Ce Jour-là

Alan Stivell

Musicien et chanteur breton

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Alan Stivell, né Alain Cochevelou le 6 janvier 1944 à Riom (Puy-de-Dôme), est un auteur-compositeur-interprète et musicien français d'origine bretonne.

Multi-instrumentiste, il joue principalement de la harpe celtique, mais aussi du piano, du synthétiseur, de la flûte irlandaise, de la bombarde, de la cornemuse écossaise et des percussions. Il est également chanteur et auteur (en plusieurs langues).

Il milite pour la reconnaissance de la langue et de la culture bretonne.

À partir des années 1950, Alan Stivell participe à la renaissance de la harpe celtique de Bretagne[réf. souhaitée] grâce au travail de son père Georges Cochevelou de fabrication de l'instrument. À partir de 1966, Alan Stivell est le premier chanteur breton professionnel chantant principalement en langue bretonne (brezhoneg). Héritier du premier renouveau musical breton (qui avait vu la création des bagadoù), inspiré par le rock et le folk-song anglo-saxons, il contribue aux mouvements folk et folk rock français et celtique des années 1960 et 1970.

Alan Stivell révolutionne la musique bretonne en y incorporant principalement des influences gaéliques et anglo-saxonnes, mais aussi celle de la musique classique d'hier et aujourd'hui et celle des autres continents. Il y apporte aussi les innovations techniques de la fin du XXe siècle. À l'époque, d'autres interprètes bretons s'expriment déjà, mais à l'exception de Glenmor, ils n'entrent pas dans le professionnalisme et leur modernisme ne s’aventure pas au-delà de la guitare classique (à une exception près[réf. nécessaire]). Il est le premier à vraiment électrifier la musique celtique. À la fois sur les plans technologiques, musicaux et formels, il montre un certain éclectisme : en plus des genres déjà cités, il ajoute à la musique bretonne des touches électro (dès 1979) ou hip-hop (en 1993) et il s'ouvre à la culture japonaise en interprétant (en 2015) des haïkus du XVIIe au XIXe siècle. Il imagine, dessine et fait réaliser ses propres projets de harpes celtiques électroacoustiques et électriques.

Il popularise la Bretagne et sa musique, par son travail artistique et ses tournées internationales, par la communication mais aussi par l'effet boule de neige suscité par ses émules. À l'origine du sursaut que connaissent la langue bretonne et la fierté du peuple breton, il aura ouvert la voie à divers artistes.

Son œuvre musicale est liée à un combat pour la reconnaissance des cultures bretonne et celtique. Il ne le conçoit pas sans la transmission, au-delà des frontières, de messages empreints d'humanisme et de fraternité. Cet esprit d'ouverture se traduit dès ses débuts par des métissages culturels et des fusions musicales, ce qui en fait l'un des précurseurs de la world music qu'il définit déjà clairement sur son premier album Reflets paru en 1970. C’est à la fois la quête d'une « musique globale » dans l'espace et le temps et l'affirmation d'un panceltisme en même temps qu’une vision égalitariste de la personne humaine (Human~Kelt).

De son vrai nom Alan Cochevelou, Alan Stivell naît le 6 janvier 1944 à Riom.

La famille de son père, — Georges Cochevelou — est originaire de Gourin et Pontivy dans le Morbihan en Bretagne, sa mère Fanny-Julienne Dobroushkess est d'origine ashkénaze (française et lituanienne) .

Alan Stivell est le benjamin de deux frères nés à Paris (1935) et Épinal (1940). Avant ses deux ans, la famille revient à Paris. Il passe sa jeunesse à Belleville, puis à Vincennes, à l’exception de toutes ses vacances en Bretagne non loin de ses cousins. Il déménage enfin en Bretagne, d’abord à Langonnet, dans le pays d’origine paternelle.

