Albin Chalandon, né le 11 juin 1920 à Reyrieux (Ain) et mort le 29 juillet 2020 aux Mesnuls (Yvelines), est un haut fonctionnaire, homme d’affaires, homme politique et résistant français. Il est député des Hauts-de-Seine puis du Nord, ainsi que ministre du général Charles de Gaulle, de Georges Pompidou et de Jacques Chirac.
Albin Chalandon est le fils de Pierre Chalandon (1879-1964), industriel, maire de Reyrieux (Ain), et de Claire Cambon (1885-1965). Il est le quatrième et dernier fils de sa famille. Il grandit dans l'Ain et fait ses études en région lyonnaise, au lycée Ampère.
Par son père, il est le petit-fils de l'homme politique Emmanuel Chalandon, maire de Parcieux et conseiller départemental de l'Ain. Par sa mère, il est le petit-fils de l'ingénieur et journaliste Victor Cambon, professeur à l'École des arts et manufactures de Lyon.
Après avoir fréquenté le lycée Michelet à Vanves puis le lycée Condorcet à Paris, où il prépare le concours d'entrée de l'École normale supérieure, il obtient finalement une licence de lettres à la faculté des lettres de Paris et un DES de philosophie en 1942.
Au printemps 1943, par l'intermédiaire d'une voisine d'immeuble et d'un ami d'études, il est recruté par le lieutenant Jean de Montangon (d), alias « Liénart », adjoint du colonel Marc du Garreau dans l'Organisation de résistance de l'Armée (ORA), afin de repérer de jeunes recrues dans les classes préparatoires parisiennes. En juin 1944, Montangon le prend comme adjoint à la tête du "Corps Franc Liénart" alors composé de quatre sections de vingt hommes chacune. A la suite du coup de filet de la Gestapo le 3 juin 1944 qui décapite l'état-major FFI de la région parisienne, Montangon est arrêté et Albin Chalandon se retrouve à 24 ans à la tête de l'ensemble du Corps Franc Liénart .
Réfugié en forêt d'Orléans grâce à un ami de la famille, il va rechercher l’endroit pour implanter le premier camp du maquis de Lorris, au lieu-dit « les Aulnottes », où s'agrègent bientôt jusqu'à 500 hommes. Sous les ordres du lieutenant-colonel Marc O'Neill et du capitaine Benjamin Passet, il s'y fait remarquer par son courage, se distinguant tout particulièrement lors des combats du Pont des Bordes (22 juillet 1944) et de Chicamour (12 août 1944).
Après la libération d'Orléans, début août, il reçoit l'ordre d'exécuter un agriculteur et son fils après que ceux-ci, protestant de devoir ravitailler le maquis contre des bons de nourriture, les avaient dénoncés aux Allemands. Albin Chalandon prend alors la décision de les exécuter lui-même avec son second, car le peloton d'exécution désigné est ivre de bières récupérées dans un camion allemand attaqué un peu plus tôt.
Le 23 août, sur ordre de ses supérieurs, il prend la route de la capitale et rejoint la 2e division blindée du général Leclerc, ce qui le conduit à participer à la libération de Paris, et plus particulièrement à celle du palais Bourbon et des bâtiments du quai d'Orsay, alors tenus par les SS. Lors des combats parisiens, il obtient personnellement la reddition de près de quatre cents Allemands, ce qui lui vaut la Légion d'honneur à titre militaire. Il se bat ensuite dans les maquis de Sologne, en septembre 1944.
Haut fonctionnaire de la Quatrième République
En avril 1945, Albin Chalandon est reçu au concours de l'Inspection générale des finances. En janvier 1947, Albin Chalandon est recruté comme chargé de mission pour les affaires économiques et financières au sein du cabinet de Léon Blum, président de l'ultime gouvernement provisoire de la République française.
Il poursuit ses missions auprès de Paul Ramadier, premier président du Conseil des ministres de la Quatrième République, de janvier à novembre 1947.
En novembre 1947, il devient conseiller au cabinet de René Mayer, ministre des Finances et des Affaires économiques. Il est chargé d'un rapport sur la réforme de l'industrie aéronautique. Il suit son ministre dans ses nouvelles fonctions de ministre de la Défense nationale de juillet à septembre 1948.
Il quitte finalement les cabinets ministériels en 1950.
Albin Chalandon est recruté par la Banque nationale pour le commerce et l'industrie en 1950, grâce à la recommandation de Ludovic Tron, ancien directeur de cabinet d'André Phlip, ministre de l’Économie nationale et des Finances. Il prend alors la direction de la division africaine du groupe, en Algérie et au Maroc.
En mars 1952, sur la recommandation d'Abel-François Chirac (père de Jacques Chirac), il est débauché par les industriels Marcel Dassault et Henri Potez pour créer la Banque commerciale de Paris, dont il fait, en seize ans, la sixième banque française, revendant alors ses parts pour entrer en politique, en 1968. Cette banque est absorbée, en 1972, par la Banque Vernes, qui fait un séjour dans le secteur public entre 1982 et 1987.
Dirigeant du mouvement gaulliste
Albin Chalandon adhère au Rassemblement du peuple français (RPF) dès 1948 et participe notamment au mouvement de l'Action ouvrière. Il prend cependant ses distances avec l'aventure politique du gaullisme lorsqu'il quitte les cabinets ministériels pour la banque, en 1950.
Lors du retour au pouvoir du général de Gaulle en mai 1958, il est nommé trésorier, d'octobre à décembre 1958, puis secrétaire général, de janvier à novembre 1959, de l'Union pour la nouvelle République (UNR). Il quitte ses fonctions avec fracas, en novembre 1959, à la suite d'une mise en cause et d'une campagne de dénigrement menée par Jacques Soustelle et les partisans de l'Algérie française.