Ce Jour-là

Alberto Sordi

Acteur, réalisateur et scénariste italien

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Alberto Sordi, né le 15 juin 1920 à Rome et mort le 24 février 2003 dans la même ville, est un acteur, comédien, réalisateur, scénariste, compositeur, chanteur et doubleur italien.

Ayant joué dans quelque 155 films dont 19 réalisés par ses soins, il est l'un des piliers de la comédie à l'italienne avec Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi, Nino Manfredi et Vittorio Gassman. En un demi-siècle de carrière, de la période de la guerre jusqu'à la toute fin du XXe siècle, Sordi a réussi à fournir une fidèle image de l'histoire des valeurs et des coutumes de l'Italien typique, observé à travers ses bassesses. En outre, à l'instar d'Aldo Fabrizi et d'Anna Magnani, il est aussi l'archétype du Romain dans le cinéma italien.

Alberto Sordi naît le 15 juin 1920 à Via San Cosimato 7, dans le quartier du Trastevere. Le bâtiment dans lequel il vivait a été démoli en 1930 pour faire place à la construction du Palazzo delle Sacre Congregazioni Romane. Une plaque commémorative a été placée à l'emplacement d'origine. Il est le benjamin de la famille, quatrième fils de Pietro Sordi (Valmontone, 14 mai 1897 - Rome, 4 juin 1941), professeur de musique et instrumentiste, titulaire du tuba contrebasse dans l'orchestre du Teatro dell'Opera de Rome, et de Maria Righetti (Sgurgola, 11 février 1898 - Rome, 29 février 1952), enseignante à l'école élémentaire. La famille comprend sa sœur Savina (Rome, 1911 - Udine, 19 août 1972), son frère Giuseppe (Rome, 1915 - Livourne, 24 août 1990) et sa sœur Aurelia (Rome, 15 juillet 1917 - Rome, 12 octobre 2014). Un troisième fils, déjà prénommé Alberto et surnommé « Albertino » par son frère cadet, est mort le 24 mai 1916 après seulement quelques jours.

Il passe une partie de son enfance dans la petite ville de Valmontone et fréquente l'école primaire Armando Diaz où il commence à improviser de petites pièces avec un théâtre de marionnettes. Il chante également comme soprano dans la maîtrise de la chapelle Sixtine, dirigé par Don Lorenzo Perosi, jusqu'à la mue précoce de sa voix en basse qui deviendra par la suite l'un de ses atouts distinctifs. Il étudie le chant lyrique et se produit sur les scènes d'opéra pendant un certain temps.

En 1936, il enregistre un disque de contes pour enfants pour la maison de disques Fonit et, avec les recettes, part pour Milan où il s'inscrit à un cours d'art dramatique à l'Accademia dei filodrammatici. Pour partir vers le nord, il abandonne ses études à l'Istituto di Avviamento Commerciale Giulio Romano à Trastevere (il passera cependant son diplôme de comptable en tant qu'étudiant privé quelques années plus tard pour faire plaisir à sa mère). L'expérience est un échec et se termine par l'expulsion du jeune Sordi en raison de sa perceptible inflexion dialectale romaine.

De retour dans la capitale, il trouve un emploi de figurant à Cinecittà en 1937, apparaissant dans le film épique Scipion l'Africain dans le rôle d'un soldat romain. La même année, il remporte un concours organisé par Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) pour doubler la voix d'Oliver Hardy (d'abord sous le pseudonyme d'« Albert Odisor »), aux côtés de Mauro Zambuto (it), qui prête sa voix à Stan Laurel. Comme Sordi l'a lui-même raconté dans l'émission télévisée Laurel & Hardy - Due teste senza cervello, il s'est présenté aux auditions sans aucune expérience spécifique du doublage et avec peu d'espoir de succès, étant donné la concurrence des professionnels établis dans le secteur ; C'est le directeur du doublage de la MGM, Franco Schirato, qui considère que son registre grave et son timbre de voix « chaud et moelleux » conviennent parfaitement à la taille considérable du personnage (bien que la voix de Hardy soit en fait dans le registre ténor) ; il est donc engagé sans tarder et débute dans le doublage de la comédie En dessous de zéro en 1939, suivi du long métrage Laurel et Hardy conscrits la même année.