Enfant, le futurisme le passionne, à travers la science-fiction, les avancées techniques et scientifiques. Il privilégie les bandes dessinées d'anticipation. Sa découverte du monde celtique quand il a 9 ans l’amène, dès les grandes classes primaires, puis le lycée, à affirmer son identité et sa passion pour tous les aspects de la culture celtique, y compris revendicatifs. Un sentiment de solitude et d’injustice, une timidité, mais aussi une hargne de faire vivre ses idées en découlent. Il est élève au lycée Voltaire (Paris), étudiant en licence d'anglais à la faculté des lettres de Censier (Paris-III), en linguistique à la Sorbonne et à l'université de Rennes où il passe un certificat de celtique. Il étudie à l'École pratique des hautes études la littérature médiévale galloise et gaélique, avec Léon Fleuriot.

Les Cochevelou et la renaissance de la harpe celtique

Son père a vécu une vingtaine d'années en Pays vannetais, passe par le petit séminaire de Sainte-Anne-d'Auray, puis quitte la Bretagne pour la guerre 14-18. Il reste militaire un moment, travaillant ensuite dans une banque et un laboratoire pharmaceutique à Paris. Il rencontre Fanny Julienne Dobroushkess, la mère d'Alan, de père russe et de mère française (28 mars 1903, Paris - 26 septembre 2005, Limeil-Brévannes). En 1944, Georges Cochevelou retourne à Paris où il travaille au ministère des Finances.

Georges Cochevelou est aussi artiste : il se passionne pour la peinture, l'ébénisterie et la musique. Très éclectique, il est également inventeur (notamment un appareil de mesure optique). Les liens qu’il a toujours gardés avec le milieu culturel breton, notamment druidique, l’amènent à l’idée de reconstruire l'ancienne harpe celtique. En effet, la déclinaison celtique de la harpe était (à partir des VIIIe – IXe siècles) un des aspects de la culture commune des pays celtes que ni la mer, ni les divers pouvoirs et territoires princiers ne purent vraiment diviser avant le XIIIe siècle. À ce moment, l’aristocratie bretonne commença progressivement à perdre ses caractères propres, et donc même chose pour la harpe, comme pour toute la culture des classes dirigeantes. Le romantisme fit de la harpe bretonne, harpe d’Arvor (autrement dit harpe celtique) un symbole mythique et mystique, qui perdura jusqu'après la guerre 14-18.

Dès la fin des années 1930 et dans les années 1940, Georges Cochevelou projette cette reconstruction. Peu après son retour à Paris, il rassemble divers documents. Il ne prend modèle sur aucune harpe, mais se sert de ces documents pour concevoir un prototype original et personnel. Du printemps 1952 au printemps 1953, tous les soirs et tous les week-ends pendant un an, Alan assiste, fasciné, à l’avancée des travaux. Alan Stivell déclare plus tard à propos de ce qu’il appellera plus tard la « Telenn Gentañ » (la « première harpe » en breton) : « C'était d'emblée un Stradivarius ». La musique berce l'enfance d'Alan Stivell.

Formation musicale et culturelle

L'univers celtique de la harpe

À l'âge de 5 ans, Alan commence l’apprentissage du piano, dont jouait sa mère. C'est le prototype de harpe celtique créé par son père, au départ destiné à sa mère Fanny, qui l’incite à prendre des cours ; il bénéficie de l’enseignement de la célèbre concertiste Denise Mégevand (1917-2004). Les œuvres classiques, notamment des sonates de F.J. Naderman et, surtout, les arrangements de thèmes traditionnels celtiques, écrits par son professeur ou son père, montrent très vite le don évident de ce jeune enfant. Il va aussi, tout de suite, montrer une passion immodérée pour la Bretagne et tous les pays celtes. Il est le premier, depuis quatre siècles environ, à faire résonner la harpe bretonne, telenn en breton. Il joue notamment des cantiques bretons comme Lavaromp ar chapeled, Ar baradoz ou Pe trouz zo 'ar an douar, des thèmes profanes (Gwerzioù et sonioù), en particulier du Barzaz Breiz, aussi des thèmes s'inscrivant dans la mouvance romantique irlandaise (comme ceux du répertoire de Mary O'Hara), comme d'Écosse et du Pays de Galles (notamment ceux qui avaient été adaptés en breton).

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