Albert Besnard, né le 2 juin 1849 à Paris (Seine) et mort le 4 décembre 1934 dans la même commune, est un peintre et graveur français.
Paul Albert Besnard est le fils de Louis Adolphe Ferdinand Besnard, peintre d'histoire élève d'Ingres, et de Marie Louise Pauline Vaillant, miniaturiste réputée, élève de Lizinska de Mirbel.
Albert Besnard étudie auprès de Jean-François Brémond et est admis le 20 mars 1866 à l'École des beaux-arts de Paris, dans les ateliers d'Alexandre Cabanel et de Sébastien Cornu. Il est un proche du peintre Lazar Meyer.
Lors de la Guerre de 1870, il vient se réfugier près d'Étretat
où il installe son atelier à l'Hôtel de la Belle Ernestine à Saint-Jouin-Bruneval, tenue par Ernestine Aubourg (1841-1918) dont il a un fils Louis Besnard en 1873.
En 1874, il remporte le grand prix de Rome avec sa composition La Mort de Timophane, tyran de Corinthe. Il rencontre Franz Liszt au cours de son séjour romain à la villa Médicis et son condisciple, le compositeur André Wormser, dont il fait le portrait en 1877.
Il prolonge son séjour et épouse, en 1879, Charlotte Dubray, fille du sculpteur Vital-Dubray et elle-même sculptrice, avec laquelle il s'installe trois ans en Angleterre, entre 1881 et 1884, où il expose à la Royal Academy de Londres.
Le couple Besnard découvre le village de Talloires en 1886 lors d'un séjour dans le Grésivaudan. Albert Besnard raconte dans ses souvenirs : "Nous accourûmes à Annecy, tentés par la beauté d'un lac dont on nous avait dit merveille. Nous fîmes le tour du lac, et lorsque le bateau s'arrêta au ponton de Talloires, sans hésiter, à la seule inspection des rives, notre choix fut fait". Il fait édifier l'année suivante une villa sur les rives du lac, pour y passer une partie de l'année, loin des mondanités parisiennes.
Albert Besnard expose à la Biennale de Venise de 1909.
En 1910, il part avec sa femme, Charlotte Gabrielle Dubray, et deux de ses fils pour un voyage de neuf mois aux Indes (Ceylan, Inde du Sud, Pondichéry, Rajasthan, Bombay) dont il reviendra avec de nombreux croquis, esquisses et projets, et qu'il narre dans son ouvrage L'Homme en rose.
Il meurt le 4 décembre 1934 au soir en son domicile 17 rue Guillaume Tell à Paris 17e, d'une longue maladie, veuf, mais entouré de sa famille et de ses amis. Il est inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse (division 9), après des obsèques nationales à l'église Saint-Ferdinand-des-Ternes à Paris, puis dans la cour Napoléon du palais du Louvre.
Au Salon de 1886, son portrait de Madame Roger Jourdain annonce les caractéristiques de son art, influencé par l'impressionnisme tempéré par une technique proche de celle d'un Carolus-Duran. En 1887, il présente Femme devant un feu de cheminée dont la version au pastel éblouira le jeune Pierre Louÿs.
Il exécute certains de ses portraits au pastel, comme Liseuse et Le Silence conservés au musée des Beaux-Arts de Reims. D'une facture sobre, ces portraits témoignent de l'influence des artistes du XVIIIe siècle sur Albert Besnard, tels que Rosalba Carriera et Jean-Siméon Chardin. De plus, Besnard s'attache à mettre en valeur la psychologie de ses modèles.
Parmi ses nombreux portraits, on peut citer ceux de sa femme, de ses enfants (Une famille, 1890, Paris, musée d'Orsay), de la princesse Mathilde, de la comédienne Réjane, de Madame Georges Duruy, de Madame Henry Lerolle, d'Ernest Cognacq, de Marie-Louise Jaÿ, de Gabriele D'Annunzio, du cardinal Mercier, de Jean-Louis Vaudoyer, de Boni de Castellane, de Denys Cochin ou de Frantz Jourdain qui sera son premier biographe.
Besnard contribue à la décoration de plusieurs monuments parisiens : le plafond du salon des Sciences de l’hôtel de ville de Paris, le vestibule de l'école de pharmacie de Paris, l’amphithéâtre de chimie de la Sorbonne, le plafond de la Comédie-Française (avec la collaboration de René Demeurisse), la coupole du Petit Palais, la salle des mariages de la mairie du 1er arrondissement chapelle de l'hôpital Cazin-Perrochaud à Berck. Il participe également à la décoration de demeures privées à Paris, comme l'hôtel Rouché, rue de Prony, aux côtés de Maurice Denis et George Desvallières.
Il réalise aussi des décors à l'étranger : en 1908, il peint Union de l'Autriche-Hongrie et de la France à l'ambassade de France à Vienne (Autriche), et en 1914, La Paix par l'arbitrage pour la salle de Justice du Palais de la Paix à La Haye.
Son œuvre gravé compte plus de deux cents eaux-fortes dont certaines, sous forme de séries, sont restées célèbres : La Femme, Elle, L'Affaire Clemenceau, L’Île Heureuse, Les Petites Voluptés, etc.
Deux catalogues en ont été faits de son vivant, l'un par son ami André-Charles Coppier, le second par Louis Godefroy (chez Loÿs Delteil).