Alan García Pérez, né le 23 mai 1949 à Lima et mort le 17 avril 2019 dans la même ville, est un homme d'État péruvien.
Figure de l’Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA), il est président de la république du Pérou de 1985 à 1990, puis à nouveau de 2006 à 2011. Il se représente sans succès au scrutin présidentiel de 2016.
Soupçonné de corruption dans le cadre du scandale Odebrecht, il se suicide d'une balle dans la tête juste avant son arrestation le 17 avril 2019.
Alan Gabriel García Perez est issu d’une famille de la classe moyenne, étroitement liée à l’Alliance populaire révolutionnaire américaine (APRA), fondée par Víctor Raúl Haya de la Torre. Son père, Carlos García Ronceros, est secrétaire de l’organisation du parti pendant le gouvernement du général Manuel A. Odría, qui fait interdire l'APRA en 1948. Il est emprisonné et ne connaîtra son fils que cinq ans plus tard.
Encore collégien, Alan García entre aux Jeunesses apristes et reçoit son livret de militant à l’âge de 17 ans. Il fait ses études secondaires au Colegio Nacional José María Eguren du district de Barranco.
Il poursuit ses études supérieures à l'université pontificale catholique du Pérou puis obtient une licence en droit de l'université nationale principale de San Marcos en 1971. Pour compléter sa formation, il part pour l’Europe, assistant aux cours de l’Institut des hautes études de l'Amérique latine (IHEAL) et de l’université Complutense à Madrid. En 1973, il s’inscrit à l'université Panthéon-Sorbonne, où il obtient une licence de sociologie.
En 1978, après plusieurs années passées à Paris, Alan García revient au Pérou à la demande du fondateur de l'Alliance populaire révolutionnaire américaine, Víctor Raúl Haya de la Torre, lorsque le gouvernement Bermúdez crée les conditions de la restauration d’un gouvernement civil et permet la réorganisation des autres partis politiques.
Les élections générales de 1980 voient la victoire de Fernando Belaúnde Terry. L'Alliance populaire révolutionnaire américaine est deuxième mais ne participe pas au gouvernement.
Alan Garcia est candidat pour l'Alliance populaire révolutionnaire américaine aux élections générales de 1985. Il est élu président le 14 avril, avec 45 % des voix. Selon la Constitution, il faut 50 % des suffrages exprimés pour l’emporter au premier tour ; mais le candidat arrivé deuxième, Alfonso Barrantes Lingán, renonce à participer au second tour, et García est déclaré vainqueur le 1er juin.
1985-1990 : première présidence
Alan García entre en fonction le 28 juillet 1985, soutenu par un électorat qu’il a séduit par sa jeunesse, ses talents d’orateur et son radicalisme. À l'âge de 36 ans, il devient le premier président apriste 60 ans après la fondation de son parti.
La gestion d’Alan García est controversée. Dans les premières années, son gouvernement fait montre d’une vitalité et d’une autorité inconnues jusqu’alors dans le pays. Mais ses résultats, principalement en économie, sont sévèrement critiqués. La crise économique de l'époque est considérée par une grande partie de la population comme la plus grave que le pays ait jamais connue.
La politique économique de García comprend un contrôle drastique du taux de change associé à une surémission de monnaie. Le sol, monnaie péruvienne, est dévalué et remplacé par l'inti à la mi-1985 à raison d’un inti pour 1000 soles. Le gouvernement péruvien rejette les préconisations du Fonds monétaire international (FMI) et limite le remboursement de la dette extérieure à 10 % des revenus d’exportations du pays. Cette décision en retarde le remboursement et vaut au Pérou d’être déclaré « inéligible » par le FMI en août 1986. La hausse des bas salaires, la baisse du taux d’inflation et la forte croissance de l’économie emportent dans un premier temps l’adhésion de la population et l'APRA gagne haut la main les élections municipales en novembre.
Mais à partir de 1987, les déconvenues s’accumulent avec l’épuisement des ressources de l'État. En juillet, le gouvernement annonce la nationalisation des secteurs de la banque et de l’assurance afin de garder sous contrôle l’inflation, mais ce projet s’enlise à la suite de la saisine des tribunaux par les actionnaires dépossédés. Le Pérou connaît une hyperinflation : 120 % en 1987, 1 722 % en 1988, 2 776 % en 1989, 7 649 % en 1990. Entre juillet 1985 et juillet 1990, l’inflation cumulée atteint 2 200 200 % et les réserves sont négatives de 900 millions de dollars à la fin du mandat de Garcia. Le pays entre en récession en 1988, malgré les tentatives de stabilisation.
Selon des études de l’INEI et du PNUD, 41,6 % des Péruviens étaient pauvres au début du mandat de Garcia. Ce pourcentage passe à 55 % en 1991.
L'autre problème qui déstabilise le gouvernement de García est l'activité terroriste qui a commencé sous le gouvernement précédent de Fernando Belaúnde Terry mais qui connaît son paroxysme de violence en 1986-1988, nourrie par les tensions sociales engendrées par les difficultés économiques.
Le Sentier lumineux, un mouvement violent d’inspiration maoïste, commence par attaquer des villages de montagne puis les grandes villes, notamment des usines électriques, provoquant de nombreuses coupures d'électricité à Lima, qui jusque-là ne voyait qu'un conflit confiné aux Andes.
Le gouvernement García cherche sans succès une solution militaire au terrorisme, avec comme corollaire des violations des droits de l'homme, à l'image du massacre d'Accomarca, en août 1985, où 47 paysans sont assassinés par l’armée péruvienne, ou encore le massacre de Cayara de mai 1988, dans lequel une trentaine de personnes sont tuées et des dizaines d’autres disparaissent.