Le 25 juin 1950, Sordi a l'occasion de rencontrer et de doubler Hardy en direct, caché derrière le rideau avec Mauro Zambuto, lors d'une tournée italienne de Laurel et Hardy à la Villa Aldobrandini à Rome où un spectacle pour enfants a été organisé. En tant que doubleur, Sordi travaille jusqu'en 1956. Il prête sa voix à Bruce Bennett, Anthony Quinn, John Ireland, Robert Mitchum, Pedro Armendáriz et, pour les Italiens, à Franco Fabrizi et même à Marcello Mastroianni, dans le film Dimanche d'août, sorti en 1950.

Sa voix est également reconnaissable dans la version italienne des films La vie est belle (1946) de Frank Capra et Le Voleur de bicyclette (1948) de Vittorio De Sica, ainsi que dans le film Sa Majesté monsieur Dupont (1950) d'Alessandro Blasetti et dans I pinguini ci guardano (1956) (son dernier emploi en tant que doubleur), où les animaux du film parlent avec les voix d'acteurs célèbres. À deux reprises, cependant, il se retrouve doublé par un autre acteur : dans le film Cuori nella tormenta réalisé par Carlo Campogalliani en 1940, il est doublé par Gualtiero De Angelis (it), et dans le film Le Passeur, réalisé par Duilio Coletti en 1947, où il joue le rôle d'un brigand, c'est Carlo Romano qui lui prête sa voix.

Le théâtre de revue, d'autres figurations et la guerre

Dans le domaine de la revue, après une tentative infructueuse avec la troupe d'Aldo Fabrizi et Anna Fougez lors de la saison 1936-1937 dans la pièce San Giovanni, il fait un nouvel essai lors de la saison suivante. Avec un ami d'enfance et camarade d'école, il forme un duo d'imitateurs et de fantaisistes qui dure peu de temps, et il réussit enfin à faire ses débuts dans le théâtre de revue avec la troupe de Guido Riccioli (it) et Nanda Primavera lors de la saison 1938-1939 avec la pièce Ma in campagna è un'altra... rose. Dans ce spectacle, il a d'abord le rôle de Stilé (danseur en ligne), puis il est promu au rôle de majordome dans un sketch de Benini et Gori écrit pour lui.

En parallèle de ses activités théâtrales, il fait en dilettante quelques apparitions au cinéma pendant cette période : en 1938 dans le film Tarakanowa, avec Anna Magnani, et l'année suivante, dans La notte delle beffe.

En 1940, Sordi est appelé sous les drapeaux. Il porte l'uniforme de l'Armée royale et sert avec la fanfare présidentielle Torino du 81e régiment d'infanterie, accompagnant les départs des soldats italiens pour la brève campagne de France. Son service militaire lui laisse cependant suffisamment de temps pour poursuivre sa carrière artistique. C'est à partir de cette période (saison 1941-1942) qu'il participe à Tutto l'oro del mondo avec la compagnie de Guido Fineschi et Maria Donati, Teatro della caricatura (1942) aux côtés de Fanfulla, Ritorna Za-Bum (1943) et Sai che ti dico? (1944) tous deux écrits par Marcello Marchesi et mis en scène par Mario Mattoli, à la revue musicale Un mondo di armonie d'Alberto Semprini (1944), Imputati... alziamoci! de Michele Galdieri (1945), Soffia so'.... de Garinei et Giovannini (1946), E lui dice... de Benecoste, mis en scène par Oreste Biancoli et Adolfo Celi (1947), et enfin, lors de la saison 1952-1953, Gran baraonda. C'est sa dernière apparition sur scène aux côtés de Wanda Osiris qu'il dirigera plus tard, en 1973, dans une scène de Poussière d'étoiles (1973), un film se déroulant dans le monde de la revue.

C'est à la radio, entre 1946 et 1953, qu'il commence à se faire connaître. En 1946, inspiré par les milieux de l'Action catholique, il conçoit sa satire des personnages de I compagnucci della parrocchietta, avec leur langage nasal caractéristique et leur attitude « correcte ». L'un de ces personnages plaît tellement à Vittorio De Sica qu'il propose à Sordi de l'adapter au cinéma dans Mamma mia che impressione! (1951), son premier film en tant que protagoniste, par l'intermédiaire de la P.F.C. (Produzione Film Comici) nouvellement créée. Le film, scénarisé par Cesare Zavattini et réalisé par Roberto Savarese, bien qu'adapté du modèle de jeu entièrement verbal expérimenté à la radio, contribue à la consolidation du personnage reproposé par la suite dans d'autres œuvres mineures.

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