production métallurgique.

Au début de notre ère, la ville est occupée par les Romains, qui l'incendient vers l'an 10, sous le règne de Tibère, peut-être en rapport avec des révoltes locales, et elle est alors abandonnée au profit de Corseul. Alet disparut pour devenir Reginca (nom qui désigne aussi la Rance). Les constructions en pierre font leur apparition.

Vers 270 ou 280, dans un contexte général d'insécurité, les autorités fortifient le promontoire d'Alet. Un rempart de 3 à 4 m de hauteur est construit en suivant le contour des falaises, sur une longueur de 1 400 m (on peut encore aujourd'hui en voir quelques portions). Le rempart est muni de tours carrées. Des fortifications romaines, il ne subsiste de nos jours qu'un pan de mur faisant face à la ville intra-muros de Saint-Malo et certaines des fondations de l'enceinte de la tour Solidor.

Au IVe siècle, vers 340, il est probable qu'Aleth devienne le nouveau chef-lieu de la civitas des Coriosolites. Le site est par sa configuration naturelle plus facilement défendable que Corseul. Vers 380, Aleth accueille la principia, ou quartier général, de la garnison des soldats Martenses chargés de la surveillance d'une portion du littoral dans le cadre du Tractus Armoricanus et Nervicanus.

Au Ve siècle, les Romains abandonnèrent la cité. Elle redevint alors la capitale des Coriosolites mais elle allait décliner rapidement et ce n'est qu'en 575 que Tudunal entreprend son redressement[réf. souhaitée] et Alet deviendra la principale défense contre l'invasion des Francs dans la région.

Elle fut détruite au Ve siècle par les Alains puis par les Saxons[réf. souhaitée]. Vers 538, un clerc venant du Pays de Galles du nom de Maclou (ou Malo) débarqua sur l'île de Cézembre située en face de la cité, pour aller rejoindre l'ermite Aaron sur l'îlot rocheux d'en face nommé Kalnach, qui allait bientôt porter son nom et sur lequel la ville de Saint-Malo se développa. Lorsque Aaron mourut, Malo revint à Aleth et devint le premier évêque de la cité (en 590) qu'il releva de ses ruines. Entré en conflit avec les Aletins, Malo quitta la ville pour Saintes où il mourut un 15 novembre vers l'an 621. Ses reliques seront translatées à la cathédrale d'Alet en 672, avant d'être dispersées au Xe siècle lors des invasions normandes.

Le pagus Alethensis, situé à l'est de la Rance était un pagus, c'est-à-dire une subdivision administrative de la Domnonée.

Les Francs pilleront la cité au début du IXe siècle, incendiant habitations et église. Aleth et sa région semblent alors passer sous la domination de Rorgon Ier du Maine. La cité sera promue au rang d'évêché au IXe siècle et verra la construction d'une nouvelle église.

Aleth et sa région subiront plusieurs raids des Normands au cours du IXe siècle. Elle sera occupée, son église pillée et de nouveau détruite. Une basilique sera construite sur l'emplacement de l'ancienne. Ce sont les ruines de cette dernière que l'on peut apercevoir de nos jours, des fouilles entreprises en 1972 ayant mis au jour l'ensemble de ses fondations.

Pour se protéger de ces raids à répétition, beaucoup des habitants de la presqu'île d'Aleth s'étaient réfugiés sur le rocher de Saint-Malo, situé en face et plus facile à défendre. Cet îlot n'abritait alors qu'une petite communauté monastique. Cette nouvelle ville supplantera progressivement la cité d'Alet et, au XIIe siècle, l'évêché y sera transféré par l'évêque Jean. Un changement de la topographie de l'estuaire de la Rance est aussi à l'origine du déclin d'Aleth. Une montée progressive des eaux de quelques mètres au cours des siècles réduisit considérablement les bancs d'échouage devant Solidor, bancs dont les bateaux se servaient pour décharger leurs marchandises alors que, dans le même temps, les vasières qui séparaient Aleth de l'îlot de Saint-Malo se retrouvaient immergées à marée haute, permettant la création d'un port pour la nouvelle cité malouine.

En 1255, la cité d'Aleth menée par Guillaume du Mottay, se révolta contre la domination croissante de la nouvelle ville et les taxes qu'elle exigeait. Mais ils furent vaincus par les Malouins, associés pour l'occasion aux troupes royales. Les murailles de la cité seront alors abattues et le château d'Oreigle, sur l'actuel site de la tour Solidor sera rasé. Symbole de la nouvelle domination malouine, la toiture de la cathédrale d'Aleth sera démontée.

La disparition de l'isthme de sable qui émergeait à marée basse entre Cézembre et Saint-Malo, probablement dû au violent tremblement de terre qui secoua la Bretagne et toute la côte continentale de la Manche jusqu'en Hollande en 1427, modifia aussi les accès aux deux cités, au profit de la cité malouine.

À la fin du XVIIe siècle, l'endroit, désormais connu sous le nom de cité d'Aleth, est équipé de plusieurs batteries pour protéger l'entrée de la Rance. Vauban, alors inspecteur général des fortifications du roi, avertit les Malouins que le manque de fortifications sur cette hauteur fait courir un risque à la ville : « Fortifiez moi ces hauteurs hors-delà, quelques jours, vingt mortiers vous mettront en cendres ». Mais il faudra attendre plusieurs incursions anglaises pour qu'une réelle fortification de la cité d'Aleth soit faite. En 1759, l'ingénieur en chef de la cité malouine, le chevalier Charles Mazin, construit un grand fort d'artillerie capable de défendre Saint-Malo, son port, l'accès à la Rance et l'arrière-pays (l'actuel Saint-Servan). C'est ce fort qui est encore visible aujourd'hui.

À la fin du XIXe siècle, dans le cadre de la refonte complète de la défense de Saint-Malo, le fort va connaître d'importants travaux de modernisation avec l'implantation d'une batterie de 95 mm sur affût de côte dans la cour et d'une batterie de 47 TR en extérieur afin de défendre l'embouchure de la Rance.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Aleth | World in Stories