Ce Jour-là

Alan Moore

Scénariste de bandes dessinées britannique

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Alan Moore [ˈælən mʊə(ɹ)], né le 18 novembre 1953 à Northampton, est un scénariste de bande dessinée et écrivain britannique dont les œuvres les plus connues sont les comics Watchmen, V pour Vendetta et From Hell.

Moore commence sa carrière au Royaume-Uni avant de travailler pour des éditeurs américains. Célèbre pour avoir rendu, dans les années 1980, les comics plus mûrs et plus littéraires, il a également beaucoup apporté à la forme du médium par des effets de mise en page inédits jusqu'alors. Ses influences, très diverses, comptent des auteurs comme William S. Burroughs, Thomas Pynchon, Robert Mayer et Iain Sinclair, des écrivains de science-fiction comme Michael Moorcock et d'horreur comme H.P. Lovecraft, Clive Barker, des cinéastes comme Nicolas Roeg. En bande dessinée, l'influence de Bryan Talbot, précurseur de la bande dessinée « adulte » avec The Adventures of Luther Arkwright (en), a été déterminante.

Alan Moore a reçu neuf fois le prix du meilleur scénariste aux prix Eisner depuis 1988, trois fois un prix Jack-Kirby, et sept fois un prix Harvey bien qu'il avoue dans sa biographie Incantations ne pas forcément en tirer un quelconque intérêt. Cette liste de récompenses fait probablement de lui le scénariste le plus primé dans le domaine du comic.

Végétarien et connu pour ses opinions anarchistes, il se présente par ailleurs comme un « magicien » et un adorateur de Glycon, une divinité-serpent romaine.

Alan Moore nait le 18 novembre 1953 à l'hôpital Saint-Edmond de Northampton. Ses parents, Ernest Moore et Sylvia Doreen, se sont mariés l'année précédente. Ils sont originaires d'un milieu modeste : lui travaille d'abord à la brasserie locale, puis creuse des tranchées pour le réseau électrique et elle occupe, une fois ses enfants assez grands, un poste dans une imprimerie de la ville.

Alan Moore grandit dans les Boroughs, le quartier historique de Northampton et l'un des plus défavorisés d'Angleterre. Il vit avec ses parents, son frère Mike (de deux ans son cadet) et sa grand-mère maternelle, Clara Mallard, dans une maison de St. Andrew's Road, louée à la municipalité. Cette demeure, de style victorien, est en mauvais état et offre peu de commodités : il n'y a pas de salle de bains, les toilettes sont situées à l'extérieur et ne possèdent pas de chasse d'eau.

Dans un quartier où une grande partie de la population est analphabète, Ernest et Sylvia Moore souhaitent offrir à leurs deux enfants la meilleure éducation possible. C'est donc encouragé par ses parents qu'Alan développe très tôt un fort attrait pour la lecture. En effet, dès l'âge de cinq ans, il s'inscrit à la bibliothèque et commence à lire tout ce qui lui tombe dans les mains selon un rythme effréné d'environ deux à trois livres tous les deux jours. Il découvre alors des styles très divers et s'intéresse plus particulièrement à la fantasy, aux contes de fées, à la geste arthurienne, etc..

Comme beaucoup d'enfants anglais de son époque, Alan Moore lit les comics publiés par l'éditeur écossais D. C. Thomson tels que The Beano, The Beezer (en) ou The Dandy (en). Ces comics, qui mettent souvent en scène des enfants de la classe ouvrière auxquels Moore peut s'identifier, sont plutôt basiques et banals.

À l'âge de six ans, le jeune Moore découvre, sur l'étal d'un marché de Northampton, les comics de super-héros américains. C'est pour lui une vraie révélation. En effet, ils attirent immédiatement l'œil du jeune garçon car, contrairement aux comics anglais, ils sont entièrement en couleurs et ils mettent en scène des personnages fascinants : Flash, Superman, Les Quatre Fantastiques, etc.. Moore devient un véritable fan des comics américains (notamment ceux de Marvel et plus particulièrement ceux écrits par Jack Kirby) et il en achète chaque semaine autant qu'il peut.

