Albert Boudon-Lashermes, ou ABL, ou aussi Albert Boudon, né au Puy-en-Velay le 28 février 1882, mort le 12 juillet 1967 à Brives-Charensac, est un auteur régionaliste, érudit, généalogiste, de langue française, à l’œuvre pléthorique.
C'est aussi un poète de langue provençale qui appartint au mouvement du félibrige et qui fut reconnu par Frédéric Mistral. Il domine la vie culturelle du Puy-en-Velay pendant la grande première moitié du XXe siècle.
Albert Boudon-Lashermes est né au Puy dans une famille aisée et érudite, demeurant au 36, boulevard Saint-Louis. Son père, Georges Boudon (1854-1926), et son oncle sont avoués, un deuxième oncle, Albert Boudon, est féru d’histoire et de généalogie et auteur de plusieurs ouvrages sur le Velay. Ensemble, ils ont terminé un arbre généalogique complet de la famille Garnier depuis Warnachaire Ier. Sa mère, Louise Lashermes (1855-1939), fille de notaire, appartient à une ancienne famille de riches maîtres artisans tanneurs, orfèvres, puis de faïenciers du Puy très appréciés, les Lashermes.
Très jeune, Albert Boudon-Lashermes devient « fouilleur et dénicheur de poterie antique », son père et son oncle le conduisant « au Camp d'Antoune (à Salettes), aux grottes de Sinzelles (à Polignac), de Roche-Aubert et de Couteaux (à Lantriac) ».
Il écrit ses premiers poèmes et pièces de théâtre sous son nom ou sous le pseudonyme Larifitanfoy..
Après des études secondaires au collège Saint-Michel à Saint-Étienne, il s'inscrit à la faculté de droit de l'université de Grenoble. En 1908, il devient docteur en droit en soutenant une thèse de doctorat sur La Sénéchaussée présidiale du Puy.
Albert Boudon-Lashermes est à l'origine de la découverte du camp d'Antoune au sud de la Haute-Loire et de celle du château du Mézenc.
Il choisit d'écrire en provençal plutôt qu'en auvergnat du Velay.
Désireux de ressusciter la Cour de l'Épervier, il fonde l'Escolo felibrenco velaienco et devient mainteneur des Jeux floraux du pays vellave (la demande de maintenance a été faite à Mistral en 1912).
Mistral lui-même préface, en mars 1914, son recueil Glòri óublidado, Pouèmo prouvençau. C'est la dernière préface du grand poète provençal qui meurt le 25 mars 1914 : « E lou cabiscòu de l'Escolo, lou baile velaien, mèste Boudoun Las Hermes, vuei nous regalo d'un recuei de pouësìo epico, li Glòri óublidado, que, talamen es linde, éu nous sèmblo espeli en ribo de Vau-Cluso! » ; traduction : « et le cabiscou de l'École, le baile vellave, meste Boudon Las-Hermes, nous régale aujourd'hui d'un recueil de poésies épiques, les Gloires oubliées. Il est si limpide qu'il nous semble éclos sur les rives de Vaucluse »).
Comme indiqué dans la citation, il est baile (secrétaire) de son escolo felibrenco velaienco.
Le rédacteur de L'Écho du Boqueteau / L'Ecò dóu Bousquetoun
Soldat pendant la guerre de 1914-1918, Albert Boudon-Lashermes fonda en janvier 1915 L'Escolo dóu Boumbardamen qui faisait paraître un journal L'Écho du Boqueteau / L'Ecò dóu Bousquetoun, publié en français et en langue d'oc, d'abord bilingue puis en deux éditions distinctes. Pour pouvoir s'abonner, il fallait être en première ligne ou alors blessé. Le 21 juin 1916, la version en provençal porte aussi le titre de Journalet Di Felibre dòu Front et devient, sous la plume de l'éditorialiste du moment, « nostre journalet prouvençau ».
L'organisateur de la fête de la Sainte-Estelle en 1936
Du 11 au 14 juillet 1936, Albert Boudon-Lashermes organisa, à Saint-Julien-Chapteuil la fête félibréenne de la Sainte-Estelle, mêlée de néodruidisme : « Messe avec sermon en langue vellave, banquet, danses, montée au château de Chapteuil en costume médiéval à la rencontre des druides se succèdent ». Ces festivités furent boudées par les historiens locaux.
Le directeur de la revue Terroirs
De 1937 à 1939, Albert-Boudon Lashermes fut le directeur d'une revue appelée Terroirs. Organe régionaliste des provinces françaises.
Avec la publication de ses livres Le Vieux Puy. Les origines de la cité d'Anis (1923) et Histoire du Velay. Le Velay gallo-grec (1958), Albert Boudon-Lashermes lança et popularisa le terme de « chibotte » pour désigner les cabanes en pierre sèche de la région du Puy, dites jusque là tsabones en français local, c'est-à-dire « cabanes ». Cette opération de substitution fut le corollaire d'un processus de mythification des cabanes locales, promues au rang de cabanes « ligures » par ce savant.