Alain Roux (nom chinois : 鲁林/魯林 i.e. Lǔ Lín), né le 11 juin 1935 à Nice et mort le 26 juin 2026 à Paris, est un historien français, sinologue, professeur des universités émérite à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).
Ses sujets d'études concernent la Chine et en particulier les ouvriers chinois au XXe siècle, les élites politiques chinoises dans la Chine républicaine.
Le père d'Alain Roux était directeur d'école à Villefranche-sur-Mer. Ses parents sont proches du Parti communiste français. Alain Roux fait sa scolarité au lycée Masséna de Nice. Il rate deux fois le concours d'entrée à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, avant de devenir étudiant en histoire à la Sorbonne.
Alain Roux adhère au Parti communiste français en 1955, devient membre de l'Union des étudiants communistes en 1956 et entre au comité de rédaction de la revue Clarté. Il entre dans le comité de rédaction de la revue La Nouvelle Critique en 1959.
Il se marie en 1957 avec Simone Fraysse, alors étudiante. Il enseigne dans divers lycées à Douai, Montgeron et Paris. Il est membre du Syndicat national des enseignements de second degré (SNES).
Alain Roux commence à suivre l’enseignement du sinologue Jean Chesneaux à l'École pratique des hautes études en 1964. Il part en Chine grâce à une bourse, mais le déclenchement de la Révolution culturelle interrompt son séjour. En 1969 il devient assistant au département de chinois au centre universitaire expérimental de Vincennes.
Alain Roux a exercé diverses responsabilités au sein du Syndicat national de l'enseignement supérieur, jusqu'à en être secrétaire général national de 1975 à 1977. Au sein du PCF, il était partisan de l'eurocommunisme, du Programme commun de gouvernement et a soutenu l'intervention soviétique en Afghanistan. Il s'oppose à l'invitation faite au parti communiste chinois pour le congrès national du PCF après la répression des manifestations de la place Tian'anmen en 1989.
Il soutient sa thèse, Ouvriers et ouvrières de Shanghai, 1947-1949, en 1991 à l'Université de Paris I. Il devient professeur à l’Université de Paris VIII puis, en 1997, à l’Institut national des langues et civilisations orientales.
Alain Roux a obtenu l'agrégation d’histoire en 1960, il est professeur émérite depuis 2002.
Ses recherches ont porté sur le mouvement ouvrier chinois à Shanghai avant l'arrivée du Parti communiste au pouvoir en 1949, sur la société shanghaienne à l’époque du Guomindang et sur l'intellectuel Qu Qiubai.
Concernant l'ouvrage Le Singe et le Tigre : Mao, un destin chinois paru en 2009, le sinologue Lucien Bianco indique que cette monumentale biographie de Mao Zedong « n’est pas seulement très détaillée, elle est fiable, généralement exacte et toujours impartiale ».
L'historien Xavier Paulès considère que l'évocation par Alain Roux des destins de Mao Zedong et de Jiang Jieshi les place au centre des évolutions politiques chinoises.
Gilbert Padoul note que l'ouvrage Le Casse-tête chinois. Trente ans de Chine socialiste vus par un communiste français est écrit par un humaniste qui souhaite réconcilier son parti avec l'opinion.
La Révolution culturelle en Chine, Paris, Presses universitaires de France, « Que sais-je ? » 1976.
Le Casse-tête chinois. Trente ans de Chine socialiste vus par un communiste français, Éditions sociales, 1980 (ISBN 978-220-905365-0)
La Chine populaire, t. 1, Les fondations du socialisme chinois 1949-1966, t. 2, Du chaos à la voie chinoise vers le socialisme (1966-1984), Paris, Éditions sociales, 1984.
La Chine au XXe siècle, 1988, 4e éd., revue et complétée, Armand Colin, 2005. 248 p (ISBN 978-2-200-26579-3).
Le Shanghaï ouvrier des années trente : coolies, gangsters et syndicalistes, Paris, L’Harmattan, 1993.