La scolarité du jeune Moore se déroule d'abord à l'école primaire de Spring Lane, située à quelques minutes du domicile familial. Elle se passe sans heurt : le jeune garçon obtient de très bonnes notes et se hisse en tête de classe les deux ou trois dernières années. Dans la continuité de ces résultats, il obtient logiquement le 11+ (examen de passage du primaire au secondaire) qui lui donne le droit de s'inscrire à la grammar school de Northampton.

Mais Alan Moore déclare à propos de l'école primaire : « j'étais persuadé d'être un génie. Je ne me rendais pas compte qu'en fait, j'étais juste le plus malin d'une bande de simplets ». En effet, l'arrivée au collège est difficile : outre des règles très strictes et le port obligatoire de l'uniforme, il s'avère que la quasi-totalité des élèves est issue de la classe moyenne et bénéficie d'une meilleure éducation du fait de son passage par des classes préparatoires. Le jeune garçon se retrouve alors isolé, et ce, pour deux raisons : son appartenance à la classe ouvrière (il prend conscience de l'existence d'une hiérarchie sociale, dans laquelle il se situe tout en bas) et son classement parmi les derniers de la classe (de premier à l'école primaire, il passe dix-neuvième, puis vingt-septième).

Dégoûté par ce nouvel environnement (il compare la grammar school aux Jeunesses hitlériennes) et par son classement parmi les plus mauvais élèves, persuadé qu'il n'y obtiendra aucun succès, Moore décide de tourner définitivement le dos à l'univers scolaire.

À l'adolescence, Moore se laisse pousser les cheveux ; il commence à sortir le soir, à aller à des fêtes. Il se met à fumer du cannabis, puis découvre le LSD lors d'un concert de Canned Heat à Hyde Park. Cette découverte le marque durablement : « elle m'a permis de comprendre que la réalité n'était pas quelque chose de définitif. Que la réalité qui faisait notre quotidien était une réalité tout à fait valable, mais qu'il y en avait d'autres qui ne l'étaient pas moins ».

En septembre 1971, Alan Moore est surpris en plein trafic de LSD. Le directeur du lycée l'exclut immédiatement et écrit à tous ses confrères de lycées, d'universités et d'autres écoles pour leur conseiller de ne pas accepter l'adolescent dans leurs établissements. Définitivement exclu du système éducatif, Moore doit chercher du travail. Tâche qui s'avère compliquée puisqu'il a besoin, pour postuler à un poste, des références de la dernière école fréquentée.

Alan Moore commence à dessiner et à réaliser ses propres bandes dessinées, Omega Comics, dès la fin du primaire. Il s'agit à cette époque de dessins esquissés sur des blocs-notes avec des stylos à bille de couleur.

Plus tard, il fournit quelques illustrations pour le fanzine d'horreur de David Sutton, Shadow. En septembre 1970, Derek Stokes, propriétaire d'une librairie consacrée à la BD et à la science-fiction, utilise un dessin de Moore pour une publicité dans le magazine Cyclops. Enfin, il contribue à Weird Window, l'anthologie amateur de Sutton : critique de livre, illustrations et une nouvelle intitulée L'hypothèse du lézard en mars 1971.

À l'âge de 16 ans, il fonde le magazine Embryo avec des filles d'une école religieuse de Northampton et certains élèves de la grammar school. Cinq ou six numéros, principalement dédiés à la poésie, voient le jour.

Le Laboratoire d'Arts de Northampton, une communauté artistique locale appartenant au mouvement Arts Lab, met en place des espaces partagés et des ateliers pour les artistes. Après avoir assisté à l'un de ces ateliers, Moore et ses collaborateurs décident de fusionner Embryo avec le Laboratoire d'Arts.

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