Alain Robbe-Grillet, né le 18 août 1922 à Saint-Pierre-Quilbignon (Finistère) et mort le 18 février 2008 à Caen (Calvados), est un romancier et cinéaste français. Considéré, avec Nathalie Sarraute, comme le chef de file du nouveau roman, il a été élu à l'Académie française le 25 mars 2004, sans y être reçu.
Fils d'ingénieur, Alain Paul Robbe-Grillet suit ses études à Paris au lycée Buffon, puis au lycée Saint-Louis. Il entre à l'Institut national agronomique à Paris. Il est envoyé au STO à Nuremberg. Une année après son retour en 1945, il obtient son diplôme d'ingénieur agronome.
Il est ensuite chargé de mission à l'Institut national de la statistique à Paris, puis, ingénieur, à partir de 1949, à l'Institut des fruits et agrumes coloniaux, au Maroc, en Guinée française, à la Martinique et à la Guadeloupe (1949-51).
Il se consacre ensuite à la littérature. Son premier roman, Les Gommes, parait en 1953 aux Éditions de Minuit. Roland Barthes lui consacre un article élogieux dans Critique. Se liant d'amitié avec Jérôme Lindon, directeur des éditions de Minuit, il en devient conseiller littéraire de 1955 à 1985. Les commentateurs considèrent parfois Les Gommes comme le premier « nouveau roman », alors que l'expression apparaît quelques années plus tard sous la plume d'Emile Henriot. En 1963, paraît Pour un Nouveau Roman, recueil d'articles de Robbe-Grillet publiés notamment dans L'Express. Il se fait ainsi le théoricien de ce mouvement littéraire malgré sa résistance explicite à une telle dénomination. La première phrase de Pour un Nouveau Roman est : « Je ne suis pas un théoricien du roman ». Il est souvent qualifié de « pape du nouveau roman ».
Peu à peu, ses romans se tournent vers l'érotisme et vers l'« autobiographie fantasmatique », romans qui sont parfois plus appréciés à l'étranger, notamment aux États-Unis par les universitaires, qu'en France. Il participe néanmois au Haut comité pour la défense et l’expansion de la langue française entre 1966 et 1968.
Il est l'un des signataires du Manifeste des 121 : « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie ».
Il travaille également pour le cinéma, notamment au scénario de L'Année dernière à Marienbad, réalisé par Alain Resnais en 1961. En 1966, il réalise, en coproduction franco-belge, Trans-Europ Express. Les films qu'il réalise ensuite oscillent entre érotisme et sado-masochisme. Il est connu pour être, avec sa femme Catherine Robbe-Grillet, un adepte du sado-masochisme.
De 1972 à 1997, Alain Robbe-Grillet enseigne aux États-Unis, à l'université de New York (NYU) et à l'université Washington de Saint-Louis, et dirige, de 1980 et 1988, le Centre de sociologie de la littérature à l'université libre de Bruxelles.
Élu à l'Académie française au 32e fauteuil, succédant à Maurice Rheims, le 25 mars 2004, il n'a jamais prononcé son discours de réception, refusant le port de l'habit vert et une tradition qu'il considère comme dépassée. Provoquant l'impatience des Immortels, il n'a finalement jamais siégé à l'Académie française.
Installé dans le Calvados dans un château du XVIIe siècle au Mesnil-au-Grain, à partir de 1963, il y écrit la plupart de ses livres et fait profiter son parc de sa formation d'agronome. Plus tard, il travaille avec l'Institut mémoires de l'édition contemporaine, ouvert en 2003 à Caen, où il dépose ses archives et dont il fait du directeur son légataire universel.
Alain Robbe-Grillet meurt à Caen dans la nuit du 17 au 18 février 2008 d'une crise cardiaque.
Son épouse est la romancière Catherine Robbe-Grillet, dont le nom de plume est Jeanne de Berg.
Officier de la Légion d'honneur
Officier de l'ordre national du Mérite
Officier de l'ordre des Arts et des Lettres
Un régicide (1949, publié en 1978, éditions de Minuit )
Les Gommes, éditions de Minuit (1953), prix Fénéon 1954
Le Voyeur, éditions de Minuit (1955), prix des Critiques