Ce Jour-là

Alcooliques anonymes

Organisation mondiale d'entraide

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Alcooliques anonymes (Alcoholics Anonymous), abrégé sous le sigle AA, est une organisation d'entraide mondiale présente dans plus de 180 pays, avec 120 300 groupes et près de 2 100 000 membres au 1er janvier 2018. Son unique but est d'aider des personnes ayant un problème avec l'alcool ou se reconnaissant alcooliques, qu'elles soient des alcooliques chroniques ou cycliques, et désireuses d'arrêter de boire, à devenir et rester abstinentes.

La démarche proposée aux membres de la « fraternité » des Alcooliques anonymes est un programme de rétablissement en douze étapes. Ces étapes se référent à une notion de Puissance Supérieure qui peut être Dieu ou toute autre Puissance Supérieure à lui-même qui permet à celui qui les travaille de puiser sérénité, courage et sagesse. Chacun est libre de croire en ce qu’il veut… ou de ne croire en rien. En effet, le programme de rétablissement en douze étapes n'est pas imposé en AA, mais seulement suggéré, les membres gardant la liberté de prendre ce qui les intéresse et de laisser le reste.

En France, en Suisse, en Belgique, au Québec, etc., les Alcooliques anonymes ont une influence déterminante parmi les organisations néphalistes francophones. Avec la Croix-Bleue, le Mouvement Vie Libre, Alcool Assistance ou encore Alcool écoute joie et santé, AA fait partie des associations d'aide aux malades de dipsomanie les plus importantes du monde francophone.

La fondation des AA a été précédée de l'appartenance de ses fondateurs aux Groupes d'Oxford, au sein desquels ils parvinrent à rester ou à devenir abstinent.

Tout remonte à une tentative de psychothérapie d'un patient alcoolique américain : Rowland Hazard III (en) venu en Suisse pour se faire traiter par le psychanalyste suisse Carl Gustav Jung pendant plus d'un an. À la suite de plusieurs rechutes qui émaillèrent cette tentative de cure, Jung se déclara impuissant à traiter ce patient alcoolique, et lui conseilla de « vivre une expérience spirituelle ou religieuse seule capable de le remotiver ». Suivant ce conseil, Rowland Hazard III à son retour aux États-Unis adhéra aux Groupes d'Oxford, grâce aux principes et aux réunions desquels il parvint à devenir abstinent. Il consacra alors une partie de sa vie à transmettre le message des Groupes d'Oxford comme ceux-ci le préconisaient, entre autres à d'autres alcooliques, dont un certain Ebby Thacher (en).

Ebby devint lui aussi abstinent, du moins pendant un temps, pendant lequel il rendit visite à un de ses amis: William Griffith Wilson, dit Bill Wilson ou Bill W. (en), futur cofondateur du mouvement AA, à qui il fit part de son accession à l'abstinence d'alcool grâce à son appartenance aux Groupes d'Oxford.

Bill W. vint aux réunions des Groupes d'Oxford et, devenu abstinent après une cure à l'hôpital Towns de sa ville, New-York, il le resta à partir de décembre 1934 En mai 1935, alors que son enthousiasme à amener exclusivement des alcooliques aux Groupes d'Oxford de New-York avait commencé à le mettre en délicatesse avec ces derniers, Bill W. rencontra à Akron (Ohio) le Dr Bob, lui aussi membre des Groupes d'Oxford, et qui cherchait en vain à arrêter l'alcool. Avec l'aide de Bill W, le Dr Bob prit son dernier verre d'alcool le 10 juin 1935, date qui a été retenue officiellement comme date de naissance des Alcooliques anonymes.

La naissance des AA eut lieu en fait quand, à New-York, Bill Wilson et un certain nombre d'ex alcooliques devenus abstinents dans les Groupes d'Oxford quittèrent ceux-ci et commencèrent à se réunir à part ceux-ci, et quand semblable événement se produisit à Akron, ville du Dr Bob.

A noter que le nom "Alcooliques anonymes" est aussi le nom légal des auteurs du livre dit Le Big Book des AA, dont le titre original était : The Story Of How More Than One Hundred Men Have Recovered From Alcoholism, (en français L'histoire de comment plus d'une centaine d'alcooliques se sont rétablis de l'alcoolisme) et que les premiers membres écrivirent, puis publièrent en 1939.

Joseph Kessel, par son ouvrage Avec les alcooliques anonymes, un reportage sur les AA aux États-Unis, contribua à les faire connaître en France et dans le monde francophone. Son livre rapporte son voyage aux États-Unis à la rencontre des alcooliques, autrefois en perdition, devenus abstinents avec les AA, et qui s'emploient désormais au sein du mouvement à s'entraider à le rester et à en aider d'autres à le devenir.

C'est en 1960 que le premier groupe francophone de France fut ouvert à Paris où des groupes anglophones existaient depuis 1949.

En Belgique, le premier groupe s'était réuni en 1953.

L'anonymat est la base des traditions des AA. Ainsi tous ses membres sont égaux. Aucun ne peut être médiatisé ou stigmatisé plus qu'un autre. Tout ce qui est dit en confiance ne doit pas sortir des salles de réunions. Il n'y a ni thérapeute ni encadrement d'aucune sorte. La méthode repose sur un programme de rétablissement en 12 étapes, le partage d'expérience, de force et d'espoir, le partage d'émotions : « Qui mieux qu'un malade alcoolique rétabli peut comprendre un autre malade alcoolique qui souffre encore ? »

En France, comme dans la plupart des pays (ou parties de pays), il existe un conseil d'administration de l'association, dont les membres sont régulièrement renouvelés, qui constitue la représentation légale du mouvement. Il existe par ailleurs des services généraux chargée de services aux membres, aux alcooliques auxquels le mouvement veut tendre la main, et aux groupes.

Chaque groupe est autonome sauf pour ce qui touche les autres groupes ou le mouvement AA dans son ensemble. Les groupes contrôlent le conseil d'administration et les services généraux par l'intermédiaire de délégués régionaux élus par des délégués des groupes, réunis lors de « conférences nationales de service » périodiques.

Des délégués des conseils d'administration des différentes régions ou pays partagent leurs expériences de service dans des conférences mondiales tenues tous les deux ans.

Afin de préserver leur indépendance, les AA n'acceptent pas de subventions. Ils s'autofinancent par les contributions volontaires de chacun de ses membres. L'argent donné sert à payer les loyers du local où il se réunit, à régler les frais d'intendance ou de secrétariat, mais aussi à financer les actions du conseil d'administration et des services généraux, tant au niveau national qu'international. Dans le cas où des mairies ou des structures médico-sociales prêtent gratuitement leurs locaux pour la tenue de réunions, les AA offrent une somme d'argent généralement destinée à une œuvre sociale afin de garder leur indépendance. De même, les AA refusent d'être reconnus d'utilité publique.

Les AA n'ont pas vocation et ne prétendent pas se substituer à la médecine qui figure parmi leurs « alliés naturels ». À ce titre, ils participent à des réunions d'information dans les centres d'alcoologie des établissements hospitaliers au profit des malades mais aussi des soignants.

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